Les Origines de la Légende.

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Les Origines de la Légende.

Message par Alrik le Dim 3 Juin 2012 - 20:57


LES ORIGINES DE LA LÉGENDE


Ce Rp conte l'histoire de la bataille de Scudo qui eu lieu bien avant que le pacte des cinq soit ratifié par les races de Geadrâs. Elle opposa les Nains et les Humains dans une bataille mémorable qui fit la légende de la cité de Scudo.


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Les trompes de Scudo vrombirent et firent s’envoler quelques créatures volantes apeurées par ce son étranger. Il retentissait à leurs oreilles comme le cri d’un prédateur et ne demandèrent pas leur reste pour s'enfuir à tire d’ailes. Certains, plus braves, s’immobilisèrent dans un battement d’aile stationnaire pour filer plus vite encore que leurs congénères lorsque le son retentit de nouveau. Sur le premier rempart de la citadelle fortifiée on s'agitait, des voix s’élevaient puis s'abandonnaient aux montagnes cernant la forteresse. Aux pieds de celles-ci piquait une falaise de plusieurs mètres jusqu’à une petite vallée rocheuse. On y distinguait aisément les colonnes de guerriers qui s’assemblaient en bordure d'un chemin sinueux menant à la ville du Royaume des Humains. Même de si loin les sentinelles les identifièrent rapidement comme étant des Nains. Seuls les Khuzûds se déplaçaient avec une telle majesté entre les pics rocheux. Bientôt une petite armée s’installa à bonne distance de Scudo tandis qu’un détachement plus mince s’aventurait vers elle. Après quelques instants de bruit et d’agitation les sentinelles distinguèrent les couleurs d’un cortège royal. Un représentant de la famille royale des Nains venait frapper aux portes de la citadelle. Soudainement un garde des remparts mis fin au défilé de soldats qui tenaient à voir la chose de leurs propres yeux.

- Retournez à vos postes ! Brailla l’homme pour se faire entendre. Sa voix résonna et se mêla aux trompes qui retentissaient toujours.

L’homme était d’une taille effrayante, même parmi les autres soldats. Sa musculature se devinait à travers l’armure sombre des phalanges Scudiennes qu’il portait. A son coté pendait une épée à la garde élégante qu’il tenait d’une main ferme. Parfois, elle venait heurter sa cuissarde droite dans un son mélodieux. L'éclat du soleil couchant se refléta sur les dorures de son plastron qui le démarquait un instant des autres hommes présents sur le mur. Son regard sévère et son air assuré inspiraient le respect et témoignaient de son grade. On se retournait sur son passage et un seul de ses mots avait permis à ce que le calme revienne sur les remparts. Tout en lui transpirait l'autorité et l'expérience. Il s'arrêta un moment face à la falaise et posa ses mains gantées sur un créneau. Son regard ambré se perdit en contrebas, là ou le contingent royale poursuivait son ascension vers la ville. Il prit une longue respiration et réajusta sa prise sur la garde de son épée. Dans son dos les soldats s'organisaient et en quelques instants l'expérience des Phalanges reprit le dessus sur la surprise. Une voix l'appela mais il resta encore un moment sur place avant de faire face à son interlocuteur.
Ce dernier avait l'apparence des pages-messagers assignés au premier niveau de la cité. C'était un jeune garçon qui ne devait pas avoir encore vu neuf hivers. Une tunique grisâtre lui serrait la taille et lui tombait à mi-cuisse. Un fin filigrane doré parcourait l'étoffe des manches jusqu'au cou, qu'un col ouvert interrompait. La peau claire de l'adolescent s'accordait avec les couleurs de ses vêtements et un sourire immense éclaira le tain de son visage. Un anneau d'or lui serrait la tête mais quelques cheveux d'un blonds éclatant tombaient en travers d'une paire d'yeux aussi lumineux que le ciel d'été. Le garde à l'armure dorée lui lança un regard sévère mais avant qu'il n'ai eu le temps de dire un mot le garçon se pencha par dessus un créneau en sautillant sur ses courtes jambes. Immédiatement une main solide l'empoigna par la peau du cou pour lui faire retoucher le sol, sous les plaintes du gamin.


- Lâche moi Zac' ! Je veux voir !

- Combien de fois faudra t-il vous répéter que les remparts ne sont pas une place pour vous ! le réprimanda l'homme.

Le garçon se dégagea de l'emprise du garde et le dévisagea en rabattant ses bras contre ses hanches.
- Je ne suis plus un bébé Zac'. Et puis tous les hommes en parlent. Les gens du troisième savent déjà que des Nains sont à nos portes. Il se rapprocha lentement du bord des remparts et jeta un coup d’œil en se mettant, cette fois, sur la pointe des pieds. Je voulais juste voir s'ils étaient plus petits que moi.

- Peu importe ! Un gamin n'a rien à faire là. Et plus encore s'il est le neveu du Duce. Votre père va être en colère quand il apprendra que vous vous êtes une nouvelle fois déguisé en page de la citadelle.

Le garçon lui lança un sourire discret avant de regarder à nouveau les Nains gravir la montagne. A nouveau la poigne du garde l'arracha à son observation.
- Il est temps pour vous de regagner le palais ou j'aurais des ennuis. Vous verrez des Longues Barbes un autre jour.

- Tu crois qu'ils vont nous attaquer Zac' ? demanda t-il en plantant ses talons dans la pierre pour résister au garde qui le poussait vers les escaliers du premier mur.

- Lieutenant ! héla l'homme en apercevant un soldat occupé à donner des ordres à des porteurs de flèches.

Entendant qu'on l'appelait il fit volte face et après une dernière recommandation aux hommes s'avança. Il portait une armure semblable à l'homme accompagnant le prince, à la différence que c'était des lueurs argentées que l'on percevait sur son plastron. De plus, il paraissait minuscule à coté de lui mais il avait la même assurance dans le regard que ce dernier. Ses longs cheveux roux se nouaient à l'arrière de sa tête et son visage était moucheté de tâche de rousseur. Il joignit les jambes et salua son interlocuteur.


- Commandant Zackyel ! Sur un signe de tête de son chef il se détendit et son regard alla du colosse au jeune page. Un sourire éclatant illumina son visage lorsqu'il remarqua qu'il s'efforçait de le conduire vers les escaliers. Je vois que quelqu'un à encore trouvé le moyen de fausser compagnie à ses gardiennes.

Le garçon cessa de se débattre et regarda le nouvel arrivant en fronçant les sourcils. Le lieutenant s'empressa de saluer avec respect.
- Prince Hélicon !

- Oui. Il devient urgent que le Comte nomme des personnes plus vigilantes à son éducation. Fais le raccompagner au troisième et faites en sortes qu'il y reste.

Il termina en poussant le prince vers le lieutenant qui déjà appelait deux soldats pour l'escorter.

- Je voulais juste voir des Nains, bougonna t-il. Vexé de se voir congédier ainsi il suivit les deux gardes en baissant la tête. Il espérait grandir plus vite pour enfin faire ce qu'il voulait. Très vite ses plaintes ne furent plus audibles et le lieutenant resta seul avec Zackiel qui s'était à nouveau retourné vers les Nains.

- A votre avis que veulent ils ? demanda t-il.

- Si leurs intentions étaient hostiles je ne pense pas qu'ils ce seraient donnés la peine de nous annoncer leur arrivée. Les Nains n'ont pas l'habitude de perdre leur temps en veine paroles lorsqu'ils partent au combat. En revanche je suis plus inquiet à propos de cet étendard royal. Si il signifie ce que je crois qu'il veut dire on ferait mieux de se préparer à recevoir quelqu'un d'important. En espérant que ce ne soit pas celui à qui je pense. Il n'a pas la réputation d'être très pacifique.

- Bah, peu importe ! Quelque soit ses exploits sur la frontière, se battre la bas et se battre ici c'est complètement différent mais vous pensez vraiment qu'il viendrait en personne ?

- Je ne sais pas. Mais qui d'autre viendrait nous narguer sous la protection des ambassadeurs et du pavillon royale ? Et puis Scudo brave la domination des Longues Barbes sur les montagnes. Je crois que nous serions comme un défi pour lui qu'il serait plaisant à relever.

- Vu comme ça ...

- Le Comte a t-il été informé ?le coupa Zackyel

- Oui. Il sera prêt à les recevoir dans la résidence du premier niveau quand il le faudra.

Zackyel parut réfléchir un moment. Il passa sa main sur son menton imberbe puis souffla.

- Je ne suis pas très emballé à l'idée de les faire entrer dans la cité. Je ne voudrais pas qu'ils profitent de ça pour repérer une quelconque faille dans nos défenses...

- Scudo n'a aucune faille ! tonna le lieutenant en bombant le torse dans son armure.

- Puisses tu avoir raison Dëclan. Puisses tu avoir raison.

*
* *

Les pas des Khuzûds raisonnaient et rythmaient l'avancée du cortège. Il était composé d'une vingtaine de guerriers en armure qui encadraient un des leurs monté sur un bouquetin des montagnes. Parmi eux, on pouvait apercevoir quelques arbalétriers et dix autres guerriers équipés de la même arme étrange. Presque aussi longue qu'une lance, deux lames courbes se joignaient en un manche assez large pour que l'on puisse la manier à deux mains. Une chaîne la reliait à la ceinture épaisse des Khuzûds qui n'avaient pour protection qu'un plastron doré, épargnant leurs bras nus. Si ces soldats n'avaient rien d'ordinaire leur meneur était encore plus étrange. En le voyant, on aurait dit qu'une peinture s'était échappé du tableau du peintre le plus minutieux. Il portait une armure à l'éclat sans pareil et chaque pas de sa monture en faisait briller une nouvelle partie. Elle se séparait en deux au niveau de la ceinture pour protéger ses cuisses et se rejoignait sur son torse pour former un solide plastron. Ses épaules nues étaient recouvertes par une épaisse fourrure noir et se confondait avec sa barbe couleur de nuit, parfaitement tressée. Une cicatrice discrète lui barrait l’œil droit et lui donnait encore plus d'autorité. Un heaume argenté cerné d'un anneau d'or lui tombait sur la tête. Dans son dos se croisaient deux armes semblables à celle de ses guerriers, que deux chaînes dorées rattachaient à sa ceinture. Le prince Skalladrin Croc-Dragon était reconnaissable entre mille de par ses armes et sa garde rapprochée, jugée comme étant les meilleurs guerriers de Rik Kazad. Les Croc-Dragon. À ses cotés se tenait fièrement un porte étendard sur lequel flottait les couleurs de la famille royale de Rik Kazad, il était lui aussi monté sur un bouquetin des montagnes.
Les portes de Scudo s'élevèrent bientôt devant eux et un sourire se dessina sur les lèvres du prince lorsqu'il aperçu les visages des quelques humains penchés par dessus les créneaux de leur muraille. La cité était d'un blanc éclatant et se détachait parfaitement de la roche des montagnes. Les murs de la ville avaient été travaillés à l'aide de magie elfique et Skalladrin se retint de cracher en apercevant les fines gravures qu'arborait la pierre. Conçu sur trois niveaux la forteresse était un des plus beaux édifices jamais construit par l'homme. Il fallait dire aussi que c'était un architecte de Rhunki qui en avait dessiné les plans. Les humains n'avaient fait que mettre en application les idées du Khuzûd. Ils ignoraient pourtant tout de l'art des runes et bien qu'esthétiques ces murs n'étaient rien en comparaison à ceux de la cité des Rois.
De là ou ils étaient ils ne pouvaient voir le sommet de Scudo mais on pouvait deviner le palais ducale trônant à l'abri de l'ultime rempart. Le cortège s'immobilisa et les Nains se campèrent sur leur appuis et se figèrent tel la pierre. Ils n'eurent pas à attendre longtemps avant que la voix sourde d'un homme se fasse entendre.


- Qui êtes vous ? Et que venez vous faire à Scudo ?

Le silence reprit ses droits et le porte étendard pris tout son temps pour se détacher de ses compagnons. Il sauta à bas de sa monture et vint planter son fanion quelques pas devant ses frères. D'une voix forte, puissante et mélodieuse il commença.

- Je suis Hegandor Barbe-Tempête, porte étendard de sa majesté le prince Skalladrin Croc-Dragon de la maison royale de Rik Kazad, fils ainé de notre auguste père le Haut Roi Cassiel. Le prince requiert audience auprès du Comte Palizon pour discuter d'une ... affaire des plus intrigantes.

Le héraut sourit sur ses derniers mots et croisa les bras sur son ventre rond. Le vent souffla l'étendard, qui claquait dans un bruit sourd à quelques centimètres de son visage dont on ne parvenait à discerner que les yeux et le nez tellement sa barbe était garnie. Ce trait de caractère était caractéristique de la maison Barbe-Tempête, une des principales grandes familles ayant assistées au premier Adwe Condo, conseil des clans.

- De quelle affaire voulez vous entretenir le Comte de la citadelle ? reprit la même voix depuis les hauteurs des remparts. Les Nains ne sont pas les bienvenus sur le royaume des Humains.

- Une affaire qui ne regarde que le Comte et sa majesté le prince. Il s'interrompit quelques instants et reprit de sa même voix mélodieuse. De plus, avec tout le respect qui est dû aux ambassadeurs, Geadrâs est Notre foyer et non celui des Humains.

- Misé...tenta d'injurier le héraut alors qu'une autre voix l'interrompait.

- Le Comte Palizon sera heureux de recevoir le prince héritier au trône du Haut Roi. L'homme qui venait de couper la parole du premier semblait immense perché sur le mur et Hegandor ne pu que saluer sa perspicacité devant l'affront que le héraut humain avait faillit commettre. Insulter une délégation aussi importante que celle-ci et c'était la guerre assurée. Pouvez vous nous assurer que vos intentions ne sont aucunement belliqueuses ? Reprit-il

- Nous ne trahirons pas les lois des ambassadeurs. Les Khuzûds n'ont qu'une parole. Et puis, nous ne sommes pas venus nous battre. Pas aujourd'hui ... ajouta Hegandor gonflé d'assurance.

Derrière lui les Croc-Dragon esquissèrent un sourire puis redevinrent parfaitement immobile attendant la réponse des Scudiens. Plusieurs minutes passèrent et les lourdes portes du premier mur s'écartèrent lentement dans un crissement de pierre contre la pierre.


- Entrez et soyez les bienvenus à Scudo, termina le colosse.

Bientôt les portes furent complètement ouverte et elles dévoilèrent plusieurs rangées de soldats recouvert d'un uniforme entièrement noir. La plupart avait en main des lances faisant deux fois leurs tailles tandis que les autres arboraient la tenu unique des archers, un carquois dépassant de leurs épaules. Le cortège se remis en marche dépassa le porte étendard qui sauta rapidement sur sa monture et se joint au groupe. S'ils avaient l'impression de se jeter dans la gueule du loup ils n'en laissèrent rien paraître. Quelques Khuzûds s'assurèrent que leurs armes pouvaient être tirées rapidement mais les autres se contentaient de regarder droit devant eux. Parmi eux Skalladrin murmura au héraut qui venait reprendre sa place à ses cotés. [/i]

- Que la partie commence.

Ce dernier pencha la tête vers le prince pour que lui seul puisse entendre leur conversation.

- Je continue à dire que tu n'aurais pas du venir altesse. Cette histoire pourrait mal finir et j'aime assez vivre tu sais.

- Cher Hegandor prions pour qu'ils soient suffisamment stupide pour nous attaquer. Prions mon ami, termina t-il dans un sourire qui dévoila ses dents d'un blanc éclatant.

Le porte étendard se redressa et poursuivit sa marche vers les portes. Il aimait le prince comme un frère mais son gout du risque ne l'avais jamais amusé. Silencieusement il pria Grimnir pour que ses Humains ne soient pas aussi idiots que ceux qu'ils avaient déjà rencontré.


*
* *

Le commandant Zackyel était resté simple spectateur de l'échange entre les hérauts des deux peuples et il n'eut pas besoin d'entendre son nom pour reconnaître celui qui se présentait à eux. La réputation du prince héritier n'était plus à faire chez les humains et tous savait combien il aimait la guerre et le sang. C'était lui qu'il avait craint de voir annoncé par la bannière royale. Il aurait préféré que ce soit le cadet adoptif du Haut Roi, avec lui il était possible de discuter. Du moins c'est ce que l'on racontait. En fait, il se serrait bien passé de voir des Naug aujourd'hui.
Il était resté parfaitement silencieux, jaugeant du regard chacun des guerriers de l'escorte royale. Mais à l'instant ou il senti que la conversation dégainerait, il intervint pour éviter tout conflit diplomatique. Ce n'était pas la peine de leur offrir une guerre sur un plateau. Il était sûr que c'était ce que les Nains attendaient par dessus tout.
Il jura en silence en prenant le contrôle de l'échange. Le porte étendard des Nains savait y faire et son assurance avait suffit à faire perdre la contenance des soldats postés sur les remparts. Les Humains étaient une race jeune, insouciante et encore trop facilement dupable. Le Nain se régalait dans son rôle d'orateur et se jouait des nerfs des défenseurs sans les offenser suffisamment pour entrainer un conflit.
Prudent Zackyel s'assura des intentions des visiteurs avant d'ordonner l'ouverture des portes d'un geste de la main. Immédiatement vingts hommes s'y attelèrent, dix par porte. Leurs muscles crièrent lorsqu'ils tirèrent sur le mécanisme à rouages de métal et de bois. Si d'habitudes quelques railleries volaient d'un groupe à l'autre pour savoir qui irait le plus vite, cette fois si ils restèrent silencieux. Aucun d'entre eux ne s'étaient imaginés devoir ouvrir les lourdes portes pour une délégation de Nains et tandis que les battants grinçaient la voix de Zackyel vint couvrir tout murmures des troupes alignées dans la cour du premier niveau.


- La moindre épée au clair, le moindre mot de travers à leur encontre et vous paierez cet affront de votre vie. Dit il en descendant des remparts.

Il se plaça devant ses troupes et attendit, la main serrant la garde de son épée.


*
* *

Au delà des rangées de soldats un petit groupe d'hommes et femmes observait les portes s'ouvrir et les guerriers Nains entrer dans la citadelle. Ils étaient une petite douzaine à attendre que le commandant Zackyel leur amène le prince héritier et des chuchotements flottaient entre eux. Au centre de cette délégation haute en couleur et richement vêtu ce tenait le Comte Palizon, frère cadet du Duce actuel. Le regard rivé sur les portes, son visage était teint d'une blancheur inhabituelle que ses cheveux blonds ne parvenaient pas à dissimuler. Un fin collier de barbe traçait une ligne clair sur son menton et le bas de ses joues. Le col haut de sa tunique bleutée lui montait presque jusqu'au menton et s'ouvrait jusqu'à sa poitrine, qui tombait dans un pantalon souple laissant les jambes de son hôte libre.
Il s'agita. Cela faisait une dizaine d'année maintenant qu'il dirigeait la citadelle militaire et jamais depuis ce temps là il n'avait eu à mener de combat à ses portes. Les murs devaient être suffisamment dissuasif pour prévenir ce genre de désagrément. Cependant, les Nains étaient du genre à aimer les défis jugés impossibles. Il y a quelques heures il avait été prévenu de l'arrivée d'un membre de la famille royale de Rik Kazad. Il n'avait d'abord pas su comment procéder mais avec les conseils avisés de son épouse et de ses ministres ils étaient parvenus à imaginer tous les scénarios possible. Quoi qu'il advienne le prince héritier ne devait en aucun cas subir d'agression, qu'elle soit physique ou verbale. Le comte ne voulait surtout pas voir toute l'armée Khuzûd monter à l'assaut de Scudo pour venger leur prince. Il avait fait préparer la salle de réception des hôtes du premier niveau, avait envoyé un faucon à son frère pour le prévenir de la situation et depuis n'avait fait que de ce ronger les sangs.
Et maintenant qu'il voyait le prince en personne il ne put empêcher ses jambes de trembler. À cet instant une femme d'une grande beauté vint se placer derrière lui et lui murmura des paroles qui se voulaient réconfortante.


- N'ayez crainte Comte, mes pouvoirs saurons vous protéger des dangers. Je vous soutiendrais si quoi que ce soit devait arriver.

À ses paroles ce dernier se détendit quelque peu et souffla en jetant un coup d'oeil de remerciement à la femme. Cette dernière portait une longue robe d'un rouge sombre, nouée autour de sa taille par une fine cordelette. Ses bras étaient laissés nus afin de lui garantir une large liberté de mouvement, seul un bracelet en forme de serpent tournoyait autour du droit. Ses cheveux noir de jet cascadaient sur ses épaules dénudées et son visage fin la rendait excessivement désirable. Elle appartenait à la caste des magiciens de Scudo et était assignée à la protection de la famille de Palizon. Subitement la femme aux cotés du comte la foudroya du regard avant de reporter son regard sévère sur ce dernier. Contrairement à la magicienne elle avait les cheveux grisonnant et une robe tachetée d'une dizaine de couleurs différentes soigneusement taillée dans un tissu de soie.

- Mon époux ne devrait pas se laisser distraire au moment de rencontrer de si important visiteurs, le réprimanda t-elle.

- Mon épouse est trop bonne et lui suis reconnaissant de me surveiller, répondit le Comte en regardant les Nains s'arrêter au centre de la cour hautement gardée.

Skalladrin Croc-Dragon et Hegandor Barbe-Tempête furent les premiers à passer les portes de la cité. Les deux Khuzûds s'avancèrent au plus prêt des hommes, Skalladrin leva le bras et tout ses guerriers s'immobilisèrent derechef en prenant leur air le plus menaçant possible. Le Comte Palizon fut impressionné par la prestance des guerriers Longues Barbes. Le commandant Zackyel s'avança et invita les khuzûds à le suivre.

- Skalladrin Croc-Dragon, Hegandor Barbe-Tempête, le comte accepte de vous recevoir. Que cinq de vos guerriers vous suivent les autres devront rester ici jusqu'à votre retour. Y consentez vous ?

Skalladrin hocha la tête en direction de ses guerriers et de son porte parole et immédiatement cinq d'entre eux firent un pas en avant pour escorter leur prince. Ce dernier sauta lourdement à bas de sa monture, puis hocha une nouvelle fois la tête, cette fois en direction de Zackyel.

- Bien ! Suivez moi.

Les Nains emboitèrent le pas au commandant qui traversèrent les rangées des Phalanges Scudiennes sans qu'aucun d'entre eux n'esquissent le moindre geste. Un affrontement de regard se déroulait entre eux et les Khuzûds restés en arrière. Le comte les vit s'approcher et s'éclipsa rapidement avec les nobles au sein du palais situé à quelque pas derrière eux. C'était un bâtiment somptueux. Une coupole immense avait été dressée sur le sommet de l'édifice que douze colonnes ondulées supportaient, esthétiquement disposée devant un mur au blanc aveuglant recouvert de gravures et sculptures. Les dirigeants de la ville disparurent soudain par une grande porte encastrée entre deux colonnes. Ils n'étaient restés à l'extérieur que le temps de constater que l'accueil des Nains se faisait sans embuche mais ne voulaient s'entretenir avec eux devant les soldats.
Quelques instants plus tard le commandant Zackyel suivit des sept Khuzûds entrèrent à leur tour dans le palais des ambassadeurs et les lourdes portes se refermèrent sur eux.


*
* *

Le palais des ambassadeurs était aussi impressionnant de l'extérieur que de l'intérieur et ne semblait avoir été battit uniquement pour accueillir les délégations de Geadrâs tout entier. Skalladrin étudia rapidement l'architecture du bâtiment et devina que cette pièce était l'unique de tout l'édifice. Il s'arrêta aux cotés du colossale humain, qui les avaient menés jusqu'au comte et ne put que s'imaginer combien il serait glorieux de combattre une telle montagne de muscle. Tandis que Hegandor venait se placer à ses cotés, les cinq de ses Croc-Dragons se tinrent un demi pas en retrait par rapport à eux. Au coeur de la salle ils semblaient minuscule mais la majesté de leurs postures inspirait crainte et respect. Le colosse s'inclina devant les nobles et s'éclipsa discrètement derrière une colonne, prêt à intervenir à tout moment.

- Amis Nains soyez les bienvenus à Scudo, accueilli le Comte de sa voix la plus mélodieuse en se levant de son trône. A ses cotés siégeait son épouse aux cheveux gris tandis que ses conseillers et ses gardes s'étaient dispersés à leurs cotés.

Hegandor s'avança à son tour et salua :

- Skalladrin Croc-Dragon est honoré d'être reçu dans votre somptueuse cité. Le prince hériter espère que votre entretien saura faire la lumière sur quelques obscures affaires.

Il s'inclina et recula pour laisser la place au prince alors que l'inquiétude se lisait déjà dans le regard du comte.
- Nous ne souhaitons aucunement créer de conflits supplémentaires de ...

- Qui vous parle de conflit Comte Palizon ? interrompit soudain la voix puissante et grave de Skalladrin.

- Je voulais dire que nous voulons garder de bons rapports avec nos voisins, reprit le comte en s'attrapant les mains dans son dos.

Skalladrin ne put s'empêcher de sourire dans sa barbe. Il savait que le comte Palizon n'était pas un homme courageux et qu'il pouvait le faire craquer très facilement.
- Vous souhaitez garder de bons rapports avec nous, dites vous ? reprit le prince héritier en embrassant du regard ses compagnons. Dans ce cas, peut être pourriez vous nous expliquer ce que viennent faire plusieurs escouades de vos Phalanges sur le royaume des Nains ?

- Nos phalanges ? Je ne vois pas de quoi vous voulez parler. Les phalanges Scudiennes ne bougent pas de Scudo.

Skalladrin toussa et reprit.
- Alors est-ce un hasard que nous ayons découvert les couleurs de Scudo sur les uniformes des soldats que nous avons interceptés dans nos montagnes ? Il fit un nouveau signe de tête vers Hegandor, qui s'avança aussi prêt du trône que les gardes le lui permirent. Ce dernier ôta de sa ceinture un sac de toile et l'ouvrit en laissant tomber son contenu. Des écussons aux couleurs de la ville apparurent dans un cliquetis métallique. Le comte devint aussi blanc que les murs du palais lorsqu'ils les vit et se retrouva comme muet. Et ce fut son épouse qui se dressa à son tour.

- Seigneur Skalladrin, salua t-elle. Pour quelles raisons aurions nous envoyés des phalanges sur vos terres ? Il est tout à fait évident qu'on a essayé de vous induire en erreur. Je le crains.

- Ce qui est tout à fait évident Ma Dame ce sont les intentions qu'avaient ces hommes. Les Nains ne sont peut être pas aussi doué que vos Maîtres le sont en magie orale mais nous ne sommes en aucun cas novice dans l'usage de cette dernière. Il n'a pas été difficile pour nos mages de Arkandrazkahl de percer les raisons de ces missions. Mais puisque vous ne paraissez toujours pas prêt à me le dire vous même alors je vais le faire. Pour tous les non Khuzûds, nos montagnes sont un défi et empêche la plupart de nos ennemis de parvenir jusqu'à nous. Vous avez donc organisez des missions afin de cartographier notre territoire pour faciliter une invasion des armées du Duce au printemps prochain. Est-ce selon vous le genre de choses que doivent faire de bons voisins ?

Un silence de mort plana au sein du palais. Le comte retomba sur son siège dans un soupire alors que la comtesse semblait bouillonner de rage.
- Vous et tous les vôtres êtes un poison pour cette terre. Le Duce à raison de défendre les Elfes contre vous et nous nous joindrons à lui dans sa quêt ...

- Modérez vos propos comtesse ! tonna Skalladrin. Derrière lui les Croc-Dragon avaient posés la main sur leurs armes. N'oubliez pas à qui vous parler. Je ne serais pas aussi indulgent que l'a été mon frère la dernière fois et vous ne me laissez pas d'autre choix. Nous vous avons laissé en paix à Scudo parce que vous ne vous étiez jamais montré hostiles envers nous mais aujourd'hui la situation est totalement différente. Les Khuzûds ne peuvent se permettre d'avoir des voisins belliqueux.

- Gardes ! cria la comtesse. Immédiatement des hommes surgirent de derrière les colonnes et tirèrent leurs épées en se dressant entre le trône et les Longues Barbes. Les Croc-Dragons furent encore plus rapide à réagir et empoignèrent leurs armes étrange imité par Hegandor qui lui pointait l’étendard royale sur les hommes.

- Vous déshonorez la maison Palizon Comtesse. Oseriez-vous bafouer les droits des ambassadeurs royaux ?

- Il suffit ! intervint le comte Palizon. Reculez tous ! Gardes, veuillez consigner mon épouse dans ses appartements jusqu'à nouvel ordre.

Cette dernière lui jeta un regard furieux et semblait prête à lui sauter à la gorge lorsque les gardes l'encadrèrent et la firent quitter le palais des ambassadeurs.
- Le comportement de ma femme est inexcusable. Vous devriez partir avant que les choses ne dégénèrent d'avantage.

- Vous parliez de conflit Comte Palizon ? répliqua Skalladrin. Désormais nous en avons un et c'est vous qui l'avez provoqué ! Je vous conseille de surveiller vos murs et de vous tenir prêt car ceci ne restera pas impuni, je vous le jure.




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Re: Les Origines de la Légende.

Message par Itrenog le Sam 9 Juin 2012 - 16:04

TL;DR:
Je viens foutre le dawa

Nj'arl fit rouler l'air en lui. Les tentacules de son esprit s'infiltrèrent dans la première énergie qu'elles rencontrèrent et en absorbèrent tout ce qui était utile. La puissance brute fut stockée dans un compartiment de son psychisme, véritable océan de magie en ébullition, en même temps qu'il filtrait les autres parcelles de la matière. Il passa au crible les souvenirs, les savoirs, et l'expérience, pour déterminer ce qu'il ne possédait pas encore et qui nécessitait de s'en emparer. Il se délecta particulièrement d'une réminiscence qui concernait une nuit torride passée en compagnie de deux superbes catins, et en suça la moindre goutte de plaisir. C'était quelque chose qu'il n'expérimenterait jamais, alors autant le vivre à travers les yeux de cet humain qui avait eu le malheur de croiser sa route.
Nj'arl expulsa l'air. Il classa méthodiquement chaque morceau constituant l'esprit qu'il éviscérait de ses griffes mentales, prenant plaisir à constater avec quelle facilité il pouvait le moduler et le modifier. D'abord, il rangea les savoirs et l'expérience par catégorie, chacune avec une sonde identifiable dès la première introspection pour faciliter l'accès aux informations, puis les souvenirs par sensations, afin qu'il puisse en profiter dès qu'il lui prendrait l'envie de ressentir comme un Samathiës. Cette étape cruciale lui permettait de concentrer un maximum de connaissance en un minimum de place, et ainsi devenir une véritable encyclopédie vivante.
Nj'arl imprima un nouveau mouvement, circulaire cette fois. Il se concentra enfin sur le magma d'énergie qu'il possédait afin de de pouvoir l'assimiler correctement. Il se laissa porter par ses flux inconstants et brutaux, pour être le plus en phase possible avec, pour pouvoir la comprendre et composer avec au lieu de la rejeter. Chaque part unique qui composait ce bloc de puissance pure passait par lui sans lui faire de mal, et il en sourit d'aise. Puis, il ajouta l'essence qu'il venait d'extraire et la laissa se diluer dans l'abime qui composait le cœur de son existence. Il l'observa gonfler par endroit, se creuser à d'autre, presque avec l'amour que pourrait éprouver une mère en posant les yeux sur son nouveau-né, et finalement repousser lentement les barrières qui étaient celles entourant cette part de son esprit. La colère qui était sienne fit irruption, voulant drainer et utiliser cette vigueur nouvellement acquise, comme c'était le cas à chaque fois, mais il ne fit rien pour la repousser. Il s'en accommoda, et utilisa même cette nouvelle source pour alimenter son feu intérieur, sans toutefois se laisser dominer par lui.
Quand son esprit ne fut plus qu'une montagne inébranlable, ordonnée et massive, Nj'arl reflua longuement cet éther dont il n'avait pas besoin, mais qu'il continuait d'utiliser, appréciant l'effet apaisant que ce simple va-et-vient pouvait avoir sur lui.

-Celui-là était faible, conclut-il, Je devrais être plus sélectif.

Et il retourna à son macabre jeu, jusqu'à ce qu'enfin, l'ouragan de rage qui l'habitait ne se tarisse et disparaisse pour laisser place à la contemplation et à une force tranquille.
Plus tard, un roulement de pierre se fit entendre, suivit de pas lourds se posant un sol caillouteux dénué de la moindre once d'eau.

-Elle est là, annonça une voix forte, portée par l'écho de la caverne.

Nj'arl ouvrit les yeux. Interrompu à la phase cruciale, il venait de perdre prise avec l'esprit de l'elfe qu'il tentait d'assimiler. Quelques lunes auparavant, il se serait déchainé sur l'importun, l'aurait réduit à un tas fumant de braise que le vent aurait porté à ses narines frémissant de l'excitation du meurtre, mais pas aujourd'hui. Aujourd'hui, il était reposé, calme, et parfaitement maître de lui.
Le démon face à lui était une véritable colline de muscles noirs, saillants et noueux, portant à plus de cinq toises une tête percée de deux énormes cornes semblables à deux racines géantes dont le bout était constamment porté à braise. Sa face était déchirée de deux rangées de dents larges, donnant l'impression qu'il souriait tout le temps d'une manière grotesque et insultante, et un casque de fer à pointe masquait le haut de son visage, yeux compris. Une épaisse queue pendait derrière lui, laissant une trainée bouillante sur son passage, et ses bras étaient si lourds, si larges, que le démon était obligé de se pencher en avant et de marcher à quatre pattes pour garantir son équilibre. Du reste, il était nu, laissant visible sa peau épaisse et charbonneuse, avec quelques chaines entourant des pointes de laves jaillissant de ses épaules, telles les vestiges d'une prison désormais annihilée.

-Tu m'as interrompu, dit Nj'arl, sur un ton qu'il voulait neutre.

-Je m'en moque, rétorqua le démon en frappant le sol de son poing colossal, Tu n'es pas Omerädies, alors ne me provoque pas avec ta fausse arrogance.

Nj'arl ferma les yeux. Fausse arrogance ? Il faudrait faire payer l'impudent, mais plus tard. Aujourd'hui, il y avait plus important à faire.

-Très bien, laissa-t-il tomber, las, Fais-la venir.

-Fais le toi-même.

Nj'arl leva une paupière. Il pouvait encore s'amuser. D'une impulsion, il distordit les flux de magie l'entourant, et une colonne de feu étreignit le démon qui se tenait face à lui, avant de le soulever de plusieurs pieds dans les airs.

-Je devrais te tuer, Berhn, pour ton insolence. As-tu oublié qui je suis ?

-Ah ! Tu oses m'attaquer avec du feu ? C'est le feu qui m'a donné la vie !

Berhn secoua son corps titanesque pour tenter de se dégager, faisant cliqueter les maillons de métal qui commençait déjà à fondre, mais il resta irrémédiablement suspendu, et seule sa queue avait réussi à se libérer de l'étreinte rugissante. Il souffla comme un bœuf, et la température interne de la caverne grimpa en flèche. Les murs gris déjà sec se fissurèrent et craquèrent horriblement autour de lui. Nj'arl sourit en imaginant que les craquelures représentaient le visage de la pierre se tordant de douleur, tandis que les grondements résonnaient à ses oreilles comme autant de hurlement décharné du mal qui glissait sur le minéral en le soumettant à un supplice innommable.

-Il est temps que tu te rappelles que tu n'es plus en Inferës
, souffla-t-il calmement, Ici, je contrôle tes mouvements et ta vie.

Nj'arl raffermit sa prise, arrachant un grognement sauvage à Berhn, qui redoubla d'effort pour se débarrasser du serpent embrasé, en vain.

-Lâche-moi, aboya-t-il, écumant de rage, Lâche-moi ou je jure que je te...

-Que me ferais-tu ?, coupa Nj'arl en durcissant d'avantage son contrôle sur le ruban de feu, Te jeter sur moi en hurlant ? Tu serais détruit avant même d'avoir pensé à le faire. Alors ravale ta colère, je te prie.

Berhn resta silencieux et cessa de se débattre. La menace était futile, mais elle fit son effet. Nj'arl lâcha le démon qui tomba rudement au sol, et celui-ci roula ses épaules massives pour chasser la douleur qui courrait encore dessus. Avec grondement sourd, il s'éclipsa pour chercher celle qui les attendait, et le silence retomba dans la grotte.

Nj'arl avait adopté une forme plus naturelle pour accueillir son invitée. D'ordinaire il n'était qu'un brouillard de particules confus troué de deux rubis brillant, appréciant la liberté que cette apparence lui conférait, mais aujourd'hui, il devait faire un effort. Il puisa dans une fraction de mémoire qui tombait sous ses griffes, et se résolu à se transformer. Le nuage qu'il était tourbillonna, et se changea en une créature massive à la peau cendrée, de neuf pieds de haut, aux cornes larges plaquées à l'arrière de son crâne, et aux membres trapus. C'était grotesque, brutal, un véritable condensé de sauvagerie, mais suffisant pour le moment.
Alors qu'il peaufinait les derniers détails de son apparence, la roche face à lui se fendilla pour laisser place à une trouée d'où sortit Berhn suivit d'une N'Elfir qui se dirigeait dans sa direction. Nj'arl en frissonna d'excitation.

-Collecteur, salua la N'Elfir sur un ton aussi froid que son visage, Est-ce une insulte que de ne pas me recevoir sous ton vrai visage ?

-Tu me connais donc de nom, constata Nj'arl, amusé, Et tu sais aussi à quoi je ressemble ? Les tiens sont vraiment pleins de surprise. Je me rappelle bien d'une Ombre qui te ressemblait, et que j'ai rencontré il y a peu. Sous son apparence austère, elle cachait une vitalité particulièrement... savoureuse.

Le démon imita un sourire de convenue. Celle qui se tenait face à lui n'avait rien à lui envier toutefois, avec ce buste relevé et ce port impérial justement mis en valeur par une tenue de combat souple en cuir clouté, laissant ce qu'il fallait de visible pour faire frémir n'importe quel homme. Même son teint violacé ainsi que ses oreilles longues et effilées à la perfection, complétait à merveille le tableau qu'était son visage, encadré de cheveux dont la noirceur laissait penser qu'ils absorbaient la lumière les entourant. Nj'arl dut faire un effort colossal pour ne pas se jeter à l'assaut de la créature de rêve qui se dressait face à lui, le narguant par sa seule présence, et se délecter de son essence. Assurément un corps comme celui-ci ne laissait que de bonnes appréciations sur ce qui le composait à l'intérieur.

-Un marché, dit simplement la Sombre.

-Avec un Anthaniës ?, s'enquit Nj'arl, fasciné, Tu es sûre ? Je n'ai pas l'habitude de faire les choses gratuitement, et mes prix sont généralement très élevés.

-Tout comme tes pouvoirs. Et c'est pour cela que je viens te voir.


Nj'arl ne répondit pas. Intimider une N'Elfir ne mènerait à rien, il le savait pertinemment, mais l'asticoter suffisamment lui permettait de découvrir jusqu'où allait sa motivation. Il aurait été dommage de devoir la poursuivre pour lui faire payer un contrat non respecté. Dans une bourrasque violente, il reprit son apparence, et vint se placer face à la femme. Ses iris sombres fixèrent sans ciller ce qui se tenait devant elle, même lorsque des vaguelette d'énergie noire l'entourèrent et lui frôlèrent les bras.

-Alors je t'écoute. De quoi as-tu besoin ?

-Le fils du comte Palizon.

-Le petit Hélicon, n'est-ce pas ? Si mes souvenirs sont exacts, et ils le sont toujours, il est actuellement sous la tutelle d'une arcaniste. Est-il donc mage en devenir pour t'intéresser à ce point ?

-Mes intentions ne regardent que moi.

-Et je suppose que les enchantements elfiques tissés dans les murs de la ville t'empêchent de t'en approcher...

-Acceptes-tu ?

Si le démon avait pu sourire, il l'aurait fait. Cette femme l'émoustillait de plus en plus, il devait l'admettre, avec sa prestance presque royale et sa façon insolente de répondre à ses questions. Il préféra donc se concentrer sur l'évaluation de la situation pour éviter d'engager la Sombre dans une rixe qu'il aurait tôt fait de provoquer. Les Longues Barbes étaient arrivés devant la ville depuis quelques heures déjà, et ils s'étaient positionnés dans un camp sans pour l'instant esquisser un seul geste d'agressivité. Nj'arl se doutait néanmoins que quelque chose se tramait. On n'envoyait pas une force de frappe aussi importante simplement pour un ambassadeur, fusse-t-il le prince en personne, et son immense expérience lui permettait de deviner la suite des évènements avec une précision non négligeable. Ne lui restait plus qu'à tirer parti des évènements, et pourquoi pas, amasser quelques mémoires supplémentaires en se distrayant un peu. Même si l'esprit des Nain était aussi dur que la pierre qu'ils vénéraient, il y avait un certain plaisir non feint à voir leurs petites jambes porter ce semblant de viande poilue, tandis qu'ils rôtissaient dans leurs armures.

-Très bien, lâcha-t-il enfin, J'accèderais à ta demande. Souhaites-tu désormais connaître mon prix ?

-Je me doute de ce que vous allez me demander.

Nj'arl ondula de plaisir et s'approcha de la N'Elfir.

-Alors le Pacte est scellé. Moi, Nj'arlëitrhromos, dit le Collecteur, le Mille-Visages, l'un des Premiers, et toi, Innomée au sang de glace, reniée du monde, et noyée dans l'Ombre, avons désormais nos vies liées par l'Anima qui coule en nous. Que l'un d'entre nous n'honore pas son marché, et il sera traqué, que l'un d'entre nous ne meure avant son accomplissement, et il sera damné. Ainsi a parlé Arvarth, et ainsi l'Anima sera notre juge.

Tout en parlant, il s'enroula autour de l'elfe noire, et son corps tourbillonna autour d'elle. D'abord avec une lenteur presque exagérée, pour profiter le plus possible de l'instant, puis avec plus de force, sans toutefois que ses perles lumineuses constituant ses yeux ne lâchent celle qui venait de signer avec lui un Pacte les liant par delà la mort. La Sombre mêla son énergie avec lui pour lui donner une substance et une forme, et leurs esprits se touchèrent. Nj'arl se laissa bercer un instant par ce moment fugace qu'il préférait plus que tout, le moment de la découverte avant l'absorption pure, le moment de la première fois qui caractérisait chaque nouvelle rencontre, et il se lança. Dans les ténèbres de la caverne, Berhn trembla face à la monstruosité de ce qu'il se passait devant lui, et la N'Elfir hurla jusqu'à ce que sa voix ne soit plus qu'un murmure perdu dans le nuage d'encre qui l'entourait.

*
**

A travers les yeux noirs du corbeau qu'il était, Nj'arl observa la ville de Scudo encastrée dans un amas de roche sombre, comme l'unique dent brillante d'une mâchoire de géant que constituait les pics l'entourant. Ses murs de près de deux cent cinquante pieds de haut, miroitant sous le soleil comme des milliers de petites pierres précieuses, séparaient ses trois niveaux d'habitations du campement nain, disposé de part et d'autre de la vallée qui serpentait jusqu'à la porte principale de la cité. Des étendards flottaient sur les murs d'enceinte à intervalle régulier, et des archers en faction dardaient un œil méfiant sur ceux qui étaient postés en bas des murailles de pierre blanche. Le démon s'amusa de ce spectacle. Il se laissa descendre paresseusement sur un courant d'air descendant, se posa au sommet d'un échauguette, et avisa un groupe de Nains qui entrait dans la ville. D'un rapide coup d'œil, il reconnut le prince Skalladrin, connu pour être un commandant belliqueux et brutal, mais aussi profondément méthodique quand il s'agissait de mener une bataille à son terme, et aussi Hegandor, dit Barbe-Tempête. Il avait sur lui une mémoire rafraichissante incluant quelques produits de contrebande et l'élimination d'un groupuscule marchand ayant refusé de payer une part d'un contrat juteux, ainsi qu'une petite affaire de corruption pour étouffer l'affaire. De quoi lui couter plus que sa place en tant qu'ambassadeur de son altesse Croc-Dragon. Mais Nj'arl n'avait que faire des deux Nains pour le moment. Il prit son envol, et dessina de larges boucles dans le ciel, alors qu'une escorte de détachait pour se diriger au sein d'un bâtiment surplombé d'un immense dôme doré. Après un rapide tour des lieux, il amorça sa descente, et se posa sur une fenêtre qui perçait le mur du Palais des Ambassadeurs. D'un coup de bec, il jugea la solidité de la verrerie face à lui, et se résolut à ne pas forcer le passage. Au lieu de cela, il effectua une seconde ronde, jusqu'à trouver une fine embrasure à même la coupole qui permettait à l'air de circuler librement. Il ramollit la consistance de son corps jusqu'à ce que ses os et ses muscles ne soient plus qu'une pâte ductile, et s'infiltra lentement dans un bruit de succion. Cette expérience lui rappelait toujours comment les goules pouvaient déformer leur propre amas d'énergie, et même celui de leur environnement, afin de se déplacer partout en toute circonstance, même glisser sur l'air comme sur du beurre.

En bas, la discussion monta en ton et s'envenima, au point que tous tirèrent leurs épées au clair dans un affreux récital de grincement suraiguë et que de vives menaces furent proférés de la part des deux partis. Nj'arl observa la scène avec amusement. La discussion avait été un concours de poison craché à la face de l'autre, aussi grossier que la face burinée du Haut-Roi Balran en son temps, et la conclusion était donc tout sauf inattendue. Une bataille allait avoir lieue. Mais ce n'était pas cela qui divertissait le plus le démon. De sa position, il voyait très nettement le jeune Hélicon, caché derrière un replis de rideau, qui observait la scène avec des yeux ronds. Comment était-il arrivé là demeurait un mystère, surtout si l'on savait qu'une seule entrée donnait sur le Palais et que nul ne l'avait franchie depuis l'arrivée de la délégation naine.
La magie affluait d'une façon particulière autour du garçon, en particulier le flux Ub'xis qui filtrait à travers lui sans entrave. Nj'arl croassa, pris d'une ivresse soudaine. Voilà donc ce qui intéressait tant la N'Elfir. Il l'avait presque deviné de ses pensées les plus récentes, mais les barrières psychiques de la Sombre l'avaient maintenu à l'écart de la globalité du sens de sa mission, et il n'avait pas eu le temps des les détruire comme il aurait voulu le faire. Mais plus encore que cette particularité, l'enfant portait en lui une tare d'origine sombre, comme une cicatrice sur la peau, qui ne pouvait signifier qu'une chose. Sa vie ne lui appartenait déjà plus.

Après quelques minutes d'un silence pesant, le groupe de Nains quitta le bâtiment après une ultime déclaration de guerre, et plus personne ne parla. Nj'arl jeta un dernier coup d'œil à la scène, et sauta dans le vide. Il se laissa planer jusqu'au centre du bâtiment où se tenait quelques temps auparavant le prince Skalladrin, et piailla. Ni les gardes, trop occupés qu'ils étaient à se remettre de leurs émotions, ni le comte et la magicienne parlant vivement pour préparer la suite des évènements et la défense de leur cité, ne lui prêtèrent la moindre attention. Alors il recommença, une fois, puis deux, jusqu'à ce que son cri fut assez fort pour résonner entre les murs du Palais. D'abord, des regards interrogateurs se tournèrent vers ce volatile qui venait perturber une discussion importante, puis une voix chargée de la condescendance typique de ceux qui pensaient connaître la moindre parcelle de la magie, alors qu'il n'en était rien, retentit.

-Qui a laissé cet oiseau pénétrer dans le Palais des Ambassadeurs ?

Aucun des soldats ne répondit, ne sachant trop comment réagir, et Nj'arl couina encore, pour se moquer cette fois-ci.

-C'est étrange, laissa échapper le comte en se penchant en avant sur son siège, Je n'avais encore jamais vu de corbeau dans ces montagnes.

-Et pourtant, répondit l'animal, l'habitat du Grand Corbeau comprend bel et bien les régions escarpées comme celles-ci.

Un voile de peur peignit l'ensemble de la pièce en entendant des paroles sortir du bec noir du corbeau, alors que celui-ci piochait dans une pensée pour adopter une forme plus conventionnelle, celle d'un elfe de haute taille aux cheveux d'ébène, vêtu d'une simple chemise de nuit verte pâle et de chausses noires. Les gardes glapirent un à un avant de se ressaisir et de pointer une forêt de d'acier trempé en direction du nouvel arrivant.

-Paix, mes amis, paix, apaisa Nj'arl d'une voix douce, Je ne viens pas en ennemi.

-Alors que vient faire un démon au sein de notre cité ?, questionna la même voix méprisante de tout à l'heure.

Nj'arl pencha sa tête sur le côté pour regarder celle qui venait de parler. Une mage agréable à l'œil, le nez droit, la bouche fine, le teint halé, habillée d'une robe andrinople glissant sur sa peau sans anicroche, se plaçait devant le comte en levant les mains dans devant elle en signe de défense. Le démon savait que la femme avait ressenti son aura particulière pour l'identifier en temps que membre du Peuple de Feu, et il se délectait de voir onduler le flux Qweld de l'Anima autour d'elle, même si il était sûr qu'à cause de son éducation limitée par les dogmes du Duome, elle ignorait probablement tout des cinq plans et donc, de son affinité particulière avec l'un d'entre eux. Cette avance de savoir qu'il appréciait posséder en toute circonstance le grisait chaque fois qu'il y pensait, et cette mage ne ferait pas l'exception qui le tromperait, du haut de ses trente printemps tout juste fleuris.

-Cher comte, dit Nj'arl en relevant le menton, laissez-vous donc toujours vos catins sortir des bordels pour traiter vos invités de la sorte ? Vous me décevez.

Alors que la femme s'apprêtait à répliquer, le comte la réduisit au silence d'un geste de la main.

-Qui êtes-vous ?, demanda-t-il sans perdre constance, Répondez, ou subissez le fer de mes Phalanges.

Nj'arl passa en revue ceux qui l'entouraient, et malgré la discipline mécanique qui les maintenait immobile, il pouvait lire sur leurs visages poisseux de transpiration le conflit interne qui se déroulait dans leurs esprits entre la crainte du surnaturel et la volonté de protéger leur seigneur et maître. Tous étaient si jeunes, si faibles, que d'un souffle, il aurait pu les anéantir et réduire leurs nobles desseins à de petits gargouillis étouffés avant de se gonfler de leur vitalité. Mais après une seconde de réflexion supplémentaire, il se dit que tout cela n'en valait pas la peine. Le bénéfice qu'il pourrait en retirer serait bien trop faible comparativement au coût qu'engendrerait un acte belliqueux. Il laissa donc passer sa faim, et répondit au comte.

-Je porte bien des noms, comte Palizon, mais bien peu sont connus dans vos contrées si proches du ciel. Pour le bon déroulement de cet échange, je vous propose de m'appeler Eärin, car ainsi est celui que je suis pour l'instant.

-Sire, glissa la magicienne à voix basse, Vous conversez avec un démon. Permettez moi de lui régler son compte avant que les choses ne deviennent incontrôlables.

-Elles le sont déjà pour vous, lança Nj'arl qui avait entendu l'échange, Mais je ne vous causerais pas plus de tort que vous n'en ayez déjà fait, comte, n'ayez crainte.

-Que signifient ces accusations, tonna Palizon, Je ne tolèrerais pas que l'on m'insulte dans ma demeure !

Autour de Nj'arl, les soldats avaient esquissés un mouvement de rapprochement, afin d'embrocher au plus vite celui qui risquait de les maudire d'un sort funeste. Le démon en pouffa d'amusement, mais se retint d'agir.

-Comte, répondit-t-il, Pourquoi le nier ? Votre maison ignore-t-elle donc comment le heureux hasard qui vous a catapulté à la tête de Scudo a eu lieu ?

-Comment osez-vous vous adresser ainsi à notre seigneur, menaça à son tour la femme.

-Mais enfin, très chère, regardez-le. Il mouille son pantalon car il craint que l'heure de payer ne soit arrivée. Cela expliquerait pourquoi il s'est emporté contre ma personne aussi rapidement. Ou bien la certitude de livrer bataille lui fait-elle perdre ses moyens ? Les humains sont si sentimentaux...

Sur son siège, Palizon se décomposait à vue d'œil. De sa respirations saccadée à la rougeur qui grignotait ses joues, en passant par un front qui se couvrait de perles de sueur, tout indiquait une panique subite qui menaçait de lui faire perdre connaissance d'un moment à l'autre. Nj'arl décrocha un rictus de jouissance en continuant.

-Mais quoi de plus normal, après tout. Il fallait s'y attendre, comte, un Pacte est un Pacte, et je vous propose de l'honorer dès maintenant. Allons, approche petit Hélicon.

L'horreur étreignit le compte quand il vit son fils quitter sa cachette pour se diriger vers lui. Le garçon ne semblait pas du tout effrayé par ce qu'il voyait. Au contraire, il était fasciné, comme s'il venait de découvrir la chose la plus surprenante du monde, et fixait avec intensité l'elfe entouré de gardes.

-Hélicon !, gronda le comte, en tentant de garder le contrôle sur ses nerfs, Qu'est-ce que tu fais ici ?

-Il se passe quoi, papa ?

Le sourire de Nj'arl s'élargit en constatant la témérité du jeune enfant. Il décortiqua la tare glissée dans le creux de son ventre, et en lu toute la chronologie, du scellement à la potentielle libération, et même la punition qui attendait ceux qui ne respecteraient pas le Pacte.

-Ah. Alors ton père ne t'a pas raconté cette berceuse-ci ? Elle est passionnante. Celle dans laquelle un homme jaloux de son aîné ira jusqu'à promettre la vie de son premier-né en échange de pouvoir et de richesses. Cet homme, malin jusqu'à la moelle, prendra toutes les précautions pour éviter de donner naissance à cet enfant qu'il devra céder, espérant ainsi ne rien avoir à payer. Mais il ne pourra malheureusement l'empêcher toute sa vie durant.

-On dirait une histoire de chevalier de maman, se réjouit Hélicon.

-C'est vrai. Et tu veux savoir le plus beau dans tout cela ?


Nj'arl projeta sa voix à l'oreille de l'enfant, de telle sorte que lui seul puisse entendre.

-C'est toi le héros de cette histoire.


-Il suffit !

Le comte s'était redressé d'un seul bond , et sa voix avait éclaté le stoïcisme des gardes qui en tressaillirent de surprise. La magicienne elle-même en eut un mouvement de recul, et Palizon prit son fils par les épaules comme pour le protéger de l'influence du démon.

-Ce marché ne devait aboutir qu'après dix ans de son existence. Vous ne pouvez pas réclamer ce qui ne vous appartient pas encore.

-Vous essayez de gagner du temps, cher comte. Je voulais seulement vous éviter de souffrir une année supplémentaire en sachant que vous ne reverrez jamais votre fils quand l'heure serait venue. Mais vous avez raison. Permettez-moi de vous proposer autre chose, dans ce cas. Donnez-moi votre enfant, et je vous promets le soutien des miens durant la bataille qui s'annonce.

-Les vôtres ne savent que répandre le sang et la trahison !

-Je comprends ce que vous ressentez, soupira Nj'arl, Nous avons un passé sanglant, mais sachez que je suis plus loyal que mes frères d'en dessous. Et si vous me confiez Hélicon, je serais peut-être à même de le sauver.

Cette fois-ci, le comte fut plus réceptif à l'argument. Nj'arl sut qu'il avait fait mouche quand il vit l'homme serrer plus fort les bras de son fils, de crainte de le voir disparaître sous ses yeux.

-Expliquez-vous, ordonna-t-il, d'une voix presque tremblante.

-Sans pouvoir annuler le Pacte, je suis capable de le modifier. Je peux transférer la tare de votre fils vers un autre enfant, et c'est celui-ci qui sera pris le moment venu. Il vous suffira de le considérer comme votre fils, et ainsi, votre part du marché sera respectée.

-Sire, interrompit la magicienne, il ne découle jamais rien de bon à pactiser avec un démon. Laissez-moi avec votre fils, et je trouverai un moyen de le libérer.

Nj'arl eut une exclamation moqueuse face à tant d'arrogance. La femme avait beau être admirable par son physique, elle méjugeait de loin la magie qui était à l'œuvre lorsqu'un Pacte était contracté.

-Votre fils est perdu si vous pensez qu'une piètre humaine saura le délivrer, se gaussa-t-il, Vous ne pourrez pas le libérer, mage, personne ne le peut. Et si vous tentez de le faire, toute la lignée de votre seigneur sera maudite, toute sa descendance souffrira de démons pour l'éternité. Ce que je vous propose est une alternative autrement plus subtile, une façon de détourner la magie d'un Pacte sans la froisser. Votre fils sera plein de santé, et vous aurez une armée prête à vous aider à défendre votre ville.

-Et qu'en tirerez-vous, démon ?, questionna brutalement la magicienne.

-La satisfaction d'avoir aidé une famille dans le besoin, évidemment. N'essayez pas de comprendre mes motivations, mage, elles vous dépassent à un point que vous n'imaginez même pas.

Son ton se fit plus mélodieux alors que Nj'arl terminait son réquisitoire.

-Bien sûr, comte, le choix est votre. Quoi que vous décidiez, je ne m'y opposerais pas, et me retirerais dans la paix. Vous avez ma parole.


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Itrenog

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