Le poids du Monde [Siriondil]

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Le poids du Monde [Siriondil]

Message par Kin-Fei le Ven 20 Aoû 2010 - 19:13

Une proie. Enfin.
Après tout, n'était-il pas un chasseur ? Un chasseur à l'œil vif de rapace. Cette fois il ne la manquerait pas. Sinon, il mourrait de faim.
D'abord s'approcher comme si de rien n'était. Sentir le vent. Se laisser porter jusqu'à la malheureuse victime. Ne pas lui laisser le temps de réagir. Juste la saisir au vol d'un coup de bec meurtrier et la briser. Kumo no Ame engloutit son repas d'une becquée. Il avait encore faim, mais il ne décèderait pas aujourd'hui. Le grand oiseau noir descendit en piquée vers la silhouette sautillante qui grimpait et descendait les rochers plus bas. Sa jeune amie sifflotait un air qu'elle ne lui avait jamais chanté. Il ne résista pas à la curiosité de l'entendre.

L'oiseau plana quelques secondes près de la jeune fille, toujours en mouvement, avant de se poser sur sa tête, comme il le faisait habituellement lorsqu'elle avait quelque chose d'intéressant à lui dire. Il ferma les yeux et se laissa bercé par la petite mélodie et les cahots du terrain accidenté. Même si l'humaine laissait échapper une mauvaise note par ci, une autre par là, et que son souffle haletant l'empêchait de tenir le son, il l'écoutait avec la plus grande attention.
Kumo no Ame n'aimait pas les humains. Ils lui en voulaient pour on ne sait quelle raison, ils le poursuivaient en criant, ils le chassaient à coup de pieds. Ils ne savaient pas chanter ces ballades étrangères, ils ne savaient pas ressentir le vent et comprendre quelque chose juste sur la lourdeur d'un regard. Ils étaient faibles, ignorant tout du ciel, méprisables et orgueilleux. Ils ne pensaient qu'à leurs intérêts, ne savaient pas reconnaitre en eux leurs instincts primaires et se pensaient supérieurs au reste du monde. L'oiseau détestait en fait la plupart de ces bipèdes insignifiants. M'enfin, si ce n'était que les humains... Les Nains, les Elfes, les Orcs...Ils se ressemblaient en fait plus qu'ils ne l'imaginaient eux même. Mais Kumo no Ame, lui, les avaient bien cernés tous autant qu'ils étaient et il avait compris depuis bien longtemps que très très peu d'entre eux étaient différents.
Kin-Fei en faisait partie. Mais elle était différente encore. Très différente des plus différents des bipèdes de son espèce. Elle n'était pas comme eux.
Alors il l'écoutait avec la plus grande attention.

Kin s'humecta les lèvres et reprit sa marche en chantonnant. Le poids de l'oiseau ne la dérangeait guère, mais elle avait le ventre vide, et de ce fait, avançait beaucoup plus lentement. Elle n'aimait pas cette lenteur. Il fallait que ça aille plus vite, bien plus vite. Voilà des jours et des jours qu'elle essayait de suivre ces nuées d'êtres volants qui planaient tous dans la même direction. Mais eux pouvaient voler. Pas elle. Par conséquent, elle les avait perdu de vue depuis deux jours. Et cet estomac réclamant ne l'aidait pas du tout à calmer son impatience. Et puis, cette terre toute desséchée l'agaçait. Pour une raison qui lui était obscure, il était bien plus douloureux pour elle de "sentir" le sol gémir que de supporter des gargouillis. Mais sans nourriture, pas d'énergie, et voilà notre Kin qui traîne des pieds nus sur le sol sec du territoire des Nains.
Elle s'était bien rendue compte par elle même qu'ici, elle ne croisait que des tout petits hommes barbus dans les villes. Elle se sentait grande, malgré sa propre petite taille pour une humaine. Bizarrement, depuis plusieurs heures qu'elle marchait, Kumo à son côté, elle n'avait vu aucune habitation. Pas un "Nain", ces petits êtres qui semblaient si vieux au fond de leurs yeux et qui paraissaient porter le poids des années dans leurs souvenirs.

Ils l'avaient beaucoup intriguée, mais il était temps d'aller voir ailleurs avait-elle décidé sur un coup de tête. Alors, dans l'espoir de découvrir d'autres merveilles, elle avait changé de direction. D'abord en s'éloignant des "Montagnes qui avaient mal", puis en parcourant les plaines peuplées d'animaux curieux et parfois succulents. L'oiseau noir avait lui aussi de quoi manger à foison. Et puis, elle avait remarqué en levant les yeux vers le ciel qu'une multitude de points noirs se déplaçaient à la queue leu leu. Tous volaient. Et l'intrépide petite fille s'était mise en tête de les rattraper.
Mais elle marchait si lentement ! Au début, elle avait couru, puis marché vite, mais rapidement, le paysage s'était transformé et elle ne voyait plus aucun oiseau ni être vivant. Si Kumo avait pu trouver de quoi se nourrir, s'était exceptionnel.
Et elle savait pertinemment qu'il se partagerait pas. Elle était très sensible aux lois de la nature et suivait elle aussi cette philosophie. Dans la situation dans laquelle elle se trouvait actuellement, elle était toute empreinte de son instinct de survie, plus que sa curiosité enfantine.

Et là, elle mourait de faim.

Haletante, Kin Fei pris appui sur un rocher creux, tombé là par je ne sais quel hasard. Kumo no Ame repartit fouiller le ciel à la recherche de subsistance.
Ses cheveux lui collaient au visage et la sueur perlait à grosse gouttes sur son menton. Ses jambes frêles tremblaient de fatigue et son corps entier frissonnait. Elle n'était pas dans son état normal.
- Mais qu'est-ce qui ne va pas avec cet endroit ?

Elle se laissa aller contre la pierre tiède, et, sentant que ses jambes ne pouvaient plus la soutenir, glissa le long de la roche jusqu'à se retrouver accroupie. Elle ferma les yeux et tenta de reprendre son souffle. Tout tanguait autour d'elle. Sans s'en rendre compte, elle plongea dans l'onirisme de son subconscient.

Quand elle reprit ses esprits, le soleil était ras et le paysage baignait dans une lumière chaude et rassurante. Si son organisme réclamait toujours son dû, la fatigue s'était envolée et avec précautions, la jeune fille se redressa. A l'instant même, Kumo no Ame revenait d'une chasse bien peu fructueuse. Il se posa sur l'épaule de Kin, inquiet de savoir si sa compagne était de nouveau elle même.
- YOOOOOSH !s'écria Kin Fei joyeusement.
Sa voix claire résonna longuement. Elle s'amusa un instant de l'écho, puis, toute énergie retrouvée, reprit sa marche.

L'oiseau écoutait, tranquillement voletant près de l'énergumène à deux pieds.
-...C'est ce qu'il disait. Bien sûr, personne ne croyait ses salades, mais j'aimais tellement l'entendre !

La boule qui s'était formée à ce moment de la discussion fondit vite et la voix de la jeune fille tressaillit à peine.
- Il racontait des milliers d'histoires quand on était tous autour du feu...Tous...Elle ajouta : Dis Kumo tu dors ?


La nuit tombait sur le monde, comme Kumo no Ame s'envola vers elle à tire d'aile. Kin le suivit des yeux sans s'arrêter. A mi voix, elle demanda:
- Dis Kumo...est-ce que tous les mondes portent l'obscurité comme celui ci ?


En effet, elle ressentait à présent un poids sur ses épaules. De l'autre côté de la pierre à runes, ce n'était pas comme ça. Du moins, elle ne s'en souvenait pas. Ici, tout était si différent...et en même temps si ressemblant...
Dans la nuit, petite étoile scintillante s'agenouilla par terre et, du bout de ses doigts, fermant les yeux, elle espéra soulager cet endroit de toute sa souffrance. Mais elle se fut brutalement rejetée. Le choc fut tel qu'elle se retrouva assise sur l'arrière. Des larmes brûlantes lui montèrent aux yeux. Elle n'en laissa s'échapper qu'une. Une seule petite perle concentrée d'un poids énorme.
Kin Fei sentait les choses.

A cet instant précis, quelque chose était différent. Quelque chose dans l'atmosphère avait changé.

(hrp : Je me trouve à la fin de ce post à la frontière Naine-Demons, à toi Siriondil)




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Re: Le poids du Monde [Siriondil]

Message par Siriondil le Mer 25 Aoû 2010 - 19:52


La nuit tombait rapidement sur la frontière du territoire des démons et du royaume des Nains. Le conseil des Omerädies c'était agité pendant plusieurs semaines, dépéchant des messagers et rapatriant tous les démons de la surface vers Zarrach. En effet, des joutes étaient organisés par le Duce, chef des humains, sur ses terres. Les Démons y étaient invités et le conseil devait être présent à une réunion spéciale qu'ils avaient nommés sommet des cinq races. Le conseil avait envoyé en éclaireur leur meilleur élément, Siriondil, le garde conseil. Il se tenait debout au sommet d'un pique rocheux, avec une concentration ultime on aurait pu deviner la frontière qui séparait les démons, des nains et celle du royaume des Humains. Il avait marché pendant des jours depuis qu'il avait quitté Zarrach avec sa liste de démons rebelles à traquer. Certains noms le hantaient et l'empêchaient de faire silence dans son esprit, ce silence qu'il chérissait tant était perturbé à jamais. Il devait tous les tuer pour enfin retrouver son calme et sa serreinité. Devant lui se dressait des montagnes, des collines, les terres des Khuzûds avaient toujours été ses préférées. Leurs montagnes ressemblaient aux remontées de magma qui s'élevaient de l'Inferës. Le vent lui cracha en pleine face alors qu'il apercevait un étrange oiseau noir dans le ciel. Sa capuche rouge fut balayée et ses cheveux d'un blanc de neige fouettèrent dans l'air. Ses yeux perçant illuminèrent le noir de la nuit, d'un blanc presque opaque, seul les touches de couleur celeste les faisaient briller. Ceux-ci étaient symbole de sa puissance et de ce qu'il était, un démon. Sa peau mat frissona sous un coup de vent et il réajusta rapidement son capuchon sur son visage avant de sonder les alentours de son aura.
En contre bas il sentait une faible puissance, sans nul doute un humain. Celui-ci faisait route vers le royaume des humains et au vu de son hallure cela devait faire plusieurs jours qu'il marchait. Un sourire froid se dessina sur les lèvres du garde conseil et ses longs doigts vinrent caresser le manche de ses épées courte comme pour satisfaire d'une pulsion insatisfaite. Il claqua des doigts et la longue cape rouge dans laquelle il s'enveloppait disparu et laissa place à un grand aigle aux plumes rougeoyante. Siriondil, le démon métamorphe faisait route vers les joutes mais avant d'y arriver il allait s'amuser un petit peu...


*
**

Une jeune fille aux cheveux ébouriffés s'élançait à vive allure à proximité de du territoire des démons ses yeux noisettes semblaient attirés par la noirceur des terres qui lui faisait face. Elle quittait un territoire lumineux, dont les valeurs étaient l'honneur, la beauté et la gloire pour trouver un paysage de tenebres ou tout inspire peur, horreur et malheur. Les terres maudites de Zarrach. Elle ne les connaissaient pas, simplement de réputation et à la simple vue de cette tour gigantesque qui perçait les nuages noir à l'horizon elle ne voulait pas les connaître. Au dessus d'elle Kumo No Ame cria, un cri perçant, d'alerte, de peur... Quelque chose approchait...
Elle leva les yeux vers le ciel éclairé par l'éclat de la lune et aperçu un rapace d'une taille incroyable, il ne devait pas en exister d'aussi gros ce dit-elle. Ses serres étaient puissante, aiguisées et ne devaient laisser aucune chance à ses proies tandis que son regard blanc opaque avait tout de surnaturelle. L'animal était effrayant et pour la première fois elle se mit à courir aussi vite qu'elle put pour échapper au prédateur menaçant. La peur lui serrait les entrailles et elle s'abandonna à la panique, elle s'élança sans se retourner mais le rapace la prenait déjà en chasse alors que Kumo No Ame avait déjà disparu...


*
**

Siriondil suivit la petite créature avec une haisance remarquable, inhumaine, il fallait dire qu'il n'avait rien d'un humain sous cette apparence. Et voir la fillette s'enfuir devant ses serres le faisait jouir de plaisir. Ses ailes battaient l'air sans faire le moindre bruit. Le silence sifflait à ses oreilles dans une douce mélodie comme si le temps lui même s'était arrêté, il plongea. De toute sa vitesse, de toute son envergure il tomba dans un nuage de fumée rouge juste devant la jeune fille. Son but était de l'effrayer, de s'amuser, de jouir de la terreur dans les yeux de l'humaine. Le nuage de fumée révela un énorme Houp Geampte au pelage de feu qui hurla à l'approche de la fillette. Celle-ci paralysée tomba sur les fesses...
Et un nouveau flash de fumée enveloppa le Houp Geampte pour laisser place à la figure favorite du démon, Siriondil le garde conseil.


- Qui êtes vous? Balbutia la jeune fille, emerveillée par les capacités du démon.

Siriondil attendit, la réponse ne venait pas, il savourait l'instant, se déléctant du silence avant de frapper et sa main glissa vers ses épées courtes. Le regard de la jeune fille se posa sur le visage mat de Siriondil et se plongea dans ses yeux. Il fut comme perçé à jour, analysé par cette frêle jeune fille et lorsque sa lame sortit sans un bruit de son fourreau il ne put l'abattre sur elle. C'était la première fois qu'il ne parvenait pas à hotter une vie, c'était une enfant certes mais depuis quand cela lui posait il des problèmes? Il avait tué des enfants, des femmes, des vieillards sans jamais arrêté sa main et là il n'y arrivait pas. Quelque chose en lui lui interdisait de la tuer, en réalité il semblait intriguée par la jeune fille comme si elle ne venait pas de cette terre qu'il haïssait tant. Il rengaina son épée sans un bruit et lui tendit la main pour l'aider à se relever.


- Je m'appele Siriondil. Tu ne devrais pas rester ici petite!

- Pourquoi? l'interrompit la petite humaine dans un sourire innocent.

- On ne sait jamais sur qui on peut tomber par ici.

- Ben vous n'avez qu'à venir avec moi comme ça je serais pas mal accompagné, dit elle sans la moindre hésitation.

- Détrompe toi jeune fille! Je ne suis pas ce que tu crois...

- Vous êtes un grand monsieur aux cheveux blancs, coupa t-elle à nouveau, vous m'avez l'air gentil.

Siriondil parut effaré par le comportement de la jeune fille, comme si elle n'avait pas remarqué qu'un instant auparavant il était prêt à lui ôter la vie. Elle le dévisagea de ses yeux noisettes et Siriondil soupira.

- Bien ou vas tu? demanda t-il

La jeune fille sauta en l'air de joie et se retint de ne pas sauter au coup du démon.


- Aux joutes de Munduce! On va s'amuser Kumo et moi, répliqua t-elle en un sourire.

- Et bien nous terminerons le chemin ensemble dans ce cas. C'est ma route.
Par contre je te préviens j'adore le...


Elle hurla à nouveau en lui sautant cette fois si au coup en criant:
- J'ai un nouvel ami!

Siriondil termina pour lui même *le silence*...
Munduce n'était plus très loin et ils devaient y arriver le plus vite possible la rumeur courrait que les joutes allaient commencer. Ils y serraient à temps.




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Re: Le poids du Monde [Siriondil]

Message par Kin-Fei le Dim 29 Aoû 2010 - 9:18

Le rapace siffla. Une tour noire et sinistre était dans sa ligne de mire. Mais plus aucun gibier. Plus aucun signe de vie. Sa compagne, plus bas, semblait se remettre difficilement de la douleur éprouvée contre la pierre tiède.
Tout à coup, en une fraction de seconde, il n’était plus le seul prédateur à parcourir les cieux. S’il avait sentit que cet animal là avait quelque chose « d’animal », Kumo no Ame n’aurait pas bronché. Mais « ça », ce n’était pas un animal. Pas un oiseau, rien de ce qui aurait pu coexister dans la nature. Alors le plus petit des deux rapaces siffla.

Kin Fei entendit le cri d’alerte. Kumo et elle étaient comme une famille, même si l’instinct de survie dictait une conduite individuelle, ni l’un ni l’autre n’aurait laissé le second dans l’ignorance d’un danger potentiel.
Et lorsqu’elle-même vit la « chose », qu’elle ne sentit pas non plus comme un animal, elle eut l’impression d’être sur son territoire. Dans le monde animal, elle connaissait les règles. Même si cette bestiole lui était inconnue ( après tout, elle ne savait rien de cet endroit ), les plus fortes probabilités étaient : soit une mère protégeant ses petits, auquel cas elle serait impitoyable envers les intrus, soit un terrain de chasse réservé dans lequel ils avaient fait intrusion, auquel cas elle et l’oiseau noir auraient de gros ennuis. La seule solution de survie à la clé : la fuite !

La jeune fille tenta d’oublier sa fatigue et se força à prendre ses jambes à son coup. Elle avait déjà eu ce genre d’expérience et son grand frère l’avait retrouvée couverte de bleus et de griffures, par terre. Depuis, elle retenait la leçon. Pas question de s’attarder près de cette chose qui lui en voulait. Elle avait peur d’avoir commis un quelconque crime animal. La preuve que le danger était réel : Kumo avait fui aussi vite que ses ailes l’avaient porté.
Tout à coup, la chose se transforma en fondant sur la fillette. Sa vitesse était inimaginable, et ce qui suivit était incroyable.

Le grand rapace, dans un nuage pourpre, était devenu un grand homme à la peau mat et aux yeux perçants. Kin, qui s’était retournée dans sa course un peu vite, s’emmêla les pieds et tomba sur son derrière, bouche bée devant ce spectacle. La chose était passée par trois apparences successives. C’était magnifique. La jeune fille était ébahie et immédiatement, elle éprouva un grand respect et une admiration non cachée, ses yeux brillaient d’une lueur de joie étincelante. Sa langue se remit en marche très vite :

- T’es qui ?

Elle avait opté pour qui plutôt que quoi, vu l’apparence dernière que gardait la chose. Pourtant, elle avait bien sentit que ce n’était pas humain. Elle attendait une réponse, les yeux figés dans les siens. Elle ne remarqua même pas le chuintement des lames meurtrières qui frottaient les fourreaux dans l’espoir de se mettre un peu de sang sur le fil. Une ambiance comme envoutante entourait les deux silhouettes. Leurs yeux clairs ne cillaient même plus tant la concentration de cette force invisible était présente.
Kin plongeait littéralement dans un univers de sensations et de puissance qui n’était pas à elle. Elle avait auparavant sentit que la chose n’était pas humaine. Mais maintenant, en s’ancrant plus profondément encore, elle percevait l’âme du démon comme elle aurait vu au travers d’une eau de source. Elle ignorait ce qu’était les démons dans ce monde ci, et n’avait pas conscience du fait que cette chose en était un. Tout ce qu’elle avait pu comprendre, c’était l’immense force magique qu’il possédait, sans toutefois se douter qu’il s’agissait de magie.
Comme elle se sentait perdre dans cet océan inconnu, elle rompit le lien. Elle ne voulait pas que l’incident de sa nouvelle perte de mémoire dans les montagnes naines se reproduise.

Juste à temps pour s’apercevoir qu’une épée s’arrêtait à quelques centimètres de sa tête. Elle retint son souffle, les yeux grands ouverts. Mais c’est une main qui se tendit vers elle, et elle s’en saisit avec l’enthousiasme qui lui était propre.

- Je m’appelle Siriondil. Tu ne devrais pas rester ici petite !
dit la chose à apparence humaine d’une voix grave et puissante.
- Pourquoi ? fusa naturellement des lèvres souriantes de Kin Fei dont le « pourquoi » était facile.
- On ne sait jamais sur qui on peut tomber par ici…
Répondit Siriondil.
- Ben on peut dire que je suis déjà tombée sur toi^^ ! rétorqua la gamine aux yeux gris. Pourquoi tu m’accompagnerais pas d’ailleurs ?
Aucune hésitation, aucune arrière pensée dans ces paroles. Honnêtement, elle n’avait plus peur du grand homme, et elle n’avait vu personne depuis des jours. Et surtout : peut-être que lui avait vu les êtres volants et il savait peut-être dans quelle direction ils allaient. Mais ce n’est pas ce qu’il répondit :
- Détrompe toi jeune fille ! je ne suis pas ce que tu crois…

- Tu es un grand monsieur aux cheveux blancs. L’interrompit-elle. Elle n’était pas stupide, naïve, mais pas stupide. Et si elle ne savait pas comment l’appeler, elle avait connaissance de son être, dans les limites de ce qu’elle avait vu. T’as l’air sympa !

Elle lui adressa un grand sourire. Il soupira.
- Bien…où vas-tu ?
Kin fut surprise qu’il ne l’envoie pas balader, mais puisque ce n’était pas le cas, elle bondit et s’écria :
- Je suis les bestioles qui volent dans la même direction !Je les ai perdu de vue mais bon…Je suis sûre que ça peut être amusant !


Siriondil en déduit qu’elle se rendait aux joutes de Munduce. Une file de voyageurs sur leurs transports se rendant dans la même direction ? Aucun doute. Il annonça à la jeune fille :

- Et bien nous terminerons le chemin ensemble dans ce cas. C'est ma route.
Par contre je te préviens j'adore le...

- GENIAAAAL ! Kumo ! Viens voir !
hurla Kin Fei en sautant sur le pauvre démon visiblement pas habitué à un tel comportement. Au fait, je suis Kin Fei !


La jeune fille rit longtemps, l’oiseau noir au bout des bras, faisant la ronde, les yeux pétillants.
Et c’est désormais à trois individus qu’ils reprirent la marche…

Siriondil avait expliqué à la gamine très attentive que les « bestioles qui volent » se rendaient à Munduce, une cité humaine, pour les célèbres Joutes. Emerveillée, Kin buvait chacune de ses paroles. Etrangement, la présence du démon ne l’affectait pas. Au contraire, par rapport à sa précédente fatigue douloureuse, elle se sentait bien mieux à proximité de cet être étrange. Même si sous le bandage qu’elle portait à la jambe, une chaleur préventive tiraillait la gamine. Elle décida de ne pas y faire attention.

Aussi, le long du chemin, elle n’eut aucun mal à suivre les grandes enjambées de Siriondil, usant de son endurance et de son énergie agaçante. Elle se rendit vite compte que son nouveau compagnon n’était pas très bavard et elle trouva d’autres occupations, bien qu’elle aurait aimé poser une multitude de questions. Mais quand elle se fit réprimandée à la première où l’homme aux cheveux blancs lui fit bien comprendre qu’il affectionnait le silence, elle n’osa plus l’interroger. Elle ne comprenait pas bien cet amour du non-bruit, parce qu’elle-même avait toujours vécu dans les sons et bruits divers. Elle aimait écouter, elle aimait faire partie de ce qu’elle pouvait écouter. Elle se sentait moins seule. Sa respiration, le moindre de ses pas faisaient partie intégrante du monde, où qu’elle soit. C’était une sensation rassurante et surtout vivante. Et Kin était vivante au plus haut point.

Donc, pour ne pas s’ennuyer, elle chantonnait doucement, jouait avec Kumo no Ame, s’amusait des paysages, riait des nuages aux formes connues, courait un peu, puis s’asseyait hors de vue pour resserrer son bandage, sans le défaire. Elle chuchotait au vent comme insectes et gardait un sourire permanent mais unique.

Ils n’étaient plus très loin de la cité : des caravanes, des hommes, des femmes, des enfants, des bêtes, des tentes, de toutes parts, grouillaient. Siriondil lui annonça qu’ils étaient bientôt arrivés. Ils continuèrent de marcher en suivant la file.

Les visiteurs se retournaient sur l’étrange duo. Un grand homme aux cheveux blancs et à l’allure majestueuse et impressionnante, accompagné d’une gamine légère qui marchait sur les mains depuis un certain temps, les yeux gris rieurs et les cheveux en bataille. Les enfants avaient peur de l’homme et s’attachait à la fille juste en la regardant.
Toujours souriante, Kin envoya ses pieds en avant et se redressa en souplesse pour se remettre debout, aux côtés de Siriondil. Elle avait vu dessus, dessous, dans tous les sens possible mais rien à faire. Aucune de ces caravanes ne ressemblaient à celle qu’elle avait connu dans son enfance. C’est simple, rien que leur forme était différente. L’ambiance aussi. Mais cet endroit qui réunissait autant de gens à la fois l’émerveillait. Elle aimait bien ça, même si elle préférait les grands paysages vides. Ici, la nature était écrabouillée par tous ces pas humains, nains( elle en avait reconnu deux ou trois), etc… Elle, pieds nus, faisait attention à ne marcher que dans leurs pas lourds pour ne rien abimer de plus.

Et puis, un après midi, les murs de Munduce se dressèrent devant leurs yeux.
- Aahaa ! s’exclama Kin
- Nous y voilà. Affirma Siriondil.
- Dit Sirion…s’enquit la gamine qui avait trouvé un surnom à son nouvel ami, ça à l’air marrant ça ! On y va on y va ???! On fait quoi maintenant ?
Elle ne voulait pas quitter l’homme rassurant, parce qu’elle avait peur d’avoir mal à nouveau, et parce qu’elle s’était attachée à lui. Elle ne se sentait pas perdue, elle était chez elle partout et sans gêne, mais elle l’aimait bien. Et Kumo était partit se faire un casse croute. ( elle avait trouvé de quoi manger sur la route : tout le monde avait ses provisions et elle en avait piqué dès qu’elle avait vu ces formes de vie nombreuses ).

Et puis, lui d’un pas décidé et elle de nouveau la tête à l’envers, ils firent leurs premiers pas sur le pavé de Munduce…

Spoiler:
[voilà, arrivés !merci de m'avoir déverrouiller le sujet^^]



*******************

Yuke: 20 Ducats à vous deux. Très beaux RPs Wink (PS: attention, l'entrée de Munduce est interdite sans laisser-passer d'une personne influente... Autre détail: Zarach se situe à plus de 200km de la frontière Nano-démoniaque... Ca fait un peu loin pour arriver à la voir ^^).



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