Aderthad

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Message par Erylis le Mer 3 Fév 2010 - 13:11








Erylis s’enfonçait dans la forêt, éclairée par les milliers de rayons lumineux perçant la foule de feuilles au sommet des grands arbres. Elle avait rabattue la capuche sur sa tête, et seules de longues mèches blanches encadraient son visage pâle et serein. La neige craquait sous ses pieds et un mince filet de fumée s’échappait de ses lèvres violacées, étirées en un sourire énigmatique.
Elle ignorait la raison de son voyage. Ce n’était pas la première fois qu’elle partait sans but précis, uniquement pour le plaisir de découvrir la Forêt, plus loin encore que sa cité Eldmondrielle, capitale du Royaume elfique. Mais cette fois-ci, c’était différent. Au plus profond d’elle, elle sentait comme de la brume, qui peu à peu prenait possession de son corps. Et semblait…la pousser en avant. Comme si, quelque part sur la terre, quelqu’un ou quelque chose l’attendait. Depuis toujours. La nuit, parfois, elle croyait discerner un cœur battre. Non le sien. Celui-ci battait différemment. Et une présence, non à ses côtés mais en elle. Au plus profond de son âme. Et la veille, un cri. Un appel à l’aide. Un jappement étouffé.
Et la douleur.
Elle n’avait pas hésité et s’était mise en route. Hormis la brume qui demeurait, aucune voix n’avait plus résonné dans son esprit.
Elle s’arrêta soudain. Une silhouette se distinguait au loin. Familière. Quelque chose sembla s’éveiller doucement en elle. Elle avança de quelques pas, pour s’arrêter de nouveau. Non, c’était beaucoup plus gros. Bien trop sombre pour que ce soit…L’animal surgit de derrière les fourrés. Aussi large que haut, les muscles saillants, prêt à bondir, un Houp geampt s’approcha. Erylis tressaillit. Elle n’en avait encore jamais vu de ses propres yeux, et jamais elle n’imaginait une créature aussi grosse. Son pelage d’un noir de jais, en bataille, les crocs acérées dégoulinant de salive, des yeux jaunes vifs et perçants. Tout faisait de lui un prédateur parfait, rapide, et efficace.
Il poussa un grognement puis bondit.
Erylis, aussi vive que l’éclair, bondit à son tour et crocheta une branche sur laquelle elle se hissa. Comme elle s’y attendait, il revint vite à l’attaque et arracha la branche, plutôt épaisse, d’un coup de pâte. La jeune elfe en avait saisie un autre, et gagna plusieurs mètres. Ici, les branches étaient beaucoup plus fines. Assez grosses pour supporter son poids, et bien trop fines pour celui de l’animal. A peine posa-t-il ses griffes dessus qu’elles craquèrent sous son poids et il bascula en arrière. Puis tenta, à plusieurs reprises, de remonter dans l’arbre. Pour dégringoler de nouveau sur le dos avec un couinement de douleur. Il fit plusieurs fois le tour de l’arbre en grognant, aboyant, abattant ses pattes immenses sur le tronc mais rien n’y fit. Jamais l’arbre ne s’affaisserait, et jamais Erylis ne tomberait. Le Houp geampt le comprit et, avec un dernier grondement haineux, il s’enfuit dans les fourrés.
La jeune elfe, perchée en haut de l’arbre, attendit plus de ving minutes avant de poser le pied au sol. Sa main n’avait pas quitté le manche cuir de la fine dague qu’elle emportait toujours à sa ceinture, sans jamais s’en servir. Quelque prédateur redoutable que ce soit, c’était une créature de la Forêt, choisie des Dieux, et dont la vie, comme celle de chaque être vivant peuplant la terre, ne méritait pas d’être arrachée sans raison.
Pas de sa main.
Erylis reprit sa route, sur ses gardes, plus tendue et raide que jamais. Elle croisa bientôt d’autres créatures, inoffensives cette fois-ci, et s’apaisa petit à petit, jusqu’à de nouveau se fondre dans la profondeur de la Forêt. Lorsque la nuit tomba, elle dénicha un arbre au tronc massif dont les épaisses racines couvertes de mousse lui offrait une couchette acceptable. Avec un soupir d’aise, elle s’y allongea et rabattit la capuche son visage, ferma les boutons de sa cape et fixa un long instant les étoiles qui brillaient dans le ciel, déchiffrant les constellations d’un air songeur. Puis s’endormit.

Un jappement. Puis une douleur fulgurante.
Erylis ouvrit les yeux, son cri se perdit dans la nuit.
Des mâchoires qui claquent. Se referment dans le vide. Des coups de pattes. Trop puissant. Un cri de douleur. Du sang.
L’elfe, tordue de douleur contre les racines, la bouche grande ouverte sans qu’aucun son ne s’en échappe, observait le ciel. Un voile argenté recouvrait ses iris d’ordinaire d’un bleu pâle.
Elle fut plaquée au sol, crocs fichés dans la cuisse. Et l’odeur du sang. De ses dernières forces, elle parvint à s’extirper d’un coup de griffe. Et s’enfuit.
Erylis se mit à trembler, le corps contracté et tendu.
Il la poursuivait. Voulut sauter. Se ravisa au dernier moment. Le vide devant lui. Et elle, qui dégringolait en poussant un dernier hurlement désespéré. Un dernier appel à l’aide.
Erylis retomba mollement contre l’arbre, le front perlé de sueur, inconsciente.

Spoiler:
1er RP simple de la semaine: + 10 stats en MA
Edit Asraï : stats validés, très beau rp d'ailleurs, j'ai hâte de lire la suite
Spoiler:
Edit Yuke: +17 Capaz réparties équitablement


Dernière édition par Erylis le Ven 9 Avr 2010 - 14:14, édité 1 fois
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Re: Aderthad

Message par Erylis le Jeu 4 Fév 2010 - 13:59


Erylis ouvrit les yeux, et les referma aussitôt, éblouie par la lumière éclatante du soleil. Les souvenirs de la veille choisirent ce moment pour surgir brutalement dans son esprit. Elle revit de nouveau la scène, ressentit la douleur et entendit les hurlements. Incapable de supporter davantage cette souffrance, elle se leva et se força à ouvrir les yeux, la main en visière. La neige avait presque totalement fondue, et le soleil se faisait déjà tiède contre sa peau, malgré la fraicheur encore mordante de l'hiver. Elle posa la main sur sa hanche, là où la douleur avait fusé la veille au soir. La passa sous sa tunique, palpa...il n'y avait rien. Pas un signe de bataille. Seulement le souvenir cuisant et réel d'une plaie profonde, ensanglantée.
Souvenir. Et vision.
Un rideau flouté voila ses yeux, et quelque chose de chaud roula sur ses joues. Puis elle se mit en marche, ignorant les larmes qui coulaient inlassablement, en silence, sur ses joues. Cette fois-ci, elle savait où elle devait aller, et la raison pour laquelle elle devait le faire. Car elle l'appelait à l'aide. Erylis avait refusé de croire à ses plaintes répétées, refusé d'admettre qu'elles venaient d'elle, refusé de croire que ce lien qu'elle avait tissé plusieurs centaines d'années auparavant existait encore. Refusé de croire qu'une partie d'elle lui avait été arrachée à jamais cette nuit-là, et qu'elle ne pouvait désormais vivre sans elle.
Déjà, un poids pesait sur ses épaules, plus lourd à chaque minute passée. Et la jeune elfe ne cessait de se répéter "Elle vit. Elle vit encore car je vis encore. Tant que je serais en vie, elle ne mourra pas. J'arrive...J'arrive...". Il lui semblait entendre parfois, au-loin dans son esprit, des feulement tristes et agonisants, et la plaie invisible de sa hanche se réveiller.
Elle vit. Elle vit encore car je vis encore. Tant que je serais en vie, elle ne mourra pas. J'arrive...J'arrive...

***

A moins de trente lieues de là, gisait un corps sur le sol, couché au bas d'une falaise. Si sale qu'il était difficile de reconnaitre sa nature. Un animal? Oui...un loup. Non, une louve. Au pelage anciennement d'un blanc neige immaculé, à la fourrure douce et chaude, à présent ébouriffée, sale de terre et tâchée de sang. Sang qui s'écoulait encore de la plaie terrifiante qui barrait sa cuisse et son bas ventre. Une plaie qui ne guérirait pas.
La louve redressa lentement la tête, rouvrit les yeux. Des yeux d'un bleu très pâle, presque blancs. Ternes. Vides. Son corps vidé de force ne parvint pas à supporter ce terrible effort et sa tête retomba mollement sur le gravier. Un gémissement sortit de sa gueule, accompagnant le mince filet de sang qui coulait de sa mâchoire inférieure.
Son abdomen se soulevait imperceptiblement, ses battements irréguliers menaçaient de s'arrêter à tout instant. Mais elle tiendrait. Elle tiendrait jusqu'à ce qu'elle arrive. Car elle avait entendu ces mots, lointains, à peine murmurés : J'arrive...J'arrive.
La louve ouvrit légèrement la gueule et poussa un gémissement qui se voulait hurlement. La verrait-elle? Parviendrait-elle à discerner où elle se trouvait? Où son corps meurtri et condamné gisait? Le soleil ne donnait pas au fond du ravin, seul l'obscurité régnait. Et la terre. Pas même une fleur, un brin d'herbe.
Tout était déséché, déjà fâné par la Mort qui s'approchait.
J'arrive...J'arrive.
Oui, elle tiendrait.

***

Cela faisait des heures qu'Erylis marchait, sans savoir d'où lui venait là force de soulever un pied devant l'autre. Plus les heures passaient et plus son corps devenait lourd, son esprit brouillé. Doucement, elle se laisse choir le long d'un tronc maigre et malade, dont les feuilles reposaient à son pied. Erylis jugea à la position du soleil qu'il ferait bientôt nuit. Il ne servait à rien de continuer, elle en était de toute manière incapable. Elle sortit plusieurs fruits à la couleur vive de sa besace et croqua dedans, le regard toujours fixé sur le ciel rose orangé. Et s'endormit sans même s'en rendre compte.

Un corps allongé. Inerte. Immobile.
Totalement figé.
Sa silhouette s'éloignait, floue, tel un rêve oublié.



Erylis se réveilla en sursaut, le coeur battant à grands coups dans sa poitrine, si fort qu'elle avait mal. Il faisait nuit, la Forêt était plongée d'un un silence presque total. Parfois des hululements résonnaient au loin, et des ombres bondissaient de fourrés en fourrés. Mais personne n'attaqua Erylis lorsqu'elle traversa la forêt en courant. Si vite qu'ils n'auraient de toute façon pas eu le temps de la toucher.
La clarté nébuleuse de la Lune lui permettait de voir où elle allait, et de distinguer les trouées entre les arbres. Arbres qui se faisaient de plus en plus espacés, plus petits, moins nombreux...
Un coeur battait près du sien. Lentement. Très lentement. Trop lentement.
Erylis déboucha sur une vaste clairière longeant un ruisseau. Et loin devant, les Montagnes. L'Echine de Grimnier se dressait majestueusement à des kilomètres d'elles, mais semblait pourtant si proche!
Le coeur rata un battement.
Erylis se remit à courir, haletante. Elle était prêt du but, elle le savait. D'un bond gracieux et souple, elle franchit le ruisseau et traversa en quelques enjambées la clairière. L'herbe se transforma très vite en gravier, la forêt s'éloignait derrière elle et déjà, de gros cailloux, parfois entassés les uns sur les autres, parsemaient la vallée. Et là, juste devant elle, un ravin.
Erylis avança lentement vers lui et baissa la tête. Obscurité et ténèbres. Et encore plus profondément, une étincelle de vie. Étouffant un cri, Erylis entama la descente. Certes, la pierre n'était pas identique à l'écorce des arbres, mais les prises étaient évidentes et de vieilles lianes sèches pendaient un peu partout, sur lesquelles elle se laissa glisser. Lorsque ses pieds touchèrent le fond du ravin, elle dut attendre plus d'une minute pour que ses yeux s'habituent à la noirceur. Puis elle se mit à avancer vers ce qu'elle distinguait, là-bas, à environ vingts pas devant elle. Une silhouette pâle.
Le coeur cessa de battre.
Erylis s'élança en poussant un cri de douleur. Sa vue se voila lorsqu'elle tomba à genoux à côté du corps inerte de la louve. Ses mains plongèrent dans le sang, presque sec, sur le sol, et des larmes coulèrent de nouveau le long de ses joues. De souffrance, et de tristesse.

- NOOOOOOOOOOOOOON!

Elle referma ses bras autour de la louve et ne la lâcha plus. A peine l'effleura-t-elle qu'une lumière aveuglante envahit la vallée obscure.
Une douleur plus terrible la transperça de toute part, tandis que ses yeux se révulsaient. Mais au creux de ses bras, le coeur se mit à battre de nouveau. Avec vigueur. Puis le corps remua, les yeux s'ouvrirent, un souffle chaud caressa sa peau.
Puis tout s'éteignit. Comme si la scène se passait au ralenti, Erylis bascula en arrière.
Quelque chose de chaud, qu'elle ne sentit pas, vint se pelotonner contre elle, tentant de la relever du museau. En vain.

La neige se mit à tomber.



Spoiler:
2eme RP simple de la semaine: + 10 stats en PV )
Edit Asraï : Stats Validés
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Re: Aderthad

Message par Erylis le Mar 9 Fév 2010 - 17:39


Erylis avait mal. Partout.
A-t-on mal lorsqu'on est mort? Peut-on bouger les doigts lorsqu'on est mort?
Elle remua et ouvrit les yeux.
Peut-on voir le ciel quand on est mort? Et sentir le froid glacial et mordant de l'hiver? Peut-on entendre les piaillements lointains d'oiseaux, leurs bruissements d'ailes? La réponse était évidente. Erylis toussa et se releva avec lenteur. Elle frémit en sentant le contact de la neige sur ses mains. Une bonne couche de neige tapissait le fond de la caverne. La jeune elfe cligna des yeux, alla même jusqu'à se pincer pour vérifier si tout était bien réelle. Elle était bel et bien vivante. Le souvenir d'une douleur qui dépassait de loin tous ses entendements la fit trembler. Que s'était-il passé? Que faisait-elle là? Et comment...
Un bruit d'éboulis retentit quelques mètres devant elle. Erylis sursauta, et se releva en grimaçant. Son corps était raidi par le froid et par une immobilité trop longue. Combien de temps était-elle restée allongée dans cette neige? Peu importait, elle était sûre d'avoir entendue quelque chose là-bas. Elle sentait une présence à ses côtés, non physiquement, mais en elle. Une présence familière, comme un doux rêve délaissé depuis trop longtemps.
Erylis se mit à avancer prudemment vers la source de l'éboulement, et se figea sur place lorsqu'une silhouette gracieuse et fine se détacha de derrière la paroi rocheuse, pour se poster devant elle, assise sur son derrière, plantant ses yeux clairs dans les siens. Tout lui revint en mémoire à l'instant où elle croisa ces deux lacs pâles et sages.
La louve allait mourir, et elle était arrivée à temps...Pour la sauver.
Erylis écarquilla les yeux et observa ses mains avec stupeur.

- J'ai...je...je t'ai guéri?

Tout semblait plus clair à présent! Cette douleur, cette sensation d'une vie qu'on vous ôtait...Elle avait donné une partie de son énergie à la louve! Cette hypothèse était improbable, ce ne pouvait être possible. Mais c'était la seule théorie possible à cette heure. Erylis reporta son attention sur la louve, qui ne cessait de la fixer, puis s'approcha. L'animal ne fit que pencher la tête, et ne broncha pas lorsque l'elfe l'effleura du bout du doigt avant de frissonner. A chaque contact, il lui semblait visualiser le lien qui l'unissait à la louve, lumineux et solide. Et à chaque fois, la présence se faisait plus sensible, plus matérielle, comme si la louve vivait en elle. Elle ôta délicatement sa main du pelage immaculé de la louve et sourit. Cette dernière recula de quelques pas et aboya, avant de disparaitre derrière la paroi.

- Hé...Attends!

Erylis se leva d'un bond et la suivit. Une pente menait au sommet des falaises, raide mais franchissable. La louve s'y était engouffrée et bondissait avec souplesse et agilité, comme si franchir la côte ne lui demandait aucun effort. Tout aussi agile, Erylis se jeta derrière elle et entreprit la montée. La roche glissait sous ses sandales, mais elle était bien trop rapide pour avoir le temps de glisser. Aussi légère qu'une plume, c'est à peine si son corps touchait le sol. Sa cape se soulevait derrière elle, lui donnait l'air d'un oiseau prêt à l'envol. En quelques minutes, elle arriva au sommet du gouffre ferma les yeux, bras écartés, inspirant profondément l'air vif de l'hiver.
La louve aboya, tandis qu'une bouffée de colère germa en la jeune elfe. Si soudaine qu'elle se surprit à pousser un petit cri. De colère? Pourquoi la colère?
La louve aboya de nouveau en bondissant sur place, avant de foncer vers les petits bosquets en contrebas, se rapprochant de l'échine de Grimnir et de Pal Delehen, de l'autre côté.
Erylis comprit soudain. Cette colère n'était pas la sienne mais...celle de la louve! Comme si elles pouvaient partager leurs émotions et sensations! Erylis observa de nouveau ses mains, ébahies. Comment était-ce possible? Et pourquoi elle?
Elle chassa toutes ses questions d'un revers de la main, et s'engouffra à la suite de son amie, bondissant au dessus des cailloux et rochers avec une vivacité joyeusement retrouvée.
La louve était rapide, et lançait fréquemment de furtifs coups d'œil derrière elle avant d'aboyer.

- Oui, j'arrive ! Attends-moi! s'exclamait la jeune elfe qui, radieuse, profitait de l'extraordinaire paysage qui se dressait devant elle.

La colère de la louve laissa soudain place à l'excitation. Erylis sentit son coeur battre à grands coups dans sa poitrine, comme si elle partageait cette soudaine ardeur. La louve disparut derrière de gros rochers en poussant un grognement sauvage. Un cri retentit à ses côtés, de douleur. Le cri d'une proie perdue et condamnée, dont la vie s'évaporait déjà par les plaies sanguinolentes causées par les crocs acérées de la louve, et mourut en quelques secondes seulement. Erylis déboucha sur un promontoire et eut un haut le coeur lorsqu'elle vit le sang inondant la roche et la louve qui, déjà, entamait son déjeuner avec une joie non voilée. Elle rayonnait. Erylis se détourna et s'éloigna de plusieurs mètres de la scène terrible. Autant de sang dans un si petit animal...Une vie arrachée. Pour le bien d'une autre, qui elle même servira de nourriture aux générations futures. La cycle même de la vie se déroulait devant elle, sans qu'elle ne puisse rien y faire. Elle ferma les yeux et tenta vainement de chasser la joie de la louve qui débordait en elle.
Une dizaine de minutes plus tard, cette dernière s'approcha de nouveau d'elle, se léchant les babines, avant d'aboyer de nouveau. D'euphorie cette fois-ci.

- Tu es fière de toi hein? tenta de crier Erylis, sans parvenir à mettre une réelle pointe de réprobation dans sa voix.

La louve l'observa avec attention, avant de s'asseoir de nouveau sur son derrière pour la fixer. Erylis la caressa du bout des doigts et ne put s'empêcher de sourire.
Lorsque l'animal dressa les oreilles en tournant la tête vers les montagnes. Ses yeux s'étaient écarquillés, son corps s'était arqué.
Un flot d'émotions indéchiffrables se déversèrent en la jeune elfe qui se leva à son tour, observant l'échine de Grimnir qui se dessinait majestueusement à des kilomètres d'eux.

- Que se passe-t-il? Qu'as-tu...

La louve effectua un bond spectaculaire et fonça droit vers les montagnes. Si vite que son corps de neige fut bientôt masqué par les rochers de plus en plus gros et abrupts.

- Mais...Reviens! Où-vas-tu?!

Erylis s'élança à son tour.
La louve avait reniflé quelque chose. Mais quoi?

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Re: Aderthad

Message par Asraï le Mer 10 Fév 2010 - 15:12

Spoiler:
Ce post marque le début de l'entraînement d'Erylis et de sa louve avec Asraï et Draugnim. Il se situe (dans le temps) bien après l'aventure actuelle d'Asraï (voir le rp « un lieu calme ? »), mais se situe dans le présent pour Erylis. La magie du rp ^^.

Depuis déjà plusieurs heures Asraï et Draugnim avaient quittés leur repère dans la roche de l'échine de Grimnir. Située à distance équivalente de Mausahn et Pal Delehen. L'hiver tenait toujours bon sur la terre des Elfes. Les deux compagnons arpentaient la forêt en quête de bois mort, afin de combattre le froid qui se renforçait par de bons feu. Si Asraï savait enflammé tout objet par la magie il ne pouvait cependant pas faire apparaître de belle bûche bien taillée de nul part. Ainsi même le plus talentueux des magiciens se devait d'utiliser ses muscles de temps en temps. Pendant que l'elfe tâchait de ramasser le plus de petites branches tombées sous le poids de la neige, Draugnim tentait de le distraire en se comportant tel un louveteau essayant de lui arracher le bois qu'il amassait. Loin d'exaspérer Asraï, cela l'amusait presque. Il aimait ces moments de complicité où pendant lesquels seul leur lien importait.
Soudain à quelques kilomètres des voix se firent entendre, bizarrement elles n'étaient pas audibles par les oreilles, mais c'est par l'esprit qu'Asraï et Draug qui avait redressé la tête les percevaient. Une d'entre elle ne semblait pas appartenir à un elfe. Le Medülijjani sourit en devinant ce qu'il se passait. Une foule de souvenir lui revint en mémoire. « Ils sont aussi nuls que nous à l'époque » transmit Draugnim. « Je n'ai pas le souvenir d'avoir été, si... fermé » tenta de se défendre Asraï. « Je peux t'assurer que nous l'étions, tu as mis deux jours pour connaître mon nom », « Oui, ça c'est vrai, alors que tu a su le mien presque immédiatement».
Asraï se remit à son occupation, et le loup reprit ses tentatives pour lui faire perdre son sang-froid. Mais quelques minutes plus tard, les voix revinrent, plus intenses encore que la dernière fois. C'était comme si elles criaient à plein poumons pour se faire entendre, faisant partager toute la forêt de ce qu'elles avaient à se dire. « Finalement tu avais sûrement raison, nous n'étions pas si mauvais », cette pensée fit rire l'elfe qui au fond de lui ressentait tout de même comme de la compassion pour ces deux êtres qui apparemment ne s'entendaient pas. « Frère ? » « Oui ? » « Tu ne crois pas que nous pourrions leur apprendre ? » « Si ça peut les faire taire, pourquoi pas » fit Draugnim moqueur. Le regard d'Asraï insistant le fit répondre « Je plaisante frère, je ne suis pas contre un peu de compagnie. Et puis elles seront plus bavardes que toi » continua t-il s'acharnant désormais sur son compagnon de lien. « Je pense plutôt que passer du temps avec une louve te plaira beaucoup » lança Asraï qui avait perçu les pensées de son loup au premier aboiement qu'ils avaient entendu.
La neige se remettait à tomber, l'elfe ôta la capuche qui lui couvrait la tête jusqu'à lors. Il leva la tête vers les cieux qui pleuraient. Les flocons tâchant sa peau. Sa cape deviendrait bientôt aussi blanche que la robe de Draugnim. « Ne me dis pas que tu crois que c'est un signe, comme l'enfant que nous avions retrouvé sur la berge près de Moelranev ? » Asraï ne répondait pas, et le loup le savait, il avait compris ce qu'il prévoyait de faire. « Comme tu voudras ». « Merci ».
Draugnim se mit assis, et regarda dans la direction d'où provenait les voix, il projeta son esprit. Très vite il rencontra sa cible, une jeune louve assise face à une elfe. Très délicatement il s'insinua dans l'esprit de la louve et lui intima de le rejoindre. Ce n'était pas un ordre mais une délicate susurration, comme une tentation. Le loup retira son esprit aussi finement qu'à son entrée. « Elle arrive ».

Une dizaine de minutes plus tard, effectivement, la silhouette d'une louve au pelage accordé avec la saison se dessina à travers les tronc d'arbres. Elle arrêta sa course à la vue du loup géant, et continua d'avancer d'un petit trot calme. A quelque mètres d'Asraï et de Draugnim, la louve s'asseyait. Non loin derrière une elfe s'approchait silencieusement, une dague à la main. Asraï qui l'avait repéré prit la parole pour éviter tout événement indésirable.

- Ne crains rien, ta louve n'est pas en danger ici.

Erylis fut surprise d'entendre cet elfe qu'elle ne connaissait pas parler de "sa" louve. Comment pouvait-il soupçonner le moindre lien entre elle et son familier. D'un pas prudent elle s'approcha, la dague toujours à la main. Ce n'est que lorsqu'elle fut à hauteur de sa louve qu'elle aperçut le loup géant qui se tenait assis à côté de son précédent interlocuteur. Sa fourrure blanche le rendait quasiment invisible sur la neige. Elle s'agenouilla près de sa compagne, posant une main qui se voulait protectrice sur l'arrière de son coup. Celle-ci tourna sa tête et d'un coup de langue lui lécha la joue. « Tout va bien ? » voulu lui transmettre Erylis. Mais au lieu de s'adresser uniquement au seul esprit de l'intéressée sa pensée s'étendit à tout ceux qui pouvaient l'entendre. Asraï et Draugnim n'y manquèrent pas. L'elfe qui souriait répondit pour elle.

- Elle va bien.

Erylis se retourna brusquement vers lui. Presque choquée de voir qu'il avait pu apparemment lire dans ses pensées. Lire dans les pensées d'autrui était considéré comme grossier chez les êtres de lumière. Aussi Erylis ne manqua pas de lui rappeler, sans toutefois montrer le respect qu'elle se devait de tenir face à un aîné.

- Ces pensées sont miennes, grand frère.

Avant qu'elle puisse continuer Asraï avait lever la main à hauteur de poitrine, imposant le silence.

- Fille d'Erä, commença t-il. Loin de moi l'intention de m'introduire dans ton esprit. Mais je ne peux fermer le mien aux mots que tu lui envoie si puissamment.

Erylis n'avait pas saisi le sens de sa phrase, silencieuse elle attendait des explications. Sa louve battait de la queue frénétiquement, elle semblait totalement absorbée par le loup géant assis face à elle. Asraï lisant son incompréhension reprit la parole.

- Ils sont en train de communiquer. Mon loup n'a pas vu de louve depuis un petit bout de temps et semble avoir plein de choses à lui raconter, l'elfe qui percevait les pensées de Draugnim sourit.

- Comment ça, ils communiquent ? Demanda Erylis qui c'était redressée et inclinée avant de prendre la parole. Son regard allait de sa louve à Draugnim.

- Et bien, comme toi et moi communiquons, petite sœur. Même s'ils ne sont pas de la même sous-espèce de loup, ils se comprennent parfaitement. C'est Draugnim qui a appelé ta louve à nous rejoindre.

Cette révélation fut celle qui bouleversa le plus la jeune elfe. Elles se trouvaient seuls au moment où sa louve avait détallée ventre à terre à travers la forêt. Et elle n'avait entendu aucun aboiement ni chant de loup.

- Il l'a appelé tout comme tu essayes de lui parler. Par l'esprit.

- Comment savez-vous que j'essaye cela, frère ?

- Tout simplement car j'entends aussi ce que tu veux lui transmettre, fit Asraï en souriant.

L'elfir avança vers elle. Lentement il posa ses mains sur ses épaules, la regardant les yeux dans les yeux. Il ne put s'empêcher de remarquer qu'elle était d'une beauté ineffable. Sa louve les surveillait du coin de l'œil prête à défendre son amie contre toute attaque. Son inquiétude s'immisça dans l'esprit d'Erylis, et fut perçue également par Asraï et Draugnim. Ce dernier lui affirma qu'il ne lui arriverait rien. Erylis elle même arriva à lui transmettre un sentiment de confiance, qui rassura immédiatement la louve. Asraï sourit à Erylis, il ne connaissait que trop les difficultés que représentait le fait de parler par l'esprit.

- Elle est très attachée à toi, fit il pour rompre le silence. Être lié à un animal demande nombre de connaissance pour optimiser ce lien et le rendre unique, complet et plus fort. J'en ai parcourus les dédales moi même quelques années plus tôt avec Draugnim. Pour le moment vous êtes comme des enfants qui ne savent pas parler mais qui tentent de se faire comprendre par des émotions fortement audible pour les alentours. Apprendre à communiquer uniquement à un seul esprit demande du temps, mais c'est possible. Mon frère et moi pouvons vous enseigner ce qu'il faut savoir. Vous avez déjà la fidélité et une longue vie heureuse ensembles acquises, nous nous pouvons vous donnez la parole. Qu'en penses-tu petite sœur ?

Erylis réfléchissait. Tout ce que venait de lui dire Asraï la perturbait, et en même temps les opportunités que cette proposition lui offrait était à ne pas négliger. Elle savait qu'il ne lui accorderait pas son aide une seconde fois si elle refusait.

- Je rêve d'entendre sa voix, fit-elle en regardant vers sa louve.

- Parfait, c'est aussi ce qu'elle à répondu lorsque Draugnim lui à demandé. Je voulais être sûr que tu ferais ce choix avant de te le dire.

- Vous pouvez lui parler ? A ma louve je veux dire.

- Non, je ne parle pas le loup, lança Asraï en riant, un animal n'ouvre son esprit qu'à un seul elfe pour sa vie entière. Et cet honneur t'es réservé, petite sœur.

Asraï ôta ses mains des épaules d'Erylis. Il retourna auprès de Draugnim, tendit le bras pour atteindre sa tête et le gratta derrière les oreilles. « Merci, ça me démangeait follement ». Il se retourna à nouveau vers la jeune elfe qui s'était assise dans la neige, sa louve se lovait entre ses jambes. Les péripéties de ces précédents jours l'avaient exténuée. Asraï les regardait d'un œil bienfaiteur. Pendant le temps qu'il faudrait elles seraient leur protégées.

- Il semblerait que nous allons passer un bout de temps ensemble. Aussi il serait bien que tu connaisses mon nom. Je suis Asraï, dit il en se courbant légèrement, comme le faisait les elfes lorsqu'ils saluent. Et tu connais déjà Draugnim.

Erylis voulu se lever pour se présenter comme l'exige la bienséance, mais Asraï du même geste de la main, levée au niveau de la poitrine, lui ôta cette obligation. Souriant elle prononça son nom en inclinant la tête. Puis regardant sa louve elle eu un moment d'hésitation, elle ne connaissait pas encore son nom à elle. Asraï l'avait remarqué, il savait que le lien entre compagnons resplendissait tout autrement lorsque ceux-ci connaissaient leur noms respectifs. Coupant à toute gêne il fit :

- Ne t'en fais pas, elle ne connait pas encore le tien non plus. C'est une étape qui mène à l'apprentissage de l'autre. Et je l'avoue ce n'est pas une des plus simples, toutefois en t'y employant ce soir tu sera sûrement en mesure de l'apprendre, tout comme elle apprendra le tien.Après une courte pause il reprit, nous prenons la route demain pour le temple de Demet, une fête est donnée en l'honneur du quinzième millénaire du premier arbre mère planté sur ce continent, dans une semaine. Nous devrions mettre quatre jours pour rejoindre la capitale puis trois autres pour aller au temple. Soyez là vers lorsque la rosée aura fini de tomber, nous nous y rendrons ensemble. Et nous apprendrons ce qu'il faut apprendre sur le trajet. Passe prendre chez toi ton nécessaire pour voyager, et passez une bonne nuit.

Asraï s'inclina, remit sa capuche, et tourna les talons suivit de Draugnim. Il ne lui restait plus beaucoup de temps avant que la nuit tombe s'il voulait encore trouver des branches pour son feu. Erylis resta un moment assise, caressant son familier qui ronflait de plaisir. Elle se demandait bien comment elle pourrait apprendre son nom. Mais le regard de sa louve, si brillant et envoutant lui assurait que cela ne lui causerai aucun soucis. Elles s'étaient déjà donner leur vie respective, et retrouver après toutes ces mésaventures. A côté de ça trouver comment elles s'appelaient semblait désuet. Semblait...

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Message par Erylis le Ven 12 Fév 2010 - 14:45


Le ciel se teintait petit à petit de couleurs chaudes, donnant à la neige un aspect féérique, scintillant de mille feux telle des diamants. Erylis était revenue quelque peu en arrière, dans la forêt, et marchait avec lenteur, le regard rivé devant elle sans rien voir. Son esprit était accaparé par les paroles de l'elfe qu'elle avait rencontré quelques heures plus tôt, Asraï. Elle ignorait comment et pourquoi, mais elle savait qu'il n'était pas comme les autres, comme elle ne l'était pas elle-même. Cette sensation dépassait le simple fait d'être lié à un loup...
Elle revint à elle lorsque la louve lui mordilla légèrement la main. Erylis se rendit compte qu'elle s'était arrêtée en pleine marche. Elle sourit à la louve en lui caressant la tête.

- Désolé, j'étais en train de rêver, comme toujours. Trouvons de quoi manger pour le voyage.

La louve s'arrêta à son tour et observa la jeune elfe avec une certaine surprise. Pourquoi ne rentrait-elle pas chez elle, comme lui avait demandé Asraï? La réponse était claire : elle n'avait rien laissé là-bas, et rien ne l'attendait. Elle avait dans sa besace tout ce dont elle avait besoin pour un nouveau périple : parchemins vierges, crayons et fusains, une gourde remplie d'eau, quelques fruits et du pain.
La jeune elfe cueillit plusieurs baies violacées, ramassa plusieurs aliments colorées aux formes fantaisistes, récolta des champignons...Une fois satisfaite, elle rangea le tout dans son sac qu'elle abandonna au pied d'un grand chêne dont les feuilles étaient encore couvertes de poudreuse. Puis elle commença à escalader l'arbre. Ses ballerines, souples et fines, s'ancrèrent facilement dans les interstices de l'écorce, et ses mains s'agrippaient avec habilité aux branches. Son corps ondulait tel un serpent, gracieux, et en moins d'une minute, elle parvint au sommet de l'arbre. Elle progressa encore parmi le feuillage abondant et pu enfin respirer l'air frais du soir. Elle ferma les yeux et inspira profondément, tout en posant les mains sur les fines branches. Comme elle le faisait souvent, elle entra en communion totale avec la Forêt. Son esprit s'unit à celui des Arbres Mères, effleura celui des autres elfes qu'elle devinait proches, caressa celui des animaux.
Erylis ouvrit de nouveau les yeux et, sans un mot, redescendit de l'arbre. Puis reporta son regard sur la louve qui déjà, s'avançait vers elle lentement. Comme si cet instant avait été écrit. Comme si les deux êtres qui se faisaient face devaient, à cet instant précis, s'unir de nouveau.
Erylis s'accroupit devant la louve, le coeur battant la chamade. Elle avait compris. Elle savait. Et la louve aussi.
Erylis tendit la main devant elle, et la louve y frotta son museau. Erylis sentit alors le lien qui l'unissait à sa moitié, et s'en empara avec douceur, se fondit en lui comme l'avait fait à la cime de l'arbre, les yeux clos. Alors, elle vit. Des images d'abord, floues et lointaines, puis des mouvements, des sons. Des souvenirs. Les siens, et celle de la louve, entremêlés. Ils scintillèrent un long instant dans leurs esprits à toutes les deux, puis s'évanouirent sur un son. Un mot. Plus clair que jamais.
Erylis rouvrit les yeux. Une larme roula sur sa joue. Une larme de joie, d'une émotions jamais ressentie jusqu'à maintenant. La louve gémit et s'approcha encore un peu plus de l'elfe, si près que leur visage se touchaient presque. Puis elles prononcèrent ce mot, annonciateur d'un avenir commun et éternel.

"Imala".
"Erylis".


***


Erylis et Imala marchaient côté à côte, plus proches qu'elles ne l'avaient jamais été auparavant. Le lien qu'elles avaient tissés des années auparavant s'était éclairé. Il illuminait une voie devant elles, voie qu'elles emprunteraient toutes deux jusqu'à leur mort.
Il faisait encore nuit, et leurs pas crissaient sur la fine couche de neige. La Forêt était plongée dans un silence total et apaisant, dénué de toute menace. Le vent était doux, rafraichissant. Elles arrivèrent à la lisière de la forêt et les premiers rochers se distinguèrent dans la nuit, près du ravin. Elles le contournèrent sans un regard en arrière, et franchir les premiers rochers. Si la pente était rude et le gravier glissant, elles avaient toutes deux l'avantage de leur taille fine et de leur agilité, qui leur permettait de bondir quand le besoin le demandait. Lorsqu'elles arrivèrent au point de rendez-vous, le ciel était teinté d'un bleu pâle légèrement rosé, annonciateur d'une journée froide mais belle.
Profitant de sa légère avance, Erylis s'installa contre un rocher et sortit un parchemin de sa besace, sur lequel elle entreprit de coucher le paysage merveilleux qu'elle avait devant elle. Imala s'approcha d'elle et posa sa tête sur son épaule en soupirant d'aise, partageant par la même occasion sa joie avec sa partenaire. Une fois le dessin terminé, elle le roula et le rangea dans son sac. Au même instant, Imala poussa un grognement de plaisir et sauta du rocher, la queue frétillante. Erylis, tout sourire aux lèvres, se leva à son tour pour accueillir Asraï, dont la haute et délicate silhouette se dessinait à sa gauche, accompagnée de Draugnim. Les deux elfes se saluèrent comme la tradition le voulait, tandis que les loups aboyèrent.

- Es-tu prête Erylis?
- Je le suis.

Asraï acquiesça et se mit en marche, les lèvres étirées en un sourire satisfait et ému. Sa main effleura le museau de Draugnim.
"Ils ont réussi la première étape". "Tu en doutais?". "Non, bien au contraire.".
A quelque mètres derrière eux, Erylis n'eut pas besoin ni l'envie de se retourner vers la forêt qu'elle quittait. Ce qu'elle avait devant elle était bien plus beau. Riche en promesses et en aventures. A ses côtés, Imala poussa un long hurlement.
Heureux et libre.

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Re: Aderthad

Message par Asraï le Dim 14 Fév 2010 - 20:35



Le soleil grimpait dans le ciel, petit à petit. Cela faisait une heure que les quatre compagnons avaient pris la route pour rejoindre Selëvenoy, sans un mot. Asraï et Draugnim marchaient un bon mètre derrière Erylis et Imala. Observant leur comportement vis-à-vis l'une de l'autre. L'elfe se demandait comment il allait leur permettre de communiquer clairement via l'esprit. Il se rappelait que lui et Draugnim avaient mit beaucoup plus d'une semaine pour y arriver. Pourtant il ne disposait pas de plus de temps.
Il tacha de se remémorer les moments clefs où il s'était senti se rapprocher du but final. Ainsi il enseignerait à la jeune elfe et à sa louve uniquement ce qui lui avait permis de progresser sans passer par les tentatives infructueuses. Fonctionnant ainsi ils avaient une chance d'y aboutir en une semaine.
La première étape serait de parvenir à ressentir les émotions de son compagnon. Chose qu'Erylis et Imala réussissaient partiellement déjà. La neige avait cessé de tomber, mais le vent froid persistait. Protégé de sa cape Asraï avait aussi chaud que Draugnim derrière son épaisse fourrure blanche. Il s'avança sur la gauche d'Erylis, celle-ci lui jeta un coup d'œil amical tout en continuant à marcher.

- Belle matinée, n'est-ce pas ?

- Fraîche et douce, comme je les aime, fit Erylis en inspirant profondément. Puis en regardant Imala elle ajouta dans un sourire. Comme nous les aimons.

Asraï était ravi d'avoir de la compagnie aussi agréable et aimable. Il se réjouissait d'avoir pris cette décision.

- Parfaite pour débuter l'apprentissage. Continua l'elfe en souriant.

Tout en continuant de marcher Asraï lui expliqua ce qu'elles auraient à accomplir, Draugnim faisait la traduction pour Imala.

- L'objectif de ce matin est de parvenir à transmettre tes émotions à ta louve. Erylis tu m'accompagneras, pendant qu'Imala restera avec Draug'. L'exercice en soi est simple mais demande de la concentration. Une fois que nous serons assez éloignés de nos familiers, tu aura la tâche de transmettre à ta louve les émotions que je te communiquerai.
Le but du jeu étant bien sûr qu'Imala les perçoive correctement. Draugnim me transmettra ce qu'elle aura ressentie.


La jeune elfe acquiesça d'un signe de tête, et avant de suivre Asraï qui avançait déjà elle caressa le museau de son amie.

- A tout à l'heure, Imala.

Prononcer ce nom, lui réchauffait le cœur, connaître une chose intime de son familier est un bonheur de tout les instants. On se sent lié bien plus fort. La louve ressentait cela aussi et lui lécha la main d'un coup de langue.
Ils étaient à présent séparés d'une bonne centaine de mètres. Asraï et Erylis s'assirent derrière un tronc d'arbre qui avait vraisemblablement était couché par les dernières tempêtes.
Il lui expliqua que de communiquer par l'esprit n'était pas chose aisée. C'était comme vouloir s'adresser à une personne en particulier au milieu de la foule, que cette personne soit distante de vous d'une dizaine de mètres, et que vous vouliez qu'uniquement cette personne vous entende. Il faut cibler cette personne dans son esprit. Ne pas crier en sa direction. Rechercher son esprit à travers la multitude. Cette étape de la communication est la plus difficile. Une fois l'esprit de la personne ciblé, il faut lui souffler, comme un chuchotement, ce qu'on a à lui dire. Au commencement il est très compliqué de lui souffler des phrases, mais il est plus simple de lui communiquer des émotions.
Il est nécessaire d'y penser très fort, ou même de se remémorer un évènement qui provoque cette émotion en vous.
Ciblé l'esprit de la personne ne vous assure aucunement que l'information que vous voulez lui transmettre arrive jusqu'à elle. C'est exactement le même principe qu'un labyrinthe, la sortie représentant l'esprit avec lequel vous voulez communiquer et les culs de sac représentants les chemins d'autres esprits. Ainsi plus il y a de monde autour de vous, plus le nombre de culs de sac augmente entraînant un accroissement de la difficulté de communication.
Dans un premier temps, il vous faut donc trouver l'esprit destinataire de vos pensées. Ensuite trouver le bon chemin qui mène à lui à travers les méandres des autres chemins possibles. Et enfin, réussir à lui transmettre la bonne émotion. Pas question de lui transmettre un sentiment de peur alors que vous vouliez lui transmettre votre joie. Cela peut conduire à des déconvenues problématiques et dangereux.
Asraï lui expliqua que dans cette partie de la forêt, les êtres vivants non végétaux étaient peu nombreux, et que le nombre de loup n'était que de deux à plusieurs kilomètre à la ronde, ce qui rendrait l'exercice plus abordable pour une première tentative. Car pour faciliter la communication par l'esprit il est très utile de pouvoir différencier les différentes "formes" d'esprit qui nous entourent. Chaque être vivant possède sa propre "forme" d'esprit mais elles sont quasiment identique entre chaque espèce. Ainsi il est plus évident de repérer un loup lorsqu'il est entouré d'êtres végétaux, que d'une multitude d'autres loups, car son esprit apparait comme une tache noir sur un papier blanc. Différencier les esprits ressemblerait à distinguer les goûts des aliments, lorsque l'on est enfant, il nous est impossible de mettre un nom sur ce que l'on mange sans le voir. Ressentir les "formes" d'esprits s'y apparente, et plus on acquiert de l'expérience, plus on gagne en efficacité et en rapidité.

- La première émotion qu'il te faudra transmettre à Imala est la joie. C'est sûrement l'émotion la plus simple à transmettre car c'est d'elle qu'on à le plus de souvenir. Trouve son esprit, trouve le chemin pour y parvenir et remémore toi un évènement joyeux en le faisant passer par le chemin qui mène à ta louve. Ainsi tu lui transmettra ce sentiment. Ce n'est pas au premier essai que tu parviendras à ne cibler qu'Imala, mais si tu repères bien la forme d'esprit qui te fait le plus penser au loup en général, il est possible que seul Draugnim et elle perçoive ton émotion. Prend ton temps, concentres toi bien, fais silence dans ton esprit. Visualise l'ensemble de la forêt et cible l'unique chemin qui mène à l'esprit des loups. Ne relâche pas ta concentration car le chemin se dissipera aussitôt et il te faudra le retrouver. Bonne chance.

Erylis inspira longuement, souffla calmement l'air superflux de ses poumons et ferma les yeux.


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Re: Aderthad

Message par Erylis le Lun 15 Fév 2010 - 18:45


°°Il faut d'abord que je fasse le vide dans mon esprit°°
Erylis, mains jointes posées sur ses pieds, assise en tailleur, le dos plaquée contre l'écorce rugueuse de l'arbre, ferma les yeux en respirant profondément. Elle l'avait déjà fait, elle le faisait souvent même. Pourquoi ça ne marcherait pas cette fois-ci?
Mais rien ne vint. Elle n'entra pas en communion avec la Forêt, ni ne s'unit à elle. Elle la sentait simplement sous ses pieds, ses mains, contre son dos, contre sa peau. Elle l'entendait respirer, chanter. Erylis entrouvrit un œil. Asraï, nonchalamment appuyé contre un autre arbre, l'observait avec un sourire. La jeune elfe referma les yeux et prit une nouvelle inspiration.
°°Qu'il soit là ou pas ne change rien. Il est ici pour m'apprendre ce dont j'ai besoin, pour m'aider. Je ne dois pas avoir peur.°°
Son esprit ne s'apaisa pas pour autant. Ses pensées et souvenirs les plus lointains refirent surface soudainement, remuant brutalement dans son esprit.
°°Mais pourquoi maintenant?!°°
Erylis fulminait. La colère bouillonnait en son for intérieur. Jamais elle ne s'était sentie aussi faible qu'à ce moment précis. Aussi prisonnière de ce qui l'entourait. Elle rouvrit les yeux. Asraï ne l'observait plus, mais même sans poser son regard sur elle, il semblait deviner tout ce qui la tourmentait comme si rien ne lui échappait. Non, rien ne lui échappait. Erylis devait se rendre à l'évidence : elle savait encore moins de choses qu'elle ne le pensait. Elle tourna la tête vers l'endroit où sa louve devait attendre patiemment en compagnie de Draugnim, et referma les yeux. Il n'était pas question qu'elle rate cet exercice. Elle devait le réussir. Pour elle. Pour Asraï, qui l'avait prise sous son aile. Et pour Imala, à qui elle devait sa vie entière.
Plongeant ses mains dans la terre, inspirant une grande bouffée d'air frais, elle plongea dans les méandres de son esprit. Elle n'essaya même plus d'éviter tout ces souvenirs qui remuaient en elle, elle les laissa tout bonnement flotter, puis s'éloigner, jusqu'à disparaitre totalement. La mélodie de la Forêt, elle, s'éteignit presque totalement, puis vint se calquer sur les battements de coeur de l'elfe.
Elle était Forêt. Leurs deux cœurs ne faisaient plus qu'un.
Derrière ses paupières closes, elle voyait tout, dans un enchevêtrement de couleurs lumineuses et imaginaires. Les fourmis se baladant derrière l'écorce. L'écureuil à son sommet. L'oiseau qui l'observait depuis son nid. Asraï, dont la présence se distinguait clairement du reste de la végétation.
°°Était-ce cela les "formes" dont il me parlait?!°°
Erylis jubilait. Elle avait l'impression de voir une toute autre vie. Non, elle voyait la Vie elle-même! Elle se surprit à détailler l'elfe, dans cette autre monde qu'elle arpentait à présent. Il resplendissait de milles-feux. Elle croyait même entendre d'ici son coeur, lent et régulier, totalement apaisé. Mais là n'était pas son objectif. Il fallait qu'elle repère Imala. Prenant une nouvelle inspiration, elle étendit son champ de vision aux alentours.
Des gouttes de sueur perlaient son front, coulaient le long de ses tempes pour se perdre dans les plis de sa cape. C'était encore plus dur qu'elle ne l'imaginait...
°°Imala...Je dois voir Imala, rien d'autre...°°
Son champ de vision s'élargit tellement brusquement qu'elle en perdit tout contact. Elle sursauta et rouvrit les yeux, haletante. Asraï l'observait avec attention, et si ses lèvres souriaient, son regard, lui, était très sérieux.

- Tu devrais boire, lui recommanda t'il.

Erylis acquiesça machinalement et sortit la gourde de son sac. Après plusieurs gorgées, elle la rangea et posa sa tête contre le tronc, levant les yeux au ciel. Pour sursauter de nouveau. Le soleil était déjà haut dans le ciel.

- Midi?! s'exclama t'elle en s'essuyant le front d'un revers de manche. Il est déjà midi?!

Asraï hocha la tête en silence. Erylis n'en revenait pas. Cela faisait donc autant de temps qu'elle travaillait là, immobile contre son arbre?! Elle but de nouvelles goulées d'eau puis ôta sa besace, ainsi que sa cape. L'exercice lui demandait tellement d'effort que le froid n'avait plus d'emprise sur elle. Asraï s'amusait à la voir lutter ainsi, se remémorant par la même occasion son propre combat solitaire passé.
Erylis, de nouveau prête, replongea dans l'univers de l'esprit. Elle redécouvrit avec la même stupéfaction toutes ces couleurs, ces sons, si différents! Puis se mit en quête de sa louve. Elle élargit, avec prudence cette fois-ci, son chant de vision, tout en observant autour d'elle ce qu'elle voyait. Asraï avait dit vrai, tout les êtres peuplant cette terre avait une forme, une couleur, une odeur, un son qui les distinguait. Cet oiseau qui venait de s'envoler, et ce mulot à moitié enfoui sous la terre.
Elle continua son chemin intérieur jusqu'aux loups. De nouveau, elle se figea. Leurs couleurs, à eux, étaient encore plus spectaculaires que ce qu'elle put voir jusque là. Draugnim, fièrement dressé sur ses quatre pattes puissantes, humait l'air. Il étincelait de toute part, tout autant que son compagnon Asraï. Et à ses côtés, assise sur son derrière, la queue frétillante, Imala. On aurait dit un joyau fabuleux et chimérique, de ceux dont parlent les légendes et qui n'apparaissent que dans les songes. Alors qu'elle cherchait à nouer le lien qui lui permettrait de communique, Erylis perdit de nouveau le contact. Mais elle vit Imala lever la tête avant tout ne disparaisse.
Erylis rouvrit les yeux, mit plusieurs minutes à s'apaiser, puis but une nouvelle fois. Asraï s'était assis sur une branche, les jambes pendant dans le vide. Erylis prit la parole, timidement :

- Co...comment tenir jusqu'elle? Je n'y arrive pas.
- Qui a dit que tu réussirais du premier coup? Il n'est pas encore quatre heure, tu as toute la journée.

Il n'avait pas répondu à sa question, et Erylis s'y attendait. Elle patienta plusieurs minutes, les regard perdu dans le vide, plongée dans ses réflexions, puis reprit l'exercice.
°°Cette fois-ci, j'y arriverai.°°
De nouveau, la forêt s'illumina, et l'elfe reprit le même chemin. Avec plus de confiance cette fois. Elle savait où aller, elle savait à quoi s'attendre. Elle savait qu'à tout moment, le lien pouvait s'éteindre. Elle était prête.
Imala se leva sur ses quatre pattes. Elle avait senti un appel. Lointain, flou. Alors qu'elle s'apprêtait à s'élancer vers Erylis, Draugnim la retint d'un seul mot, par esprit.
"Attends." Imala se figea, puis revint s'asseoir à ses côtés, le regard rivé au loin.
°°J'y suis presque. Je la vois ! Je vois le chemin! Je vois le lien qui nous lie! Plus je m'approche, plus je le sens vibrer en moi. Elle le sent elle aussi. J'y suis presque...°°
Enfin, le lien se fit. Assise en tailleur contre l'arbre, Erylis frémit. Asraï descendit avec souplesse de l'arbre et sourit au Soleil qui se couchait déjà.
°°La joie. Je dois lui transmettre la joie. Penser à un souvenir heureux...°°
Erylis n'eut pas besoin de fouiller dans sa mémoire. Ce souvenir ne l'avait pas quitté. Elle n'eut qu'à sourire pour qu'il jaillisse de son esprit : la nuit où elle avait connu le nom de sa louve. Imala. Le souvenir fut si puissant qu'il atteignit la louve avec force.
Puis tout s'éteignit. Erylis ouvrit les yeux une obscurité naissante, et sur un ciel presque déjà sombre que perlaient déjà quelques étoiles. Elle chercha des yeux Asraï et sursauta lorsqu'il posa une main sur son épaule, accroupi à ses côtés, un sourire ravi étirant ses lèvres. Alors qu'elle s'apprêtait à parler, il posa un doigt devant ses lèvres.
Et au loin, à une centaine de mètres de là, un long hurlement s'éleva dans la nuit. Heureux et léger. Celui d'Imala.

- J'ai...

Elle se tut. Oui, elle avait réussi. Son sourire joignit celui de son frère.

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Re: Aderthad

Message par Asraï le Dim 28 Fév 2010 - 19:50

La nuit était tombée, l'obscurité régnait en maître sur la grande forêt à l'ouest d'Eldmonrielle. C'est une lumière vacillante qui les avaient guidés jusqu'à eux. Un petit feu qui brûlait depuis quelques heures déjà. L'odeur de la magie emplissait l'air et était affreusement irrésistible. Ils n'étaient pas nombreux mais pour s'occuper de deux elfes et de deux chiens trois était suffisant. Le sentiment ennivrant qu'ils allaient les conduire directement à leur but avait freiné leur désir de meurtre.
Tant que ce sentiment serait présent à leurs esrits, les resteraient vivants et eux se tiendraient suffisament à l'écart, hors de portée du flair de leurs animaux. °°Soif ! Magie°°


Les flammes rouges-oranges léchaient les bûchettes de bois qu'Asraï avait disposé de façon à ce que le feu puisse brûler le plus longtemps possible. Draugnim était allongé à ses côtés, Erylis se tenait en tailleur en face de son nouveau maître, la tête d'Imala reposait sur sa cuisse gauche. Ils avaient passé le début de la soirée à résumer l'exercice de la jeune elfe. Asraï était très fier d'elles, elles étaient parvenus à échanger leur première émotion en seulement une journée. Il était certain qu'à cette vitesse elles finiraient par communiquer comme lui et son loup le faisaient actuellement. Il pévoyait déjà la suite de son entraînement, mais avait préféré passer une agréable soirée avant de lui dévoiler la suite des évènements.
Ils échangeaient à présent sur les manies étranges des humains qu'ils avaient put remarquées lors de leurs expérience personnelles.

- Et n'est-il pas surprenant de les voir se serrer les bras en criant des inepties telles que "Hé, salut vieux débris, comment qu'c'est ?! HAHAHA", lançait Erylis quasiment hilare en repensant à cet évènement.

- Il est clair que leur langage rescelle bien des mystères, tout aussi clair qu'il est souvent grossier et que les formules de politesse qui furent notre éducation sont en train de disparaitre totalement. Souligna Asraï en joignant son rire à celui de son élève.

Le silence se réinstalla autour du feu, contrairement à la race humain, le silence soudain n'était pas une gêne mais une marque de respect mutuelle signifiant que la conversation se devait dêtre entretenue et non pas précipitée. Pour ne pas rompre avec l'ambiance de la soirée, qui se faisait douce depuis que le soleil avait disparut derrière les cimes, Asraï décida d'enseigner à Erylis les bases de la magie en lui faisant exécuter un sort simple à comprendre. Il ouvrit sa main vers le feu et prononça : " Luin ". Immédiatement les flammes se teintèrent d'un bleu royale. Erylis ecarquilla les yeux, impressionnée. Le regard de l'elfe était plus explicite que des mots, il voulait qu'elle essaie.
Seulement la jeune elfir n'avait jamais pratiquée la magie, et ne connaissait absolument pas le procédé pour y parvenir. Asraï pencha la tête sur le côté. Elle ne devait pas se poser de question, juste essayer.
Incrédule elle leva alors sa main droite et la tendit vers le feu bleuté, à son tour elle prononça : " Calen ". A sa grande surprise et étonnement le feu devint instantanément vert ambre. Erylis n'arrivait pas à croire ce qu'il venait de se produire, elle venait de faire de la magie ? Impossible.
Asraï éclata de rire, se déléctant de l'incompréhension qui ne quittait pas le visage de la jeune elfe. Celle-ci comprit que c'était lui qui avait fait changer le feu de couleur. Une moue de déception remplaça sa précédente surprise. Elle n'était pas frustrée d'avoir échouée mais d'avoir crue un instant qu'elle y était parvenue. Imala avait redressée la tête en percevant les sentiments de sa compagne. Erylis lui gratta l'arrière des oreilles pour l'apaiser et voyant qu'Asraï riait toujours, elle ne put s'empêcher d'esquisser un petit sourire.
Asraï se redressa et vint s'asseoir à ses côtés. Il prit sa main dans la sienne et de son index traça un cercle imaginaire sur sa paume.

- L'essence magique nous entoure continuellement, flotte dans les airs et est en chacun de nous, si tu te détends complétement tu pourras la sentir te frôler. Le feu est l'élément de la nature qui est le plus chargé d'essence magique. C'est pourquoi il est plus simple à manipuler que l'eau. Là où je viens de passer moi doigt est la zone où l'essence magique à le plus de facilité à pénétrer en nous. La couleur du feu telle qu'elle est en tant normal, vient du fait que l'essence magique qui flotte dans l'air est d'une certaine "couleur". Comme tu t'en ai rendu compte lorsque tu recherchais l'esprit d'Imala, chaque être à sa propre "forme" et nuance de "couleur". Et bien l'essence magique "libre" a la sienne. Ainsi pour changer la couleur du feu il faudrait... Il s'interrompit intentionnellement.

Erylis aimait écouter Asraï disserter sur le comment et le pourquoi des choses et des effets. Elle avait suivi du regard son doigt dessiner un cercle sur sa paume, et avait ressentie un picotement semblable à celui qui lui avait décrit en parlant de la magie ambiante qui flottait autour d'eux. Erylis avait toujours été attirée par la magie. De savoir qu'elle allait apprendre à la maîtriser l'excitait. Redressant la tête vers Asraï elle comprit qu'il attendait qu'elle réponde à sa question implicite. Après quelques secondes de réflexion elle se lança.

- Il faudrait lui donner une autre "couleur" d'essence magique à brûler. Elle attendit le verdict de son instructeur.

Celui-ci souria, il retira sa main de celle d'Erylis et se frotta le menton à la façon des humains. La jeune elfe comprit qu'il reprenait la dérision de leurs étranges coutumes. D'un air joyeux il s'exclama :

- Bingo ! Et tout deux rièrent à nouveaux.

Les elfes ne parvenaient pas à comprendre comment les humains pouvaient donner du sens à des expressions qui prisent telles quelles en étaient déstiuées. Cela avait au moins le don de les faire rire. Reprend son sérieux Asraï continua son explication.

- Exactement comme tu l'as dis, le feu prend sa couleur en fonction de la "couleur" de l'essence magique qui l'entoure. Pour la faire changer, il suffit donc de lui en insuffler une autre, qui vient cette fois-ci non plus de l'air ambiant mais de ton corps.

Asraï mit une petite heure à expliquer à Erylis comment faire entrer un peu d'essence magique dans sa paume et la restituer en changeant sa "couleur". Après quelques essais infructueux la jeune elfe parvint finalement à faire changer la teinte du feu. Heureuse de parvenir à user d'un peu de magie, elle fit quelques démonstrations à Imala qui lui transmit d'une lèche son admiration. L'aprentissage de la magie était long et ardue mais Asraï était certain qu'en lui apprenant ces quelques exercices basiques elle comprendrait plus facilement les méandres qui composait l'usage de l'essence magique à des fins plus avancées et complexes. Avant d'éteindre le feu et de rejoindre les hauteurs d'un arbre assez large pour les laisser y dormir tous les deux, Asraï présenta à Erylis le programme des journés à venir.

- A partir de demain matin, toi et Imala serez séparés pendant deux jours entiers. Tu resteras avec moi et ta louve avec Draugnim. Nous allons passer ces deux jours chacun de notre côté, accomplissant les tâches habituelles d'une journé normale, tout en continuant la route vers le temple de Demet. Nos familiers feront de même. L'objectif est que tu parvienne à savoir ce qu'Imala est en train de faire au moment où je te le demanderai, et inversement Draugnim demandera à ta louve de savoir ce que nous faisons. Il faudra donc que tu sois pleinement consciente de son esprit à tout moment, et que tu puisse lui communiquer tes émotions et sentiments qui lui permettront de savoir ce que tu fais. Ne t'en fais pas, tu ne mettras pas autant de temps qu'aujourd'hui à transmettre ce que tu ressens à Imala, car le premier contact ayant été efféctué c'est comme si tu avais balisé le chemin. Il te suffira de suivre ces balises. Plus tu empruntera le chemin qui mène à son esprit plus tu le parcourera rapidement.

Avide de connaissance Erylis était enchantée de pouvoir renforcer son lien avec Imala. °° Demain s'annonce être une journée intéressante °°

- J'éspère que je serais à la hauteur de vos attentes, frère. Dit-elle en abaissant légèrement le buste.

- Tu l'ai déjà entièrement, n'ai crainte pour demain, tout ce passera bien. Répondit Asraï, le buste incliné également.

Draugnim semblait avoir annoncer la même chose Imala, car celle-ci battait frénétiquement de la queue. °° Elles apprennent vite, cette louve est fantastique ! °°, Asraï esquissa un sourire en percevant la véritable information derrière ce compliment.
En quelques sauts souples et gracieux, les deux elfes rejoignèrent leurs lits naturels. Les deux loups s'éloignèrent côte à côte. Imala avait japper joyeusement avant de s'éloigner à l'encontre de sa compagne qui était déjà allongée sur le dos, les bras croisés derrière la tête sur une des branches les plus larges de l'arbre millénaire.
°° Nous allons chasser un peu avant de dormir. Tout le monde ne peut pas se contenter de quelques laitues °° Pensa Draugnim sarcastique. °° Bonne chasse mon frère °°

Les deux elfes s'endormirent paisiblement, satisfaits du chemin accompli.

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Re: Aderthad

Message par Erylis le Sam 6 Mar 2010 - 21:41

Le lendemain matin, les deux elfes se réveillèrent très tôt, alors que le ciel abandonnait à peine son bleu sombre pour un rideau pâle que la Lune perlait encore. Asraï s'éloigna à quelques mètres de là, laissant Erylis auprès de sa compagne. La jeune elfe s'était accroupie et caressait tendrement la tête d'Imala, qui reposait sur ses genoux.

- Sois sage avec Draugnim, lui dit-elle avec un sourire. Ne fais rien qui puisse vous mettre dans le pétrin et sois prudente, d'accord?

Elle n'avait jamais pensé que les au-revoir seraient si durs. Le fait de penser sa louve loin d'elle lui rappelait de douloureux souvenirs. Devinant et partageant ses pensées, Imala se leva et lécha le visage de l'elfe avec vigueur, avant de frotter son museau contre son épaule. Par esprit, Erylis lui envoya tout l'amour qu'elle put et l'observa partir avec tristesse.
°°Ce ne sont que deux jours. Deux jours durant lesquels je dois me concentrer sur mon apprentissage. A bientôt Imala°°
Erylis se détourna et s'approcha d'Asraï qui n'avait pas bougé de la où il était. Elle était sûre qu'un long dialogue venait de se dérouler sous son nez, sans qu'elle ne parvienne à l'entendre. Mais lui avait tout senti, et l'observait avec un sourire compatissant.

- Es-tu prête?
- Parfaitement.

Il hocha la tête et les deux elfes se mirent en route.

***

Le soleil était haut dans le ciel, malgré la fraicheur de l'air hivernal. La neige fondait petit à petit. Cela faisait plusieurs heures qu'ils voyageaient ainsi. Erylis, plongée dans ses pensées depuis leur départ, prit enfin la parole :

- Mon frère, j'ai une question à vous poser.
- Je t'écoute.

Erylis s'avança jusqu'à être à la même hauteur que son compagnon, hésita un moment, puis déclara :

- Lorsque j'ai retrouvé ma louve, elle était blessée. J'ai même cru qu'elle était...sans vie. Mais lorsque je l'ai touchée, c'est comme si...Comme si...mon énergie avait basculée en elle.

Asraï écoutait avec attention, observant Erylis se remémorer le souvenir le plus pénible de sa vie.

- J'ai réussi à la guérir, par je ne sais quelle magie. Et je me souviens d'une chose : une lumière. Alors je me demandais...serait-ce possible que ce que tu m'avez enseigne hier soir ait eu lieu cette nuit là?

Asraï s'arrêta un instant et enserra son menton de ses doigts, faisant mine de réfléchir. Il attendait évidemment plus d'explications.

- Vous m'avez dit que pour influer sur un élément, nous devions changer la couleur de son essence magique, en lui insufflant une énergie qui vient de notre corps. Est-ce que c'est ce que j'ai fait cette nuit là?

Asraï réfléchissait vraiment maintenant. Un sourire étira ces lèvres.

- C'est un raisonnement très juste. J'ignore ce qui as du réellement se passer ce jour-là, et ne le saurais probablement jamais. Imala et toi êtes les seules à pouvoir comprendre. Mais tu es sur la bonne voie, j'en suis certain.

Erylis acquiesça sans rien dire et reprit la marche, pour s'arrêter quelques pas plus loin. Asraï n'avait pas bougé et l'observait encore avec un sourire malicieux.

- J'aimerai que tu me dises ce qu'Imala fait en ce moment.


Erylis, qui avait deviné la question avant même qu'elle soit prononcée, revint sur ses pas et s'adossa de nouveau contre un tronc, debout cette fois-ci, puis ferma les yeux. Elle tenta de se concentrer sur l'essence de toute chose, mais ne parvenait à voir que les images fugaces et rapides de cette nuit. Cette lumière.
Asraï savait que son esprit était troublé par la présence de ce souvenir, et avait choisi ce moment précis pour lui demander un exercice qui demandait une concentration optimale. Erylis jura en silence et inspira profondément. Comme elle l'avait fait la veille, elle n'essaya pas d'éviter ses souvenirs mais les laissa tout bonnement flotter, puis s'éloigner d'eux même. Rien ne sert de tenir tête à plus puissant que soi, mieux vaut le traverser. C'était l'un des dictons elfiques qu'on lui avait souvent adressé et qui trouvait maintenant tout son sens. Une fois l'esprit apaisé et vide de toute sombre pensée, elle entra dans le monde de couleurs et de magie qu'elle avait arpenté la veille. Bien qu'elle le connaisse déjà, elle en fut encore plus sidérée par la beauté du paysage. Tout avait changé. Elle découvrait de nouvelles essences, de nouvelles couleurs, de nouveaux sons. Avant de joindre Imala, elle en profita pour explorer les alentours et se plut à observer l'essence multicolore de la fleur derrière elle, celle sombre et intense du grand chêne, celle claire, immaculée et lisse de la neige...Puis elle s'engouffra dans la forêt.
°°Je comprends ce que m'a dit Asraï. Je vois ces balises...non, je les sens. En moi. Elles y sont gravées, je n'ai qu'à les suivre.°°
Le chemin était comme éclairé devant elle, elle savait où aller, elle savait comment. Et bientôt, elle la vit. De nouveau, elle la caressa du regard tant elle était belle. Imala avait senti l'esprit de sa compagne effleurer le sien et avait redressé la tête. Elle était en pleine partie de chasse avec Draugnim, tapie derrière un buisson, les pattes légèrement écartées devant elle, le ventre frôlant le sol. Erylis, avec plus d'aise, lui envoya de nouveau un sentiment de joie sincère, avant de rompre tout contact. Lorsqu'elle ouvrit les yeux, elle déclara avec un sourire satisfait :

- Imala chasse avec Draugnim.
- Très bien. Tu t'es nettement améliorée, tu as mis une vingtaine de minutes pour la joindre.

Erylis ouvrit de grands yeux. Certes, comparée à la journée entière écoulée lors de son dernier exercice, elle s'était améliorée. Mais...elle avait pourtant cru parcourir le chemin si vite!

- C'est normal, cela ne fait que deux fois que vous entrez en réel contact,
la rassura Asraï d'une voix sûre. De plus, la distance étant bien plus importante, tu peux être fière de tes progrès, tout en restant consciente du chemin qui te reste à parcourir. Tu progresseras encore plus vite.

Erylis acquiesça de nouveau. Asraï avait raison, il avait toujours eu raison. Ils se remirent en route.
Les heures s'écoulèrent et très vite, la nuit arriva. Asraï avait demandé plus d'une dizaine de fois à son élève ce que faisait Imala, et à chaque fois, Erylis lui avait répondu en gagnant plusieurs minutes à chaque fois, alors que la distance qui les séparait, elle, augmentait. Ils se couchèrent après avoir mangé un bon repas autour d'un feu qu'Erylis dut colorer plusieurs fois. Là aussi, elle y parvint avec plus de facilité, sans jamais égaler l'aisance quasi désinvolte de son maître. Ils grimpèrent dans un arbre et s'allongèrent les branches les plus épaisses.
La première journée s'était déroulée sans aucun soucis, et Erylis s'endormit très vite, ravie de ce qu'elle avait pu apprendre aujourd'hui.

***
Derrière les fourrés, à plusieurs kilomètres de là, des ombres étaient tapies dans l'obscurité de la nuit. Une aura maléfique émanaient de leurs silhouettes immobiles, figées comme des statues. Elles étaient au nombre de trois. C'était bien assez pour deux elfes maintenant que les chiens n'étaient plus là. Ils s'occuperaient d'eux plus tard...

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Message par Asraï le Jeu 11 Mar 2010 - 18:16

Draugnim trottait allègrement aux côtés d'Imala. C'était la seconde journée de leur entrainement solitaire, et elle débutait sous un bon soleil réchauffant. La neige commençait à fondre mais était toujours présente. Le temps s'adoucissait, restant toujours frais.
Les deux loups s'étaient levés à l'aube, ils avançaient parallèlement à Asraï et Erylis mais à quelques kilomètres de distance. Draugnim tentait de lui apprendre différente technique de chasse qu'il avait lui même mit au point. L'intelligence qu'il avait acquis de ces longues années passées à côtoyer l'esprit aiguisé d'un elfe lui était d'une aide précieuse.
Par des exercices simples il enseignait à Imala l'art qu'il appelait « chasser sans se fatiguer ». Pour lui les animaux qui n'était pas touché par la magie, ou en tous cas qui ne le percevait pas, n'était que des esprits guidés par des instincts. Et plus particulièrement celui de la survie. Les animaux était capable de choses incroyables lorsqu'ils se sentaient menacés. De choses utiles, comme de choses stupides. Ce sont ces dernières que Draugnim tentait d'exploiter et aujourd'hui il allait transmettre cet apprentissage à son élève.
L'exercice était simple, il fallait réussir à capturer une biche sans avoir à lui courir après. Après avoir énoncer le travail à accomplir Imala était restée quelque peu abasourdi ne comprenant pas comment y parvenir. « Tu penses encore trop comme un loup, ce qui n'est pas plus mal dans certaines situation, mais pour cet exercice il faut voir plus loin que ton instinct ». Ces mots résonnaient dans son esprit, il était marrant, après avoir agis comme un loup durant toute sa vie, voilà qu'il l'exhortait à faire différemment.
Draugnim tâcha de lui montrer l'exemple pour la première capture de la matinée. Ils effectuèrent alors un bref repérage des lieux, le loup se dirigeant moitié avec son flair moitié avec sa perception de l'essence magique, la louve uniquement avec son flair. Après quelques minutes de vadrouillage silencieux, l'odeur corporelle d'une proie potentielle vint leur titiller les naseaux. Elle devait se trouver à une centaine de mètres de leur position. « Le vent vient du sud » transmit Draug' à Imala. Il lui demanda de s'allonger, et il prit par l'est pour déborder sa future victime par la droite. Il faisait bien attention à ne pas trop s'approcher de peur qu'elle ne sente sa présence et prenne la fuite. Il était maintenant à égale distance de la biche, qui broutait insouciante les quelques brins d'herbe qui perçait le manteau neigeux, qu'Imala l'était. Il entreprit alors de déposer son odeur sur les troncs qu'il croisait en s'y frottant. Il répéta l'opération si bien qu'à la fin de son petit manège, tout un arc de cercle était marqué de ses sécrétions odorantes.
Il revint auprès d'Imala qui n'avait pas bougé d'un poil. Il s'allongea à ses côtés, lui expliquant ce qu'il venait de faire. « J'ai tracé tout un arc de cercle à l'aide de mon odeur corporelle. Lorsque la biche sera assez prête pour la sentir, elle n'aura d'autre choix que de se rabattre sur nous, croyant que la menace vient de la où elle aura senti mon odeur. Le vent aidant elle ne nous verra qu'au dernier moment, trop tard ». Imala avait saisi le plan, il était aussi simple qu'efficace. Il suffisait de jouer sur l'instinct de survie pour forcer les proies à faire ce que l'on voulait d'elles.
Ainsi comme l'avait prédit Draugnim, la biche prit la fuite droit sur eux en sentant la forte odeur qui semblait l'encercler. Jouissant intérieurement de tant de facilité, le loup laissa le plaisir de la capture à la jeune louve qui frétillait d'impatience. En trois bonds elle fut sur sa victime, les canines plantées dans sa gorge offerte. La biche étouffa dans un silence mortel. « A table ! » fit Imala heureuse de pouvoir manger un si bon gibier, sans avoir eu à faire le moindre effort.
Après avoir dégusté ce délicieux petit déjeuner (Imala avait englouti une cuisse entière, et Draugnim s'était occupé de faire disparaître le reste de sa carcasse), Imala perçut à nouveau les pensées de sa compagne qui venait se renseigner sur le programme de la journée. Après un court échange amicale, le loup géant lui annonça la suite du programme. Il allait lui apprendre à ressentir l'essence magique pour chasser et pister des proies plus facilement.
Il lui expliqua que l'essence qui flottait dans l'air était comme un nuage de fumée translucide, et que s'il on observait bien on pouvait repérer les mouvements et les direction que les animaux avait prises récemment. Il suffisait d'avancer dans le même sens dans lequel s'étirait le nuage. Il mènerait incontestablement à la proie suivie. Bien sûr ce nuage n'était pas visible à l'œil nu, ce n'était qu'une vue de l'esprit, une perception des mouvements infimes de l'essence magique qui nous entourait. Il lui apprit ensuite que chaque chemin tracé dans le nuage prenait une teinte différente en fonction de l'être vivant qui l'avait traversé. Ainsi il était possible de suivre une cible en particulier même si le chemin avait été emprunté par plusieurs êtres consécutivement. Apercevoir ces chemins demandait un certain entraînement. Mais heureusement ils étaient des loups, et cela s'apparentait à utiliser son flair. Sauf que par ce procédé il était en plus possible de retrouver un chemin emprunté quelques jours plus tôt et de suivre ceux qui n'avait pas d'odeur. Draugnim appelait se mode de chasse « le mode super-traqueur ».
« Bien, tu disposes du reste de la journée pour te familiariser avec le mode super-traqueur, suite à ça tu devras t'arranger pour capturer une nouvelle proie pour notre quatre heure, et pour finir la journée en beauté retrouver Erylis et Asraï, toujours en mode super-traqueur » lui annonça Draugnim après avoir fini ses explications et s'être assuré qu'Imala avait saisi le principe.
Imala se sentait l'âme d'une future traqueuse impitoyable, elle pourrait impressionner son amie, et la protéger en voyant arriver tous les dangers.

Elle projeta son esprit à la recherche de ces mouvements dans le nuage dont lui avait parlé Draugnim.

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Re: Aderthad

Message par Erylis le Sam 20 Mar 2010 - 11:33



Un tout nouveau monde s'étendait devant la jeune louve au pelage de neige, bien plus vaste et plus excitant qu'auparavant. Maintenant qu'elle savait se débrouiller pour flairer des proies à des kilomètres à la ronde, elle avait l'impression d'être plus imposante, plus puissante, comme si désormais, ses proies ne pourraient plus jamais lui échapper. Comme si elle était maître de la Nature. Ce qui n'était bien sur pas le cas, comme elle le comprit très tôt.
Elle voyait clairement ce nuage de fumée maintenant, dans son esprit et tout autour d'elle. Elle voyait toutes ces âmes qui étaient passées par-là et avaient laissé derrière elles leur odeur et leurs traces. Elle avançait dans la forêt encore enneigée, le museau largement relevé, humant l'air froid de l'hiver et ouvrant son esprit, oreilles dressées, pattes tendus, prête à bondir. Oui, plus rien ne lui échapperait...

***

La deuxième jour s'entama par un beau soleil hivernal et une légère hausse des températures. L'hiver touchait-il à sa fin? La neige avait davantage fondu, laissant apparaitre la végétation trop longtemps enfouie sous la fine couche de poudreuse. Le paysage se teintait de nouvelles couleurs, des parfums printaniers fleurissaient ça et là. Erylis descendit de l'arbre et s'étira longuement, un sourire aux lèvres. Elle avait passé une nouvelle nuit paisible, sans rêves ni sombres songes. Elle avait simplement dormi. Asraï s'était levé en même temps qu'elle et après avoir brièvement déjeuné et papoté, ils reprirent leur route. Ils traversèrent un petit bois aux troncs fins et largement espacés, puis débouchèrent sur une vaste clairière s'étendant à perte de vue. Asraï n'eut qu'à lui lancer un coup d'oeil pour qu'Erylis comprenne la demande et se jette dans les méandres de son esprit. Cette fois-ci, elle parvenait à garder les yeux ouverts, mais était toujours obligée de s'immobiliser pour une concentration optimale. Le chemin ne mit plus que quelques minutes, et elle trouva Imala. Quelque chose avait changé par rapport à la dernière fois. Imala semblait...différente. Était-ce une impression où même la Louve semblait avoir accès au même monde qu'elle? Sa silhouette était différente, plus brillante encore, et parfois même transparente, comme si son corps était là mais non son esprit. Erylis l'observa plus attentivement et s'imagina son propre être. Comment était-elle? Aussi resplendissante et débordante d'aura magique scintillante comme Asraï? Imala avait capté sa présence et aboya joyeusement au loin. Erylis n'avait pas besoin d'être à ses côtés pour l'entendre et pour le comprendre. Draugnim était à quelques pas derrière elle, imposant et fier. Tout comme l'était son compagnon. Le contact se rompit et la jeune elfe revint à elle, quelque peu perturbée.

- On dirait qu'Imala est aussi dans...mon monde. Le monde des esprits, là où je peux voir l'essence magique de toute chose. Pourtant, je ne sens pas sa présence.

Asraï sourit et approuva de la tête.

- Tu as raison, elle y est sans y être. Comme tu l'as vu, toute chose possède une essence magique différente, et Elfes et animaux aussi. Ils ne peuvent donc pas arpenter les mêmes chemins, ni ressentir les choses telles que toi tu les ressens. Imala a apprit un "tour", si je puis dire, qui lui permet de chasser en suivant les traces de ses proies par leur essence, qui flotte autour de nous sans que nous le sachions. Draugnim est un expert en la matière, Imala ne peut que le suivre sur la voie.
- Je vois. Est-ce possible pour nous, Elfes, de voir l'essence des choses autrement que par l'esprit?
- Pas entièrement, mais il est encore trop compliqué pour toi de l'apprendre.

Erylis fit la moue mais ne répliqua pas. Asraï avait raison, cela faisait moins d'une semaine qu'elle arpentait la voie de la magie, c'était encore trop tôt pour des exploits. Elle devait se contenter de perfectionner ce qu'elle savait. Sans qu'Asraï le lui demande, elle retourna observer Imala, en restant assez distante pour ne pas la déranger. Elle en était certaine à présent, Imala avait bien changée. Tout comme elle. Leurs deux êtres s'habituaient petit à petit à leur nouvelle vie et chacun d'elles ne voulaient que progresser afin d'apprendre encore plus de choses et protéger l'autre. C'était leur unique but dorénavant, ne plus jamais se séparer. Rester ensemble coûte que coûte et apprendre toujours plus de choses en parcourant le monde. Qui sait, peut-être s'éloigneraient-elles du royaume Elfique...
Les deux elfes reprirent leur route en silence.

***

Imala était épuisée. Elle avait passée la journée à poursuivre des proies toutes aussi appétissantes les unes que les autres afin de perfectionner son nouvel apprentissage. Son instinct animal lui donnait la puissance qu'elle ne possédait pas toujours par l'esprit et compensait les difficultés qu'elle rencontrait pour percevoir correctement l'essence des choses. Et le soir même, alors qu'elle se régalait en compagnie de Draugnim d'une proie attrapée uniquement par ses soins, elle eut une pensée vers Erylis. Elles se reverraient bientôt et pourraient enfin se montrer ce qu'elle avaient apprit depuis leur séparation.
Une fois rassasiée, Imala entreprit sa toilette, légèrement à l'écart, puis se posa contre des racines épaisses couvertes de mousse. Draugnim revint vers elle en trottinant et se coucha près d'elle.
"Tu as bien travaillé aujourd'hui. Je t'apprendrais de nouvelles techniques de chasse demain. En attendant, nous avons tout les deux besoins de repos."
Imala ne répondit pas et inclina la tête en guise de remerciement. Elle vénérait Draugnim. Pour sa robustesse, sa vivacité et cette allure fière et sûre, comme si rien ne pouvait lui arriver. Elle posa sa tête contre une racine et, avant de s'endormir, suivit une dernière fois la brume invisible qui l'entourait, parcourue de milliers d'odeurs et de présences différentes. Différentes, mais aussi identiques car tous étaient des proies animales. Toutes, sauf ces trois odeurs, totalement étrangères. Imala redressa la tête avec vivacité. Draugnim l'imita et ne mit que quelques secondes pour s'apercevoir à son tour des trois sillons étranges. Il se releva sur ses quatre pattes et demeura immobile, fixant loin devant lui. Imala, inquiète, se redressa à son tour.
"Il faut les suivre?"
Draugnim ne répondit pas, toujours figé, comme absent. Imala suivit par esprit les trois traces, si loin que le contact cessa de lui-même. Assez proche toutefois pour qu'elle voit une autre trace, familière et rassurante. Erylis.



Sans hésiter une seconde, elle se mit à courir. Son corps blanc scintillant dans l'obscurité de la forêt. Ses muscles fins se dessinèrent sous la vitesse à laquelle elle galopait. Elle ses crocs largement découverts s'apprêtaient déjà à mordre les proies qui menaçaient l'elfe, avides de sang et de chair. Draugnim avait aboyé pour la rappeler à l'ordre, puis l'avait rattrapé. Si Imala touchait à peine le sol dans sa course, le loup, lui, écrasait les branches sous ses pattes puissantes.
"Reste prudente, nous ne savons pas à qui nous avons affaire!"
Il ne leur fallut qu'à peine dix minutes pour parcourir les quelques kilomètres qui les séparaient de leur compagnons et des trois inconnus.
Asraï et Erylis, l'un à côté de l'autre au pied de l'arbre, fixaient trois ombres tapies devant elles. Imala s'élança et fit un bond spectaculaire pour se poster devant la jeune elfe, grognant sauvagement en dévoilant des rangées de dents acérées et prêtes à déchirer n'importe quoi. Les oreilles baissées contre son crâne, les pattes avant courbées et légèrement écartes, elle était prête à attaquer. Draugnim bondit lui aussi aux côtés d'Asraï, prêt à défendre sa vie.

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Re: Aderthad

Message par Asraï le Lun 5 Avr 2010 - 19:01

désolé pour le retard, j'ai vraiment beaucoup de choses à faire en ce moment et à penser.

Les trois ombres se dressaient face aux quatre compagnons. Menaçantes elles avançaient droit sur eux, chacune ayant tirée une longue lame effilée. Toutes étaient habillés de longue cape noire à capuchon qui couvraient leurs visages. Si Imala et Erylis semblaient un peu tendu par l'apparition de ces ennemis potentiels. Asraï affichait un air calme et serein. D'une voix posée il renseigna son amie sur la nature de ces ombres.

- Ce sont des Ombres, des Elfes qui en voulant défier les lois magiques qui régissent notre royaume se sont attirés les foudres de Demet et Erä. Le châtiment leur ôte toute essence magique et ils sont marqués à vie d'une aura reconnaissable entre toutes qui les empêche d'approcher les villes elfiques. Tout en les décrivant l'elfe plaça son bâton face à lui, car même s'il les surpassait en pratique de la magie, les ombres étaient de fins bretteurs. Prend garde ils sont agiles et vifs, mais n'ai crainte Draugnim et moi sommes là, ils n'auront pas le temps de...

Asraï ne put finir sa phrase qu'Erylis s'élançait déjà sur l'un d'eux à la vitesse de l'éclair. L'Ombre qui était la cible de cette attaque n'eut pas le temps d'esquiver le coup de paume violent qui vint lui percuter la poitrine et lui couper le souffle. Elle fut projetée âprement sur un tronc quelques mètres derrière elle. Erylis ramassa sa lame qui était tombé sur le sol. Elle se redressa fièrement et pointa son arme sur les deux autres qui étaient toujours sous le choc que la vitesse de l'elfe avait suscité.

- Tu m'avais caché que tu étais doué dans l'art du combat, fit Asraï agréablement surpris de voir que c'était une dure à cuire.

- Tu n'as jamais posé la question, reprit Erylis souriante.

Imala était aussi impressionnée qu'Asraï et envoya une pensée d'admiration à sa compagne. Les ombres qui restaient avaient retrouvé leurs esprits et s'étaient rapprochées l'une de l'autre en position défensive. Les elfes ne disposeraient plus de l'effet de surprise. En quelques mouvement vifs et imperceptibles ils se je jetèrent sur Erylis quelque peu à l'écart de ses alliés. Le vent siffla sur le passage des lames. La jeune elfe apparaissait déjà taillée en trois part mais les épées des ombres heurtèrent le bâton immaculé d'Asraï qui s'était interposé au dernier moment.

- On se concentre chère élève, ce ne sont pas de simples humains.

D'un geste puissant il repoussa les assaillants. Draugnim apparut dans leur champ de vision, lâché comme une flèche il se propulsa contre le flanc des ombres. Elles s'écroulèrent sous le poids de la bête. Un bruit d'os brisé retentit dans la nuit naissante.
La première ombre qu'Erylis avait désarmé, s'était relevé et s'élançait sur les deux elfes qui lui tournaient le dos, trop occupés par l'attaque de l'Houp. Elle tira une dague de sous sa cape et sans un bruit fondit sur Erylis. Celle-ci se retourna en percevant les mouvements d'air. Trop tard.
Le sang gicla et tacha la neige qui recouvrait encore partiellement le sol de la forêt. L'ombre était allongée au sol, sa main tenant la dague prise au piège dans la mâchoire d'Imala. Asraï avait vite réagi et en quelques incantations l'ombre s'était retrouvée avec ses comparses liées à un tronc d'arbre toutes évanouies.
Lorsque l'elfe se retourna vers Erylis elle serrait sa louve contre elle et lui essuya les babines où perlait le sang de l'ombre.

- Tout va bien ?

- Oui, ça peut aller, cette dernière attaque m'a choquée, je me voyais déjà allongée sur le sol sans vie. Je n'ai pas été assez attentive, je suis désolé.

- Non, c'est moi qui suis désolé, j'aurais du mettre un terme à cet affrontement ridicule dès le début au lieu de laisser dégénérer les choses. Je voulais voir comment vous géreriez une telle situation mais c'était stupide. Qui sait ce que cela aurait pu donner si Imala n'était pas intervenu à temps.

Le silence reprit place entre les deux elfes, chacun devait analyser ce qui venait de se passer. °° Ne t'en fait pas vieux frère, ils sont sous contrôle, il faut juste que tu les soignent et on pourra aller dormir avant de reprendre la route demain matin °°. Asraï frotta l'épaule de son compagnon, même s'il s'en voulait d'avoir été négligeant Draugnim avait raison cela ne servait à rien de le ruminer pendant des heures. Il rejoignit Erylis et Imala et s'accroupit près d'elles.

- Ils nous restent une chose à accomplir avec ces trois là, fit il en les désignant de la tête. Comme je te l'ai expliqué les ombres sont privés de leurs magie, cette privation entraîne chez eux un manque constant qui s'exprime par de la violence et l'attaque des elfes dotés de cette essence magique. Il existe une unité spéciale chez les elfes que l'on appelle les soigneurs, ils sont chargés de trouver les ombres errantes sur le royaume elfique de supprimer cette addiction et de conduire les ombres soignées à Lalinaï.
J'ai déjà créé une balise magique qui attirera les soigneurs ici. Je t'ai enseigné l'art d'arpenter le monde avec ton esprit. Ce soir est une bonne occasion de découvrir l'esprit d'autrui.
Demain nous reprendrons la route et en fin de matinée nous devrions être arrivés à Selëvenoy, mais avant d'aller nous coucher je te propose d'accomplir nous même le travail des soigneurs.


- N'est-ce pas un principe trop complexe pour moi ? Demanda Erylis surprise de cette proposition.

- Et bien en fait tu en connais déjà les bases, il suffit de chercher l'esprit de la cible, d'y pénétrer et de couper les liens qui les retiennent à cette attirance de la magie. Généralement les soigneurs suppriment ce manque en l'attirant hors de l'esprit de l'ombre. En tant normal c'est un exercice difficile car les ombres ne se laissent pas faire. Je t'ai simplifié la chose en les plongeant dans un état d'inconscience profonde. Je m'occuperai de deux d'entre elles, il te suffira de soigner la dernière. Je reconnais que cet exercice est plus complexe que tous ceux que je t'ai imposé précédemment, mais si tu y parviens crois moi le reste te semblera plus simple.

D'un signe de tête Erylis accepta de tenter cette nouvelle expérience, fortifiée par le sentiment de faire quelque chose de bien, °° Ils ne doivent pas appeler ça "soigner" pour rien °°. Elle saisit la main qu'Asraï lui tendit et se leva à ses côtés. Elle projeta son esprit, aperçu celui d'Imala toujours aussi resplendissant, elle lui intima de lui souhaiter bonne chance, ce qu'elle fit dans un jappement heureux. Elle n'eut pas grande peine à trouver les esprit des trois ombres. Asraï avait raison ils étaient tous entourés d'une aura spéciale. Elle surprit deux d'entre eux qui s'éclairaient soudainement, elle compris que son frère y était entré. °° Dans deux esprits en même temps ? °° Erylis mit cette interrogation de côté, elle avait du travail. Elle projeta donc son esprit face à celui qui était resté dans ténébreux. °° Comment faire pour y pénétrer ? °°

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Re: Aderthad

Message par Erylis le Ven 9 Avr 2010 - 14:32

Erylis s'approcha de l'Ombre, la tête reposant mollement contre son torse. A un mètre d'elle, elle ferma les yeux et se projeta dans le monde des esprits, qu'elle arpentait à présent quotidiennement. Tout lui parut de nouveau clair, somptueux et délicat, comme si le monde n'était plus qu'un assemblage de diamants rares et multiples, dont la chacun d'eux représentait une âme. Et là, devant eux, une silhouette floue, indistincte, sombre. Parfois, des étincelles de couleurs ternes luisaient, pour s'éteindre aussitôt dans le néant. Oui, c'était cela, le Néant. Un vide complet. L'absence de toute émotions, de tout signe de vie.
Un frisson parcourut la nuque de la jeune elfe.
Avec prudence, elle s'approcha de l'âme brumeuse et l'effleura par esprit. Il ne se passa rien d'autre qu'une sensation de froid lui traversant le corps. Elle se recula d'un pas pour contempler de nouveau l'Ombre. Était-ce réellement une bonne chose? Elle allait tout de même pénétrer au plus profond de son âme pour y détruire quelque chose, fut-ce pour la guérir d'un mal dont elle ignorait tout. Cette idée la révulsait. Mais avait-elle le choix? Cela faisait partie de son entrainement et elle ne pouvait décevoir ou désobéir à Asraï. Elle devait le faire.
Erylis se fondit dans l'Ombre.



De nouveau, il y eut ce froid, étrange. Il était différent de celui que provoquait la neige ou le vent d'hiver. Non, il était présent dans la moindre de ses cellules, circulait en elle comme son propre sang, enserrant ses muscles, son coeur. Mais ce n'était pas même cette sensation qui la gênait. Elle avait pénétré dans l'âme de la créature, elle voyait par conséquent ce qui la formait, ses souvenirs, des brins de voix éparses, des sons qu'elle ne saisissait pas...elle entendait tout dans sa propre tête. Tout n'était plus que désordre et incompréhension. Sa seule envie, désormais, était de sortir d'ici et vite. Elle se concentra longuement. Les sons s'atténuèrent sans disparaitre, et les yeux clos, elle ne voyait plus rien.
Elle n'avait pas besoin de voir dans le Vide.
Elle devait sentir, ressentir. Sa magie nouvelle la guidait instinctivement vers ce lien qu'elle devait rompre. Elle était toute proche, elle pouvait entendre de lentes palpitations, endormies. Elle y était presque! Les battements lointains se firent plus sonores jusqu'à éclater en elle : elle y était ! Elle referma son esprit sur le lien jusqu'à l'envelopper complètement. Rien ne servait de se demander comment elle parviendrait à couper le lien, tout n'était qu'instinct. Elle ne faisait que suivre cet instinct.
Avec un ultime effort, elle projeta toute la force qu'elle put autour du lien qui explosa en mille morceaux, et qui la projeta hors du corps de l'Ombre avec une violence étonnante. Erylis rouvrit les yeux dans un cri étouffé, haletante. Elle n'avait pas senti Imala qui s'était blottie contre elle, la tête contre ses genoux. Elle se laissa tomber à genoux pour reprendre ses esprits, sans quitter l'ombre des yeux. Et elle le vit. Cet éclat nouveau, différent de celui d'Asraï ou des deux loups, mais brillant d'une manière différente. Elle avait réussi.

- C'était dur, mais tu as réussi, bravo, déclara alors Asraï en l'aidant à se relever. Je dois maintenant t'avertir d'une chose. Cet exercice qu'exercent les soigneurs, ne doit être pratiqué que sur les Ombres, et uniquement elles. Pénétrer dans l'âme d'un individu quel qu'il soit est prohibé, et considéré comme de la "magie noire". Voilà pourquoi c'est un exercice très difficile. Je t'ai accordé le privilège de le faire car tu étais en ma compagnie. Pénétrer dans l'âme d'un individu nécessite un contrôle extrême de l'essence magique et de son propre esprit. Tu as réussi seule l'exercice, ce qui prouve que tu as déjà une bonne maitrise de ton esprit. Mais lorsque le lien s'est rompu, tu as été éjectée, n'est-ce pas? C'était la solution numéro 2.
- Et qu'elle était la première?
- Te faire absorber par l'âme que tu pénètre. La troisième option est bien sur la meilleure, c'est à dire garder le contrôle.

Erylis avala sa salive. Son âme aurait pu être...absorbée?

- Voila pourquoi je t'ai dit que ma présence était primordiale à cet exercice. Si ton âme avait été absorbée, j'aurais pu l'arrêter avant qu'il ne soit trop tard. Cela dit, il était fort peu probable que cela arrive, étant donné que les ombres étaient inconscientes.
- Mon frère...
- Oui?
- Pensez-vous que...que pénétrer l'âme de quelqu'un, même si c'est pour l'aider, est une bonne chose?

Sa voix tremblait légèrement. Asraï patienta quelques secondes avant de répondre.

- Comme je te l'ai dit, seuls les soigneurs sont censés appliquer cet exercice. Si je te l'ai appris, c'est car j'estime qu'il est nécessaire que tu le saches. Il existe dans ce monde des créatures, conscientes de leurs actes ou non, qui n'hésitent pas à prendre possession d'un autre individu par ce procédé, cette "magie noire" dont je t'ai parlé...A présent, tu sauras t'en défendre, même si j'espère de tout coeur que cela ne t'arrive jamais...Ensuite, je n'ai jamais dit que cet exercice était agréable. C'est surement tout le contraire. Mais comme tu l'as dit toi même, nous avons aidé ces Ombres a retrouver leur voie pure. Il est nécessaire de transgresser les lois de la nature pour faire le bien parfois, tu ne crois pas?

Cette question ne demandait pas de réponse, Erylis le savait. Asraï avait le don de mettre fin aux conversation en entrainait volontairement une autre, silencieuse. Il voulait que la jeune elfe réfléchisse par soi même, comprenne et déchiffre le fonctionnement de la vie.

- Je vais éloigner ces Ombres et faire en sorte qu'elle ne nous suivent plus. En attendant, rien ne t'empêche de préparer un bon repas! ^^

Il décrocha les trois créatures qu'il emporta avec lui, aidé de Draugnim. Imala les observa partir, humant l'air frais de la nuit tombante. Erylis, elle, ramassa des bouts de bois qu'elle entassa les uns sur les autres. Elle sortit plusieurs aliments des sacs qu'elle posa près du tas de bois, là où devait brûler un feu. Asraï était d'ordinaire là pour le créer, mais elle était seule cette fois-ci. Comment pouvait être préparer le repas sans feu? Et si Asraï attendait qu'elle en crée? Erylis s'agenouilla devant les branches entremêlées et plongea des mains dans la terre. Elle ferma les yeux pour se concentrer, puis murmura : "Naur". Aucune flamme ne vint. Elle réitéra son geste plusieurs fois, mais rien n'y fit. Elle se souvint alors de la fois où elle avait changé la couleur du feu...Oui, c'était ça! Si elle pouvait influer sur les caractéristiques d'un élément, elle pouvait aussi le créer. Elle observa la paume de sa main, là où Asraï avait dessiné il y a plusieurs jours un cercle imaginaire représentant l'essence. Son essence. Celle qu'elle devait déverser, projeter en dehors de soi et la mêler à celle du bois.
De nouveau, elle se concentra longuement, les yeux clos, puis murmura de nouveau "Naur", en passant la main sur les branches...qui s'embrasèrent faiblement et lentement. Erylis poussa un cri de victoire et déplaça rapidement les branches pour que le feu ne s'éteigne pas. Les flammes grandirent, et la jeune elfe dansait autour du feu en hurlant de joie. Lorsque Asraï revint, il mêla son rire au sien sans dire un mot, tout en communiquant avec son compagnon.
"Elle progresse vraiment très vite" commenta Draugnim.
"Oui...lorsque nous arriverons au Temple, je n'aurais décidément plus rien à lui apprendre..."

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