L'Ombre de Alarya

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L'Ombre de Alarya

Message par Akarin le Jeu 26 Mai 2011 - 16:17


Envolée silencieuse, trajectoire parfaite, sifflement de l'air transpercé, cri étranglé, sang qui jaillit, chute …
Le garde de la citadelle contempla son sang fuir de son corps et s'écroula mort, sans comprendre. S'il avait été doté de sens aussi affûtés que ceux d'un fauve, il aurait pu apercevoir le plongeons d'une ombre depuis le toit opposé à son poste de garde, il aurait pu contempler la chute contrôlée de l'assassin et aurait pu entendre le crissement métallique d'un lancer de projectile ...
L'assassin ne lui avait laissé aucune chance, abrité sur le toit d'une tour opposée il se protégeait des éclats de la lune traîtresse et guettait l'instant propice. Le garde passa son regard sur lui sans le voir et tourna la tête, erreur fatale. Le tueur banda les muscles de ses jambes et plongea dans le vide, le vent caressa son visage et gonflait la capuche de sa veste. En une vrille parfaitement contrôlée il se redressa dans les airs et se retrouva dans l'alignement de la sentinelle. Il tendit un bras et de sous sa manche jaillit un aiguillon mortel, envolée silencieuse, trajectoire parfaite, sifflement de l'air transpercé, cri étranglé, sang qui jaillit et chute … Le garde était mort en un instant.
En pleine chute, l'assassin tendit le bras gauche, une dague trainant un cordage fin et résistant fila. Le projectile se planta dans le mur d'enceinte de la tour et attira à lui le meurtrier. Des jambes il amortit le choc et sans un bruit se hissa habilement sur la corde jusqu'à sa dague. Il cala ses longs doigts dans un trou des briques qui composaient le mur, assura sa position de ses pieds et d'une main retira la dague de la vigie. Elle disparut rapidement dans l'une de ses manches ainsi que la cordelette et il commença son ascension. Rapide et silencieux il se hissa facilement sur le tour de garde de la sentinelle qu'il venait d'abattre et s'accroupit avec souplesse aux cotés de sa victime. La pleine lune illumina son visage dissimulée, une peau presque mat, des yeux couleurs d'azur étaient encadrés par des cheveux mi long couleur d'automne. Un sourire étendit le tissu qui lui dissimulait la bouche lorsqu'il s'assura de l'état du garde. Il n'avait pas besoin de vérifier, son lancé avait été millimétré et n'avait laissé aucune chance à la sentinelle. Les nuages dissimulèrent un moment la lune et lorsqu'ils furent chassés par le vent, l'assassin avait disparu ainsi que le corps du garde. Seul une flaque de sang rappelait l'œuvre macabre qui venait de se dérouler, le fluide coulait entre les rainures des pavés de la tour et rendait la scène bien plus terrifiante que si un corps s'était trouvé là.

***


Akarin s'était débarrassé rapidement et avec efficacité de la première sentinelle qu'il avait trouvé sur son chemin et courrait à présent dans les couloirs de la forteresse qu'il avait réussi à forcer. Ses mouvements n'étaient qu'un seul geste, il flottait presque dans les airs et les éléments eux même se turent sur son passage. L'assassin se glissait, se mouvait, s'embusquait et soudainement stoppa sa course et se mit à marcher en bombant les épaules. La mimique parfaite de l'homme qui a le droit d'être là et qui sait ou il va, démarche assurée. Au détour d'un couloir, quatre soldats recouvert entièrement de l'armure grise et or, symbole des soldats de la forteresse, le croisèrent. Pas un seul ne s'étonna de sa présence dans les couloirs de la forteresse et passèrent le chemin sans s'arrêter avec un léger salut pour leur compagnon. Car ils pensaient avoir à faire à un de leur frère d'arme, l'armure grise et or des Legioni brilla sur les épaules du jeune assassin. Il avait prit soin de délaisser la sentinelle de ses effets personnels et s'était glissé dans la peau de sa victime. Un sourire étira ses lèvres lorsqu'il retourna le salut aux gardes.

"Un Angeneri est discrétion, dans l'ombre ou la lumière il n'est pas visible. Si l'ombre lui est refusé, il se glisse à la lumière et sous le regard des foules devient invisible."

La voix de son maître continuait à le guider malgré l'achèvement de sa formation d'assassin. Le maître et l'élève unit jusqu'à la mort sur la même voie. La voie de l'ombre, le chemin sinueux qui mène jusqu'à l'Angeneri, l'assassin.
Nul ne parvenait à le distinguer et à l'arrêter dans sa progression vers son objectif, l'administrateur de la citadelle. Une mission complexe, que l'on confère uniquement aux meilleurs du Cartel. Alors que le jeune homme s'engageait dans les escaliers, menant aux appartements de sa futur victime, une voix l'interpella. Vive et sèche, c'était le ton d'une voix qui ne tolérait aucun refus d’obtempérer. Akarin se figea et se retourna lentement. Une femme se tenait assise sur le bord d'une fontaine qui trônait au centre du hall ou il se trouvait. Il l'analysa rapidement. Elle portait des vêtements de soie qui flottaient autour de sa taille et légèrement transparents, laissaient apercevoir sa peau. Son pantalon tombait dans de fines bottines, qui lui montaient presque jusqu'aux genoux. Une ceinture de cuir marron lui serrait les hanches et le jeune homme s'étonna de découvrir un plastron de même couleur sur toute sa poitrine. Elle enlaçait sa jambe gauche de ses bras nues et avait posée son menton sur le haut de son genou. Son visage inspirait la confiance, elle semblait aussi jeune que lui et son tain de peau brillait sous l'éclairage du hall. Des yeux amandes, elle plongeait son regard de braise dans celui du jeune assassin, immédiatement il l'a su de sang noble.

- Qu'est ce que tu fais là ? interrogea t-elle de cette même voix autoritaire. Elle n'avait pas bougée d'un pouce et parlait avec l'habitude d'être obéie au doigt et à l’œil. Tu ne m'a pas entendu ? Insista t-elle en fronçant les sourcils.

- Pardonnez ma lenteur, répondit l'assassin en essayant de retrouver ses esprits. Je me rendais auprès du seigneur Altiero. Une sentinelle est portée manquante et je dois lui faire mon rapport en personne.

La jeune femme releva la tête et plissa un peu plus les yeux et tenta de détailler son visage, en vain. De cette distance elle ne parvenait qu'à distinguer la bouche du garde, elle desserra ses bras d'autour de sa jambe et parut frustrée par le comportement du soldat.

- Quel est ton nom ? fini t-elle par réclamer.

- Biaqio, répondit le jeune homme aussi naturellement que possible, conscient que la jeune femme guettait la moindre de ses réactions.
Elle se leva et s'avança en se campant à quelques pas de l'assassin. Enfin elle put voir clairement le visage de son interlocuteur et un sourire se dessina sur son visage sans que l'Angeneri ne sache comment l'interpréter.
Ses pieds avaient glissés pour se placer dans une position favorable à un assaut rapide et ses genoux fléchirent légèrement. Il était prêt à abattre cette femme qui venait de mémoriser son visage. Et puis plus il s'attardait avec elle, plus il avait de chance de se faire démasquer et sa mission serait un échec.

- Biaqio hein ? Elle tapota sa langue contre son palais en signe de négation et s'approcha encore de lui. Tu n'as jamais su me mentir ... Akar...

L'Angeneri réagit en un quart de seconde. Se sachant démasqué il n'hésita pas un instant, abaissa son centre de gravité, fléchit les genoux au maximum et faucha la jeune femme de sa jambe droite. Du moins, essaya. Dans un bon contrôlé elle avait anticipé sa réaction et enchaîna avec un coup de pied au menton. Akarin se laissa glisser sur le sol et esquiva l'attaque aussi rapidement que la jeune femme.

"Un combat n'est qu'un seul geste, qu'il dure un instant ou une heure entière, l'Angeneri est unique mouvement"

Akarin se redressa en un saut vrillé parfait et harcela la garde de son adversaire à coup de poings et de pieds. Elle esquiva une feinte de corps et en un instant Akarin pivota sur lui même assena à son adversaire un formidable revers de main en plein visage. Les cheveux noir de nuit se détachèrent et tombèrent devant son visage sous la violence du coup. Une dague apparut dans la main du jeune homme et il plongea vers la gorge de sa victime.

"Un combat n'est qu'un seul geste, qu'il dure un instant ou une heure entière, l'Angeneri est unique mouvement."

La jeune femme, sonnée, releva les yeux vers l'assassin, leurs regards se croisèrent et Akarin se figea, comme paralysé. Les cheveux devant les yeux masquaient son regard et dissimulaient ses émotions. Tête baissée, dague à la main il ne bougeait plus du tout et dans un murmure souffla :

- Elwing ? C'est toi ?

- Pauvre idiot ! Il t'en a fallut du temps pour me reconnaître dit-elle difficilement désorientée par le coup que lui avait donné Akarin. Celui-ci se redressa et sa dague disparut comme elle était apparu, de nul part. C'était la première fois que l'Angeneri retenait sa main, il se détourna de la jeune femme.

- Ou vas tu ? le rappela la dénommée Elwing. Akarin ne s'arrêta pas et continua d'avancer vers les escaliers. Après tout ce temps ou je te croyais mort tu réapparais et tu voudrais que je te laisse filer sans rien dire, continua t-elle. Voyant qu'il ne s'arrêtait pas elle cria : Akarin !

- Va t'en Elwing ! Le Akarin que tu as connu n'est plus. En souvenir du passé je te laisse la vie, pour cette fois ...

- Je pourrais appeler la garde et t'empêcher de faire ce que tu ...

- Et bien fait le ! Mais tu devras à ton tour expliquer pourquoi tu te trouve dans ce palais. Et à ce moment là j'aurais déjà disparut.

- Je ...

- Je sais pour qui tu travailles Elwing. Il se retourna lentement et apposa son regard sur elle, qui s'était agenouillée. Ses yeux bleu de nuit la frappèrent en pleine face. Depuis combien de temps Mitsui et toi êtes du coté des Venti ?

La jeune femme écarquilla les yeux, elle ne savait pas comment il avait sur pour elle et les Venti. Des larmes lui montèrent aux yeux et c'est dans de sanglots incontrôlés qu'elle poursuivit :

- Nous n'avons pas eu le choix Akarin. Quand tu as disparut nous étions désespéré c'était soit ça, soit mourir de faim et de froid. Ses larmes coulaient encore un peu plus, elle s'était redressée : Mais toi ! Pourquoi ne t'es tu jamais manifesté ? Nous avions besoin de toi ! Je ne te reconnais plus, qu'es tu devenu ...

- Angeneri ! l'interrompit le jeune homme au veston couleur de pierre. Et il s'élança dans les escaliers à une vitesse incroyable. Il n'entendit presque pas le cri de détresse de Elwing derrière lui, seul le bruit de pas pressés des gardes de la citadelle vinrent à ses oreilles.
Il ragea intérieurement, les cris de la jeune femme avaient bien entendu alertés la garde et son effet de surprise était gâché. Il jura entre ses dents en la maudissant elle est Mitsui, il les aimait.

"L'Angeneri ne ressent pas d'émotions, la seule émotion qu'il connait est la peur et la terreur qu'il instaure dans l'esprit de ses victimes. L'Angeneri n'est plus un homme, c'est un instrument causant le chagrin, la désolation et la peur."

Il ne pouvait laisser son passé le corrompre, son maître ne le permettrait pas, il ne le permettrait pas.
Il aurait du la tuer !
Une troupe de soldats le héla dans les escaliers, son esprit vagabondait entre les enseignements de son maître et le visage de Elwing. Il ne se vit pas sauter pour esquiver un javelot, ne se sentit pas plonger sa dague entre les côtes d'un garde, ne s'étonna pas de laisser les six corps mort des gardes derrière lui. Il est Angeneri, sans pitié, sans hésitation, sans regret. Il progressait, inarrêtable vers son objectif.
Des archers se campèrent à l'extrémité du couloir ou il s'engageait et tirèrent une pluie de flèches. Des gardes armés de hallebardes se dressaient devant la double porte du font. Sa cible, son objectif, sa victime, il voulait du sang. Il se laissa glisser sur le sol et passa sous les traits des archers qui ne cessaient d'armer leurs arcs.

"Lorsque la situation te sembles désespérée invoque l'ombre et reprend l'avantage sur tes adversaires"

Akarin s'élança en un bond et étendit la main droite dans laquelle une dague était apparut. L'arme fila dans l'air en une trajectoire parfaite et trancha les chaînes qui maintenaient les trois chandeliers au plafond du couloir. Ils chutèrent et s'écrasèrent au sol au même moment que la lumière disparaissait. Immédiatement des ordres filèrent du coté des gardes, paniqués. Le silence se fit.

"Le silence est l'arme de l'Angeneri, la discrétion est son bouclier, la nuit est son terrain de chasse, ne l'oublie jamais. Ne devient pas une brute avec un marteau se prétendant seulement Angeneri. Devient le vrai Angeneri, insaisissable. Si l'on ne peut le voir, ni l'entendre, l'Angeneri est invincible."

Un cri brisa le silence suivit du bruit d'une lourde chute sur le sol de pierre du couloir. Les gardes tentèrent de réagir, de s'organiser dans l'obscurité qui les avalaient. Le capitaine des soldats braillaient toujours des ordres dont le timbre de voix trahissait son angoisse. Il motivait ses troupes et les unissaient autour de lui.

- Prenez vos ép ... fut le dernier ordre qu'il put donner, il s'effondra dans un cri étranglé, la gorge ouverte. Trois hommes subirent le même sort que leur chef et s'effondrèrent.

***

De l'autre coté de la double porte, on s'agitait. Le maître des lieux s'était armé d'une épée à pommeau en or et tremblait comme une feuille morte. Avec sa chemise de nuit comme seul vêtement, il était tout à fait ridicule au milieu de la grande pièce, qui lui servait de chambre. Il avait quitté le lit, réveillé par les bruits d'affrontements dans sa citadelle. Ses cheveux gris étaient collés sur son front par la sueur et ses yeux à peine sortit du sommeil étaient teint par la terreur. Les cris de ses gardes le terrorisaient, combien étaient-ils dans le couloir pour tuer un par un ses soldats. De grosses gouttes de sueur coulaient sur ses tempes et son cœur cognait à ses oreilles. Lorsque le silence retomba, ses doigts se crispèrent sur la garde de son épée et les ongles de ses mains lui entaillèrent la peau. Le sang coula mais il ne s'en préoccupa pas, il fixait les poignées de portes qui lui faisait face, priant pour qu'un de ses hommes lui annonce qu'ils avaient vaincu l'ennemi.
Depuis plusieurs jours il ne dormait plus et se réveillait en sursaut en pleine nuit. Il venait de s'installer dans cette petite citadelle renforcée par des murailles et avait amené avec lui toute une troupe de marchand, qui faisait concurrence à ceux déjà en place. Il avait reçu de nombreux avertissements de la part de bon nombre d'entre eux mais il s'en moquait. Les affaires marchaient et il n'allait pas se laisser intimider par des marchands jaloux de sa réussite. Partout le peuple de Munduce connaîtrait le nom du Seigneur Altiero, comme le marchand le plus quotté des royaumes. Mais il y a quelques jours il avait reçu une lettre différente des précédentes, elle avait été placée sur le second oreiller de son lit pendant qu'il dormait. A son réveil il l'avait découvert et avait lu son contenu qui n'était qu'un seul mot : Angeneri !
Il trembla un peu plus en se remémorant cette scène et leva un peu plus haut son épée en cas d'intrusion. Il inspira à fond et tenta de se rassurer :

- Je n'ai pas peur de ces fichus Angeneri ! Je suis Altiero, je suis ...

- ... mort ! termina une voix glaciale qui s'élevait de son dos. L'homme fit volte face tout en faisant tournoyer son épée dans un mouvement circulaire. Il rencontra la vide et senti le froid de l'acier lui mordre les tendons. Il tomba à genou dans un cri non retenu et un coup de pied au sternum l'allongea sur le sol, vidant entièrement ses poumons d'air.
Le souffle coupé il tenta de se relever, une masse grise s'assit sur lui en lui posant une lame souillée de sang sur la gorge.

- Je ... ne voulais pas ...

- Trop tard ! Nous t'avons averti plusieurs fois de quitter cette cité en refusant tu as déclaré la guerre aux Angeneri !

- Pitié ! Ne me tuez pas, je vous paierais le double de ce qu'on vous paie ! la dague de l'assassin s'arrêta alors que le sang du marchand s'était mis à couler. Le regard du meurtrier brilla sous la lueur des chandelles qui illuminaient la pièce. L'appel de l'argent était le vice de beaucoup de tueur du tristement célèbre Cartel de Munduce.

Un sourire teint d'espoir se dessina sur les lèvres de Altiero. L'assassin avait relâché la pression sur la gorge de sa victime et plongeait à présent son regard dans celui de sa victime. Jaugeant sa fiabilité il se redressa de la poitrine de son adversaire et l'aida à se relever. Altiero transpirait à grosses gouttes mais la satisfaction se lisait dans son regard, il avait échappé à la mort de très prêt et il le savait. Il se palpa la gorge à l'endroit ou le sang avait coulé et mit un pas de distance entre lui et l'assassin.

- Si je vous proposais en plus du double de votre paye de travailler pour moi en l'échange d'une coquette somme d'argent, que diriez vous ?

- La proposition est alléchante, mais êtes vous certain d'avoir assez d'argent pour vous assurer les services d'un assassin de premier ordre des Angeneri ? siffla l'assassin.

Le seigneur marchand avala difficilement le peu de salive de sa bouche. Le stress ne l'avait pas quitté, il attendait avec impatience le départ de l'Angeneri pour se relâcher.
- L'argent n'est pas un probl ...

Altiero fut interrompu par le fracas de la double porte de ses appartements qui explosèrent. Des copeaux de bois filèrent aux quatre coins de la pièce et frôlèrent l'homme et l'assassin d'un cheveu. Des résidus de la porte de chêne gisaient ici et là, dans encadrement de la porte se tenait un homme recouvert d'un veston de couleur gris anthracite, un médaillon en forme de couronne pendait à son cou et ses yeux couleur d'azur s’écarquillèrent en analysant la scène.

- Tu as pris ton temps Akarin ! lança l'assassin dans le dos du seigneur Altiero. Ce dernier se retourna d'un coté à l'autre de la pièce et exprima son étonnement :

- Qu'est ce que ... Il hoqueta bruyamment lorsqu'une dague se figea dans son estomac et remonta jusqu'à son sternum, laissant glisser ses tripes sanglantes sur le sol. Un rire froid accompagna sa mort. Il tomba sans comprendre.
L'assassin retira sa dague et laissa le corps de Altiero baigner dans son sang et se tint face au nouvel arrivant qui se nommait Akarin.

***

Akarin avait eu fort à faire dans le couloir qui menait aux appartements privés de sa victime, le seigneur Altiero. Un mage dans le groupe des gardes avait anéanti en une seule formule l'avantage du jeune homme et il s'était à nouveau retrouve à découvert. Il avait mis plusieurs minutes à se débarrasser du jeteur de sort de la citadelle. Celui-ci était expérimenté et puissant mais l'Angeneri avait été plus rapide que lui et avait su exploiter ses faiblesses. Il ne pouvait lancer deux sorts l'un après l'autre qu'avec un intervalle de quelque secondes entre eux. Akarin en avait profité pour lui porter un coup vif et précis à la tempe et s'était défait de lui.
Il s'agenouilla devant la double porte des appartements de sa victime. A ses cotés gisaient les corps des gardes qui s'étaient interposés entre lui et son contrat. Il analysa rapidement le système de verrouillage de la porte et en conclut qu'elle était inviolable. Il se redressa en shootant dans le heaume d'un des cadavres et se mit à cogiter pour trouver une solution pour entrer. Il n'avait plus de temps, tous les gardes de la maison fortifiée du marchand allaient bientôt accourir jusqu'à leur maître et Altiero risquait de lui échapper et ça il ne pouvait le tolérer. Renonçant à toute discrétion il sortit de sa manche un petit objet cylindrique. Couleur de pierre, il était entièrement recouvert de rune et Akarin sourit en le glissant dans la serrure de la double porte. Il s'éloigna de quelque pas, se concentra sur le cylindre et projeta son esprit vers lui. Au contact de son aura l'objet s'activa, les runes s'activèrent et une lumière ardente l'éclaira. La lueur devint rapidement aveuglante et Akarin du se masquer le visage, le bois hurla lorsque le cylindre runique explosa. Lorsque Akarin rouvrit les yeux, il ne restait plus rien de la porte, mais ce qu'il vit à l'intérieur de la pièce manqua de le faire défaillir.
Comment était-ce possible ? Que faisait il là ? Le Cartel n'avait il pas confiance en lui qu'ils avaient envoyés un autre Angeneri sur la même mission que lui ? Ou bien ...

- Tu as pris ton temps Akarin ! cracha la voix glacée de son camarade. Avant même qu'il ai eu le temps de réagir il en avait terminé avec Altiero d'un coup de dague bien placé et fit volte face.

- Ha, jubila l'assassin en humant l'air dans un petit soupir de jouissance. Tuer fait tellement de bien (il passa sa langue sur ses lèvres et se frotta la tête). Ne me regarde pas comme ça Akarin, après tout toi et moi sommes partenai...

- Arrêtes ton manège Jino ! Qu'est ce que tu fais sur ma mission ? darda le jeune homme qui tremblait de frustration.

- Je voulais faire la course avec toi Akarin, tu es si brillant lorsque tu effectues une de tes missions. Je voulais t'observer encore et encore, poursuivit il en se frottant les mains tel un forcené, mais te voir ralenti par cette fille m'a mis hors de moi et je n'ai pas pu résister.

Il sortit de l'ombre et Akarin pu apercevoir son visage, ce visage qu'il connaissait si bien. De fines mèches de cheveux lui barraient le visage, un sourire figé révélait ses dents à l'éclat lumineux de la pièce. Ses yeux gris détaillaient des pieds à la tête le jeune homme qui lui faisait face. Il portait une armure légère qui collait parfaitement à sa forme athlétique et mettait en valeur ses muscles généreux. Des dagues et des couteaux de lancés couvraient son pantalon moulant d'un même noir que son armure.
Akarin avança dans la pièce :

- C'est le Cartel qui t'envoie ?

Jino cessa brutalement de sourire, et ses yeux grisés se plissèrent de colère :
[color=white]- Comment oses tu me demander ça Akarin ! hurla t-il, en enfonçant son talon sur la joue du cadavre qui gisait à ses pieds. Tu es le seul homme qui mérite mon respect, je suis ici parce que je le veux ! Personne ne me force la main, pas même le Cartel. Tu ferais mieux de te rappeler ce que je suis avant de m'envoyer tes questions puériles au visage.

Akarin ne baissa pas les yeux et continuait d'avancer.
- Peu importe ce que tu es Jino ou ce que sont tes aptitudes, je ne laisserais personne me voler mes proies !

Le rire froid de l'assassin retentit dans la pièce :
- Akarin, tu es le seul à oser me parler comme tu le fais, c'est ce qui te rend si parfait. J'aime tellement ça, je t'aime Akarin ! (une larme coula de ses yeux couleur de cendre) Mais le Cartel exige ta capture immédiate.

Jino lui envoya un sourire glaciale tout en balayant la larme d'un revers de main. Akarin s'était arrêté et semblait plus perturbé par le fait que le Cartel réclamait sa capture que par la déclaration de l'assassin. Akarin fronça les sourcils et fixa son interlocuteur, prêt à tout pour éclaircir la situation.
- Que me reproche t-on ?

Jino ne répondit pas et s'avança d'un pas lent et effrayant vers le jeune homme, un sourire toujours gravé sur ses lèvres.
- Arrête toi ! rugit le jeune homme en étendant les mains devant lui.

Jino s'approchait encore.
- Recule ! ordonna Akarin.

Le sourire de Jino s'allongea jusqu'à dévoiler ses dents et continua d'avancer.
- Pardonne moi Akarin, finit il par murmurer. Pardonne moi ... ne t'en fais pas, je serais doux.

Deux ombres tombèrent aux cotés du jeune homme et l'immobilisèrent, paralysé Akarin analysa les nouveaux arrivants. Ils n'avaient pas de visages, entièrement fait de noir on aurait dit des créatures d'encre. Jino agita ses index et les créatures resserrèrent leur étreinte. Akarin gémit et passa son regard des ombres à son partenaire sans comprendre.

- Alors c'est vrai, tu ... Un mouvement rapide de Jino mit fin à l'état de conscience du jeune homme. Il l'avait frappé à la tempe d'un coup de dague bien placé. Akarin se serait effondré si il n'avait pas été maintenu par les ombres. L'angeneri eut le temps d'entendre le rire significatif de Jino, lorsqu'il sombra dans l'inconscience.

Spoiler:
Premier Rp de la semaine : 1 PA svp
Nath: done.

En puissance svp
validation:
Edit Nath: +83Puis (bonus musique inclus)
J'aime beaucoup! Keep that up!

Akarin

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Re: L'Ombre de Alarya

Message par Akarin le Jeu 7 Juil 2011 - 13:17

La morsure froide du sol pavé tira le jeune homme de l'inconscience, ses paupières clignèrent et ses yeux azurs cherchèrent la lumière, sans succès. Il avait les yeux grands ouverts mais ne voyait rien, la panique s'empara de son corps affaiblit. Il chercha à se redresser mais il retomba lourdement et sa tête rebondit sur le sol. Un vrombissement affreux s'empara de son crâne et l'enserrait comme pour l'écraser. Un gémissement s'échappa de ses lèvres desséchées et lui arracha la gorge dans une toux sèche et rauque. La fièvre. Il sentit la peur lui tordre l'estomac et monter la nausée. Gelé le jeune homme se recroquevilla pour tenter de faire le point, mais son esprit torturé par les maux ne parvenait plus à se concentrer. Il poussa sur ses mains pour essayer de se redresser, immédiatement il se sentit à nouveau défaillir et par chance trouva dans l'obscurité une paroi rocheuse ou il s'agrippa. Il banda ses muscles pour s'adosser contre la pierre et son corps tout entier protesta en lui envoyant une vague de sueur froide. Sa tête trop lourde flottait dans le vide, ses cheveux d'automne tombaient de part et d'autre de son visage. Trempés par la transpiration ils gouttaient sur le sol dans un bruit qui résonnait comme une fanfare dans son esprit. Il tenta à nouveau de capter une image mais ses yeux lui refusaient toujours la vue, dévasté et anéantit le jeune homme sombra dans le chaos. Son corps n'était plus qu'une poupée de chiffon privée de sa force, séparée de son intelligence. Il avait mis toute l'énergie qu'il avait encore dans son effort pour caler son dos contre ce qui semblait être un mur. Il était tellement brisé qu'il n'avait même pas eu le temps de s'interroger sur l'endroit ou il se trouvait. Soudainement une chaleur nouvelle s'empara de son corps et vint lui réchauffer le visage et lui apporta un peu de réconfort. Ne comprenant pas ce qui lui offrait un abri des chaos il leva sa main dans de violents tremblement et se toucha les joues. Le contact de ses propres doigts lui fit comme un électrochoc, il les sentit glisser sur une surface humide. Il pleurait. Pour la première fois depuis des années quelques larmes s'étaient écoulées de ses yeux. Elles avaient glissées sur les joues du jeune homme puis c'était arrêtées brusquement. Son bras trop faible retomba le long de son corps et tapa contre les pavés du sol. Il resta figé, menton sur la poitrine, bras ballant et jambes raides pendant des heures sans que son état ne s'améliore et sans qu'il parvienne à trouver le repos.
Enfin, un bruit le tira de son malaise, le bruit d'une porte de métal qui grince et réclame que ses gongs soient huilés. Puis une autre série de son se porta à ses oreilles, ceux régulier de deux personnes qui marchent vers lui. Tout se mélangeait dans sa tête, les nouvelles présences sonores et celui de son cœur qui lui martelait le cerveau. Les bruits de pas cessèrent et furent remplacer par un croassement grave suivit d'un autre plus aigu. Le jeune homme ne comprenait pas ce qui se passait, il voulut relever la tête mais elle resta bloquée contre sa poitrine. Il entendit des paroles puis plus rien, il était retombé dans l'inconscience. Et son esprit l'entraina dans les méandres de son passé.

Un bruit sourd le réanima, il ouvrit les yeux cligna des paupières pour éclaircir sa vue, il voyait flou, mais il voyait. Il ne distinguait que des tâches de couleurs mais il se sentit soulager de ne pas être aveugle. Il se sentait toujours aussi mal, mais une légère amélioration dans sa santé, la fièvre avait diminuée et il pouvait à nouveau remuer les jambes. Le bourdonnement dans sa tête n'avait lui pas diminué, mais il pouvait désormais mettre des noms et des mots sur ce qu'il entendait. Soudain une voix le héla :

- Hé gamin ! Ça va aller ?

Akarin avait essayé de tourner la tête vers la voix mais ces faibles forces ne lui autorisait pas de bouger. Il voulut parler mais aucun son ne sortit de sa bouche, il était encore très malade.

- J'ai bien cru qu'ils t'avais clamsés avec tout ce qu'y t'ont fait, c'est incroyable que tu sois toujours vivant pitio' !

Le jeune homme toussa et s'étouffa avec un glaire qu'il réussit à cracher et qui lui coulait à présent le long du menton et sur sa poitrine dénudée. Car s'il ne s'était pas rendu compte avant qu'il n'avait plus ses vêtements, désormais il sentait la gifle d'un souffle glacé sur sa peau.
- Accroche toi surtout Pt'it ! Quoi qu'il te demande tant que tu ne diras rien ils te laisseront vivre … La voix se fit moins forte, Akarin perdait à nouveau connaissance et se laissa guider par ses souvenirs.

Spoiler:
Premier Rp de la semaine please and validation in Intelligence =)

Akarin

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Re: L'Ombre de Alarya

Message par Akarin le Jeu 21 Juil 2011 - 13:52

***

- Au voleur !! Au voleur !!

Le cri d'alarme du marchand de bijoux s'éleva sur le marché et se transmis d'individu en individu, bientôt toute la place s'agita sous la colère des vendeurs. Les passants mirent leurs mains à leurs bourses et ne la lâchèrent qu'au moment ou ils furent éloignés de la zone à risque. Au cœur de la foule les gardes de Munduce se frayaient déjà un chemin pour débusquer les fauteurs de trouble. Les cris du marchand de joyaux les guida sur la place et ils se mirent à courir avec lui dès qu'il l'eurent retrouvé. Essoufflé le vieux s'arrêta pour respirer et indiqua aux gardes la direction prise par les brigands.

- … sont partis par là ! Bafouilla t-il en indiquant la rue perpendiculaire à la place. Il posa les mains sur ses genoux et pencha la tête. Saletés de gamins … m'ont fauché une de mes plus belles pièces ! Reprit-il en se redressant pour chercher son air.

Deux des trois gardes s'esclaffèrent en se donnant du coude entre les côtes, ils étaient persuadés que le marchand divaguait. Des enfants voler sur la place du marché et puis quoi encore. Sur un regard de leur compagnon ils reprirent leur sérieux et s'élancèrent sur les traces des voleurs. Le troisième resta auprès du marchand et attendit qu'il reprenne ses esprits avant de satisfaire sa curiosité.

- A quoi ressemblait ses enfants ? Demanda t-il d'une voix douce et apaisante.

Le marchand planta son regard dans les yeux du garde et s'étonna d'y découvrir un homme pas plus âgé que son propre fils. Ses traits étaient encore marqué par sa sortie trop rapide de l'adolescence. Si son visage n'était pas celui d'un adulte, son corps en revanche était tout le contraire. Le dépassant d'au moins deux bonnes têtes, le colosse avait une carrure et une musculature qui dépassait grandement la normal adulte. De plus, les marques sur son armure légère indiquait qu'il était un gradé des soldats, ce qui étonna encore plus le vendeur. Ce gamin ne devait même pas avoir vu dix-huit été qu'il était déjà à un haut poste, impressionnant. Il sentait devoir le respect à cet enfant/adulte.

- Vous … vous me croyez ? Balbutia le marchand qui avait pris l'habitude d'être dénigré lorsqu'il tentait d'expliquer que les voleurs étaient des enfants d'à peine douze ans.

- Oui, je vous crois et vous n'êtes pas le seul à souffrir d'agissements similaires. Les avez vous vu ? Interrogea à nouveau le garde.

- Ben … me semblait qu'il était seul moi, mais vous dites « les » alors j'en déduis qu'ils opèrent à plusieurs ?

- En effet, c'est le cas. Le colosse commença à s'impatienter et reposa sa question, comment était il ?
Prenant conscience que le garde en avait assez de ses questions il s'empressa de répondre :
- Petit, maigre, cheveux châtain foncé avec quelque reflets lumineux, un visage innocent tacheté par la saleté et des vêtements entièrement gris, déchirés à certains endroits. Ça vous dit quelq …

Le marchand n'eut pas le temps de terminer sa phrase que l'enfant-adulte filait déjà à la suite de ses camarades qui avaient plusieurs minutes d'avance. Le vendeur resta planté au milieu de la place pavée sans trouver mot dire, il trouva l'énergie de crier :

- Si vous l'attrapez ramenez moi mon collier ! Mais le garde avait déjà disparut à l'embranchement de la rue et la poursuite s'engagea.

En courant le jeune lieutenant rayonnait, il allait peut être enfin pouvoir remplir sa mission. Cette fois si il les auraient. Le vent lui fouettait le visage alors qu'il slalomait entre les habitations et s'orientait à l'instinct. Il espérait ne pas avoir trop pris de retard sur ses gardes. Il esquiva le jet d'eau usagé qu'une bonne femme balança depuis le haut de sa fenêtre, d'un bond et ne pris pas le temps de s'arrêter pour réprimander l'imprudente. Soudain les cris de deux hommes survinrent, il sauta dans la direction des haussements de voix et accéléra. Il déboucha dans une ruelle à sens unique ou se tenait ses camarades qui avaient coincés un gamin vêtu de lambeaux de tissus gris. Le colosse s'arrêta au niveau de ses hommes et inspira. Sa course ne l'avait même pas fait transpirer et en un coup d'œil il évalua la situation, c'était l'enfant qu'il cherchait. Il dépassa ses compagnons ignorant les jurons que ceux-ci envoyaient au jeune garçon.

- Rend nous ce que tu as volé, raclure des caniveaux ! Cracha le plus gros des deux.

- Ne nous oblige pas à te cogner pour le récupérer, de toute manière tu es fini espèce de petite fiente ! Darda le second.

- ça suffit ! Tempêta le colosse, personne ne se comportera de cette manière sous mes ordres, alors fermez là !

- Mais … lieutenant …

L'enfant-adulte le fit taire d'un geste de main et se désintéressa d'eux.
- Bonjour, ça fait bien longtemps que je te cherche tu sais. Le garçon réagit au ton de voix inhabituel du lieutenant. Il n'avait pas l'habitude qu'on lui parle avec douceur. Dis moi, ou sont tes camarades ?

Le garçon leva son regard bleu azuré sur le lieutenant., ceux-ci brillaient d'intelligence et d'amour. Sa peau légèrement mat était presque noir à cause de la saleté qui s'y entassait et ses cheveux mi long d'une couleur d'automne lui mangeait la moitié du visage. Il resta muet et le garde s'approcha un peu plus.

- Je comprends ce que tu vis, je viens moi aussi des bas fonds de Munduce mais ce n'est pas une fatalité. On peut s'en sortir, je peux te prendre avec moi et te sortir des taudis. Le visage du garçon s'illumina brusquement. Je peux t'offrir …

Une ombre tomba devant le garçon et se redressa lentement, une ombre terrifiante. Vêtu de noir un capuchon était rabattu sur son visage et son apparence transpirait le sadisme et la violence. Il fixa les trois gardes et pointa un doigts menaçant sur la poitrine du lieutenant.

- Ne lui adresse pas la parole chien de Legioni ! Darda une voix roque et froide. Il baissa la tête vers l'enfant sans tourner le dos aux soldats. Beau travail Aka', tu peux partir maintenant.

Le colosse fronça les sourcils et fit un pas en avant en voyant le dénommé Aka escalader en un instant le mur qui lui faisait obstacle l'instant plus tôt. Il se cacha su r les toits et les observa alors que l'ombre releva la tête vers eux.

Déposez vos armes, objets de valeurs et bottes devant vous lentement, ordonna t-il sans détour.

- Pfff, essaie donc de nous les prendre salopard !! beugla le plus gros des gardes en mettant la main à la garde de son épée.

- Je vous conseil de ne pas faire ça, siffla l'ombre.

- Et pourquoi je ne devrais pas ? Railla t-il en tirant sa lame de quelque centimètres de son fourreau.
En un éclair, le lieutenant saisit le poignet de son compagnon et le dévisagea d'un regard sévère et inquiet.
- Toran ! Ne fais pas l'imbécile, regardez autour de vous ! Tous les deux ! Dit il en passant son regard de l'un à l'autre de ses hommes.

Les deux soldats levèrent les yeux ensemble et observèrent les environs. Ils étaient encerclés par un groupe de gamins armés de caillasses et autres projectiles en tout genre. Dans leur dos deux autres ombres encapuchonnées leur bloquait toute retraite. Ils s'étaient précipités tête la première dans un piège parfaitement pensé.

- Ce petit stratagème était pensé pour un marchand et non pas pour des soldats mais nous ne rechignons pas à nous occuper de larbin du Duce lorsque ceux-ci s'aventurent un peu trop loin dans les taudis.

- Vous n'oseriez pas vous en prendre à nous ! Lança Toran, confiant. Le Duce vous déclarerait la guerre si des Legioni venaient à disparaître au sein des taudis.

- Ho mais grand bien lui fasse. Les guildes d'enfants sont de plus en plus nombreuses à Munduce et elles se livrent tous les jours une guerre sans merci dans les rues et puis les Legioni doivent apprendre à craindre nos territoires. Ici c'est nous les maîtres, vous auriez du rester dans la partie riche de la ville. Maintenant faites ce qu'on vous dit ou on annoncera demain que trois gardes ont été retrouvés nus, lapidés et souillés.

Les gardes bouillonnaient d'impuissance mais le lieutenant enfant-adulte n'était pas stupide, il savait reconnaître une situation perdue d'avance. Il détacha sa ceinture ou pendait son épée en premier et la lança à quelque pas de lui, s'en suivit sa bourse et ses bottes. Ses deux compagnons hésitèrent à se déshonorer de la sorte mais obtempérèrent. Désormais, ils étaient tout trois pied nus sur les pavés glissant et démunit de leurs armes.

- Bien, bien ! Félicita l'ombre au milieu de la rue. Vous n'avez plus qu'à retirer ces jolies armures et vous pourrez partir.

- On t'as déjà donné tout ce qu'on avait ça ne te suffit pas ? Brailla pour la première fois le colosse.

- Ha Vëylon, soupira l'inconnu, j'attendais de la part d'une personne qui propose l'hospitalité à un traine-ruisseau un peu plus de gratitude. Et puis, n'oublie pas qu'il n'y a pas si longtemps tu étais aussi un membre de guilde. Il fit mine de réfléchir en portant une main à son visage masqué et reprit, les Deux Poing c'est ça ?

Le colosse détourna le regard.
- Tu n'avais déjà pas grande autorité dans les taudis et regarde toi aujourd'hui. Tu es encore plus misérable qu'à l'époque ou nous avons écrasé ta pitoyable petite bande ! Maintenant obéis ou je n'aurais aucun remord à ordonner que l'on mette fin à vos jours.

Humilié et hanté par les souvenirs qui lui revenaient en pleine face, le colosse fit un signe de tête à ses camarades et tout trois jetèrent leurs armures à coté de leurs armes. Il ne portait plus que leurs sous vêtement et un haut en tissu moulant qu'ils mettaient sous leurs armures.

- Dégagez ! Ordonna l'ombre.

Il les regarda quitter la ruelle en baissant la tête lorsqu'ils passèrent entre les deux autres inconnus encapuchonnés. Lorsqu'ils furent trop loin pour que la petite troupe puisse les voir, les enfants sautèrent des toits et se jetèrent sur les armes et les bourses en riant aux éclats et en s'envoyant de grande tape dans le dos. Pour certains c'était le premier coup sérieux de leur vie de traine-ruisseau (enfants des guildes) et la satisfaction se lisait sur leur visage couvert de crasse.

Akarin s'accrocha à la gouttière du toit sur lequel il s'était réfugié et se laissa tomber aux cotés de l'ombre. Lorsqu'il le vit ré-apparaitre l'inconnu baissa son capuchon. Du haut de ses dix-sept ans il était le plus vieux de la guilde des Araignées Grises et en était également le chef. Il contrôlait une troupe de quinze traines-ruisseaux dont cinq aussi âgé que lui. La puissance d'une guilde d'enfant s'évaluait par le nombre de « grands » qu'elle possédait. Les Araignées Grises étaient une guilde émergente à qui la réputation promettait de grande chose. Le presque homme se tourna vers Akarin et lui sourit de son air froid. Son visage encadrés de longs cheveux blonds étincelait sous les derniers rayons du soleil. Il s'approcha du garçon tandis que les autres s'empressaient de ramasser leur butins sous le regard vigilent des cinq grands. Il tandis la main vers lui et Akarin y déposa un lourd collier en or. Il le leva à hauteur de regard et l'analysa de ses yeux gris cendre avant de le faire disparaître dans sa cape.

- Tu progresses d'année en année Aka'. Tu feras un Grand de l'Araignée Grise parfait.

- Merci Blake. Est-ce que je peux …

- Bien sûr que tu peux y aller ! C'est ton triomphe autant que le nôtre, va ! L'encouragea Blake en le poussant dans le dos.
Akarin ne se le fit pas dire deux fois et s'élança vers le groupe de traine-ruisseau qui s'agitaient en se disputant l'épée du garde nommé Toran. Lorsque le jeune garçon arriva autour du butin il chercha des yeux ses camarades et les débusqua en un éclair. Mitsui et Elwing étaient entrain de se chamailler quelque pièces tombées de la bourse d'une des victimes de l'Araignée Grise. Le visage d'Akarin s'illumina et il les héla :

- Mitsui ! Elwing !

Ceux-ci levèrent la tête brusquement en reconnaissant le timbre de voix de leur ami et ceux-ci lui sautèrent dans les bras. Elwing fut la première à le complimenter et à flatter son égo en lui précisant bien qu'elle avait adoré sa prestation. Elle était une jeune fille de quatorze ans dont le visage resplendissait à chacun de ses sourires et chacun de ses rires. Dans son corps d'adolescente en pleine croissance, elle était d'une grande beauté et les compliments qu'elle lui envoyait le faisait rougir comme une tomate trop mûre. Sa chevelure noir de nuit lui chatouilla le visage lorsqu'elle s'écarta de lui et il sentit son visage s'enflammer sous le regard ambré de la fillette. Il détourna le regard et le reporta sur Mitsui qui fut plus modeste mais surveillait le jeune homme avec un air admiratif. Il avait des cheveux d'une couleur flamboyante et si la terre ne les avaient pas foncés, ils auraient la teinte du feu sauvage. Des tâches de rousseur légères lui mangeaient le visage et recouvraient sa peau blanche. Ses yeux noirs de nuit cachaient des mystères que son meilleur ami n'avait encore pas découvert. C'est avec fierté et des touches de jalousie que Mitsui félicita son ami.

- Pourquoi Black te demande toujours de faire ce genre de truc et pas à un de ses Grands ? Finit il par lancer.

- Je sais pas trop. Sûrement parce que les marchands coursent plus un gamin qu'un ado assez âgé pour se défendre.

- Ouais ben un jour ça terminera mal. Qu'est ce que t'aurais fais s'ils t'avaient rattrapés avant que tu arrives dans la ruelle ?

- Mitsui ! La coupa Elwing. Akarin est avec nous et il ne lui arrivera rien. Hein Aka' que tu seras toujours avec nous ?

- Bien sûr ! Répondit le garçon en plongeant ses yeux azurs dans les yeux amandes de la jeune fille. Celle-ci lui rendit un sourire éclatant avant de reprendre leur chamaillerie pour savoir qui garderait la pièce. Finalement comme à son habitude se fut la fillette qui l'emporta après le sourire ravageur qu'elle lança à ses deux amis ...

***

Lorsque Akarin ouvrit une nouvelle fois les yeux il était toujours dans la même position, étalé sur un sol de pierre pavé, le dos bloqué contre un mur. Il avait perdu toute notion du temps, ses sens lui revenait progressivement mais il était incroyablement faible. La fièvre l'avait presque totalement quitté et il arrivait à faire de plus en plus de gestes. Lorsqu'il regarda autour de lui il fut surpris de voir. Il se trouvait dans une toute pièce à un unique mur de pierre et trois grilles qui composaient sa prison. On lui avait ôté tout ses vêtements à l'exception de son pantalon. Il balaya ses cheveux de son visage et pris son temps pour bouger ses membres un par un. Il remua les doigts, s'échauffa les poignets et constata désolé qu'on lui avait retiré ses Manticores. Mais qui était ce nous ? Akarin refoula cette question, il aurait le temps de se la poser bien plus tard. Pour le moment il fallait qu'il retrouve l'usage de son corps. Après plusieurs heures d'échauffements précis et méticuleux il avait presque retrouvé des gestes normaux et entreprit de se mettre debout. Au pris d'un gros effort des muscles de ses jambes il parvint à se tenir en équilibre quelques minutes avant de basculer vers l'avant et de tomber lourdement sur ses genoux. Il étouffa un cri et renonça après cinq essais. Il s'appuya contre le mur et repris calmement son souffle, il était temps de réfléchir et de se remémorer ce qui s'était passé les dernières semaines. Il fit appel à ses souvenirs et se laissa porter par les derniers évènements. Il se revit accepter la mission que le cartel lui confiait : assassiner le seigneur Altiero, puis tout lui revient en mémoire. L'apparition de Elwing dans la citadelle, l'intervention de Jino, sa déclaration d'amour puis son attaque.

« Jino … pensa t-il. Les rumeurs sur toi était donc vrai, tu sais manipuler les ombres. Comment es tu arrivé à ce degré d'excellence ? »

Le jeune homme se laissa porter par des questions qui demeuraient sans réponses puis soudainement lui revient l'essentiel. On l'avait arrêté ! Le cartel l'avait fait arrêté ! Pourquoi ? Il n'avait jamais fais que d'obéir aux ordres et avait toujours accompli ses missions avec le plus grand soin. Que lui reprochait t-on désormais ? Ou était il ? Que lui avait t-on fait ? Ou était Jino désormais ? Viendrait il l'aider ?
Akarin se prit la tête entre les mains et se balança sur lui même, tant de choses le hantaient et il crut que son esprit allait éclater.

- Te prends pas la tête comme ça gamin ! Lâcha une voix rauque dans un coin de la cellule.

Akarin releva la tête et scruta l'obscurité, sans voir d'où venait cette voix.
- Qui êtes vous ? Et ou êtes vous ? Rugit il.

- Pas de panique gamin, je suis là ! Termina la voix, tandis qu'une ombre se détachait de l'autre coté de la grille latérale gauche.
Un vieil homme apparut, la peau de son front tombait sur ses yeux en trois rides horizontale. Une barbe en désordre lui dévorait le visage et masquait quelque peu son âge avancé. Les cernes violettes qui pendaient sous ses yeux lui donnait un air effrayant. Il n'avait que la peau sur les os et les contours de sa mâchoire étaient parfaitement visible. Un vulgaire morceau de tissu lui serrait la taille et enlaçait ses épaules formant une tunique miteuse.
Akarin s'était calmé en voyant le corps rachitique de cet homme, il avait pitié de lui. Depuis combien de temps était il dans cette cellule ? Le jeune homme plaqua à nouveau ses jambes contre sa poitrine en essayant de se réchauffer.

- Pourquoi êtes vous là grand père ? Demanda t-il en posant sa joue droite sur ses genoux, tournant le dos au vieillard.

- Ho ho ! Ricana t-il, je suis ici depuis si longtemps que je l'ai presque oublié. Jadis j'étais le rabatteur du meilleur Angeneri du cartel. J'ai vu bon nombre de choses, certainement pas pour mon bonheur car me voilà aujourd'hui enfermé pour ce que je sais.

- Et que savez vous de si important pour qu'on vous ai gardé enfermé pendant … pendant combien de temps ?

- 7 ans. 7 ans, 5 mois et 3 jours, lâcha le vieil homme avec tristesse, il releva les yeux vers Akarin qui lui tournait toujours la tête et sourit. J'ai avertit une des cibles de mon Angeneri qu'un contrat était sur sa tête. Et il a pu s'enfuir avant d'être tué. Depuis tout ce temps je suis ici et ils m'ont promis que je mourrais ici.

Akarin se tourna vers le vieil homme et le dévisagea. Ce ne fut pas la tristesse qui le prit à la gorge, c'est un sentiment qu'il avait depuis longtemps banni de son quotidien, c'était une pitié sincère.
- Pourquoi avoir fait une chose pareil si vous saviez ce que vous risquiez en trahissant le cartel ?

- Car cette cible était la femme que j'aimais. L'amour te fais parfois faire des choses cingl …

Un rire s'échappa des lèvres du jeune homme et interrompit la tirade du vieillard :
- L'amour, pouffa t-il. Vous êtes ridicule ! Les sentiments vous détruise et vous rende faible. Vous avez été faible, je suis …

- … dans la même merde que moi gamin ! Le coupa le vieil homme. Et contrairement à toi j'y suis parce que j'avais quelque chose à protéger. Toi qu'as tu à protéger ?

- …

Seul le silence répondit à la question du vieillard. Celle-ci venait de le frapper en pleine face et il se recroquevilla dans un coin de sa cellule et ferma les yeux pour essayer de gagner un peu de repos et oublier le vieil homme. Il se laissa sombrer dans des souvenirs lointain et plus agréable.

Spoiler:
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Akarin

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Re: L'Ombre de Alarya

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